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Black Sabbath vient de nous revenir, et en forme qui plus est, et sous sa quasi-formation originelle (le batteur excepté) qui plus est, avec un nouvel album studio, 13, sorti il y à quelques jours, et que, rassurez-vous, j'aborderai ici bientôt (le week-end prochain, logiquement). Tout ça m'a donné envie de réaborder ici quelques albums du groupe, et avant, dans quelques jour aussi, de réaborder Dehumanizer, j'ai décidé de réaborder un album comptant parmi les plus particuliers et les moins bien estimés du groupe. Un disque assez unique dans leur discographie (et qui allait inaugurer une période assez difficile pour le groupe), en cela qu'il est le seul album de la formation l'ayant enregistré (et par la suite, certains autres albums aussi seraient les seuls enregistrés par un groupe reformé avec de nouveaux musiciens...), formation constituée du guitariste Tony Iommi (là depuis le début), du bassiste Geezer Butler (aussi depuis le début), du batteur Bill Ward (aussi depuis le début... bah alors, me dites-vous, où est le problo ?) et du chanteur Ian Gillan, ex de Deep Purple, ayant incorporé Black Sabbath en 1982 après le départ de Ronnie James Dio, et qui partira de Black Sabbath après cet album. L'album date de 1983 et s'appelle Born Again, un titre tout trouvé compte tenu que c'est la troisième formation du groupe et qu'après le départ de Dio (parti fonder son groupe perso, qui s'appellera Dio, son premier album, Holy Diver, date de 1982), on pensait que Black Sabbath serait mort, définitivement. Queue n'aini (oui, je sais...). OK, le Sabb' a souffert, dans un sens, qu'Ozzy Osbourne, son chanteur initial, soit parti en 1979 (après un Never Say Die ! bien épouvantablement raté), une page se tournait, oui, mais en la présence de Ronnie James Love Is All Dio, parti de Rainbow, Black Sabbath a trouvé un digne successeur. Deux albums anthologiques : Heaven And Hell, Mob Rules, et un live (Live Evil) officiel remarquable. Puis Dio s'en va, et là, on se dit merde, le Sabbat Noir, c'est fini, là.

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Verso de pochette vinyle

Ben non. Même si les fans seront ô combien étonnés et même choqués par cette nouvelle formation. Et pas que par la formation (ils estimaient en effet que Ian Gillan, de Deep Purple, n'avait pas trop sa place dans Black Sabbath, ce que je trouve idiot : Deep Purple aussi était un groupe de hard-rock, et la voix de Gillan, remarquable, n'a rien à envier à celle d'Ozzy ou de Dio, au contraire). La pochette de l'album sera source de bien des tracas. Il y à de quoi. On y voit, en gros plan et en couleurs criardes et immondes, un bébé cornu, griffu, aux dents pointues et aux yeux terrifiants, un bébé démoniaque à la Rosemary's Baby (sauf que dans le film, on ne voit pas le bébé, mais si on le voyait, il ressemblerait sans doute à ça, vu la description donnée dans le roman du même nom et ayant donné le film). Bleu nuit foncé pour le fond, rouge sang criard pour le bébé, jaune pour les cornes et les deux dents pointues du bébé. Selon la légende : le dessinateur aurait avoué avoir été bourré ou défonçé le jour où il a pondu ce truc ; et Ian Gillan, le résultat devant les yeux, aurait littéralement largué un carton d'exemplaires de l'album (avec les disques dedans, et tout et tout et tout !) par la fenêtre, de rage, en constatant que l'album allait définitivement sortir sous cette pochette atroce. Au dos, c'est plus conventionnel, des photos individuelles en médaillons des membres du groupe sur fond noir, avec ce même lettrage gothique. Et musicalement, au fait, que vaut Born Again ? Non, parce que c'est bien beau de faire un paragraphe quasi entier sur sa pochette ratée (mais culte, et appréciée de certains fans ; j'avoue perso qu'elle exerce une certaine fascination sur moi, mêlée de répulsion), mais quid de l'album ? Hé bien, sans être aussi quintessentiel que Heaven And Hell, Sabbath Bloody Sabbath, Vol.4, Dehumanizer ou que le dernier opus en date (avant-première de la future chronique le concernant : au moins, vous savez déjà ce que je pense de 13 !), Born Again offre de bons trucs.

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L'album dure 41 minutes, pour 9 titres, et possède un son assez rugueux, boueux même, creepy, et qui renforce son aspect glauque (accentué, qui plus est, par sa pochette qui met vraiment mal à l'aise, et pas seulement parce que la créature qui y est visible est un bébé). La production est signée du groupe et de Robin Black. On peut notamment citer parmi les réussites éclatantes du disque Disturbing The Priest, le court (2 minutes) Stonehenge, Born Again, et surtout Zero The Hero. Ces morceaux sont bien heavy et réussis, et clairement les sommets de cette courte formation de Black Sabbath. Le reste ? Trashed ouvre bien le disque, mais ne révolutionne rien (en même temps, ce n'est pas trop ce qu'on demande à Black Sabbath en général), Digital Bitch, Keep It Warm et le court (45 secondes !) The Dark ne sont pas terribles (pour The Dark, pas étonnant, comment être grandiose en aussi peu de temps ?). L'album, assez difficile à trouver à l'heure actuelle (pourquoi, je ne sais pas), a été réédité, en 2011, dans une édition double CD DeLuxe (qui est la seule facilement trouvable, et malheureusement, n'est pas donnée) qui offre des titres lives d'époque en plus sur le second disque (à noter que Bill Ward, le batteur, faisait son retour dans le groupe via Born Again, ce qui ne l'empêchera pas de refuser de participer à la tournée, ambiance...), issus de l'album (Zero The Hero, Digital Bitch), d'anciens albums (Paranoid, War Pigs, Iron Man), et on a même Smoke On The Water de Deep Purple ! Surnommée Deep Sabbath par les fans, et surtout par ceux qui n'apprécièrent pas trop le résultat, cette formation de Black Sabbath, qualifiée par Ozzy Osbourne de Black Sabbath mangé par Deep Purple, n'aura donc fait qu'un seul disque, un disque décrié et franchement sous-estimé (mais pas grandiose), avant de stopper les frais. L'album suivant sortira en 1986, il s'appellera Seventh Star, et sera aussi décrié, mais surtout parce qu'on y verra plus un virtuel disque solo de Tony Iommi qu'un vrai opus de Black Sabbath (en cela, il divise encore les fans). Puis The Eternal Idol en 1987, assez raté... Le Sabb' s'enfoncera lentement, jusqu'à Dehumanizer (retour de Dio) en 1992. Au final, rétrospectivement, Born Again n'est pas si mal.

FACE A

Trashed

Stonehenge

Disturbing The Priest

The Dark

Zero The Hero

FACE B

Digital Bitch

Born Again

Hot Line

Keep It Warm