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Avec sa pochette en jeu de miroir (un des deux côtés est en écriture inversée), Done With Mirrors, sorti en 1985, est un album d'Aerosmith. L'album, nettement supérieur aux deux précédents (j'ai même envie de dire : aux trois précédents, car Draw The Line, de 1977, était pour le moins inégal), marquait le retour dans le groupe des guitaristes Brad Whitford (qui avait foutu le camp pendant l'enregistrement de Rock In A Hard Place) et Joe Perry (qui avait fait de même pendant l'enregistrement de Night In The Ruts, l'album qui précédait Rock In A Hard Place). Bref, le line-up historique (car Steven Tyler, Tom Hamilton et Joey Kramer ne sont jamais partis) est à nouveau réuni, Aerosmith is back. De retour avec un album, donc, meilleur que les précédents, mais faire meilleur n'était franchement pas dur, en même temps. Done With Mirrors est-il un grand cru pour les Bostoniens, alors ?

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Réponse assez facile à donner : non. Même si, franchement, ce n'est pas un mauvais album non plus. Mais à côté de Rocks ou de Pump, y à pas photo. Extrêmement court (en vinyle, 32 minutes pour 8 titres ; en CD et K7 audio, un neuvième titre, Darkness, plutôt pas mal, a été rajouté, la durée passe à 35 minutes), et même l'album le plus court du groupe dans son format initial (vinyle, même si les CD existaient en 1985, ils étaient cependant encore peu répandus), Done With Mirrors est l'album qui réconciliera plus ou moins Aerosmith avec ses fans. Malgré cela, l'album a pas mal de défauts, notamment la production (de Ted Templeman, producteur des Doobie Brothers, de Van Halen, Michael McDonald, Carly Simon, Nicolette Larson), qui a pris un petit coup dans les gencives. Les chansons ne sont pas toutes excellentes : si Let The Music Do The Talking (originellement une chanson du groupe que Perry créera après avoir quitté Aerosmith, The Joe Perry Project), Shela et She's On Fire sont excellents, The Reason A Dog et Shame On You n'assurent pas des masses.

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Avec son titre d'album en double sens (comme la pochette, imprimée à l'envers, destinée à être lue à travers un reflet) signifiant aussi bien la fin des illusions que la fin de la dépendance aux cames ('done with mirrors' : 'terminés, les miroirs', et la cocaïne, grande amie du groupe dans les 70's, se sniffait souvent sur un miroir), l'album sera considéré, à l'époque, comme le disque de la renaissance pour le groupe, enfin réuni depuis 1977. Malgré ce que Joe Perry en dira (son album le moins apprécié, personnellement, du groupe), et malgré que, par la suite, le groupe assurera vraiment plus encore, Done With Mirrors est en effet, malgré ses défauts, un disque qui redonne espoir en Aerosmith : les trois albums suivants, Permanent Vacation, Pump et Get A Grip, seront cent fois supérieurs, mais ce disque de 1985, leur premier chez Geffen après un début de carrière chez Columbia/CBS, est un bon retour quand même. Un disque de transition entre le ratage Rock In A Hard Place et la réussite totale de Permanent Vacation. Bref, en 1985, ça faisait sans aucun doute du bien de constater que le groupe reprenait du poil de la bête et avait tiré un trait sur ses abus et crises internes.

FACE A

Let The Music Do The Talking

My Fist Your Face

Shame On You

The Reason A Dog

FACE B

Shela

Gypsy Boots

She's On Fire

The Hop

Darkness (CD et K7 audio uniquement)