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Aïe aïe aïe aïe aïe... Je ne sais pas quoi dire au sujet de cet album. Bon, c'est nul, allez j'ai fini, j'me casse, à demain.

Heu, revenez, je déconnais.

Mais en même temps, que dire au sujet de cet album ? D'abord, faire un rapide résumé pour bien comprendre le marasme de cet album. Aerosmith a connu le succès quasiment depuis ses débuts (il y à juste eu des critiques sur le fait qu'ils semblaient être des copies des New York Dolls, la presse ne les aimait pas trop), dès 1975 et Toys In The Attic (troisième album) ce fut unanime. Puis Rocks, l'année d'après, enfonce le clou. Ensuite, si Draw The Line, en 1977, a montré le groupe connaître des signes de fatigue (mais tout de même, Kings And Queens, Sight For Sore Eyes...), ils ont tout de même achevé les années 70 avec courage (participation au très pourri film musical des Bee Gees et de Frampton Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band dont j'ai parlé ici il n'y à pas longtemps via sa bande-son), ayant même sorti un exemplaire live (Live ! Bootleg) en 1978. En 1979, ils sortent Night In The Ruts, album que j'aime beaucoup-beaucoup, mais qui ne fait pas l'unanimité. Drame de la vie : Joe Perry, le guitariste principal du groupe, un des deux artisans, avec le chanteur Steven Tyler (ils sont les deux Toxic Twins, comme on dit, en allusion à leur statut de leaders et leur propension à bien s'être défoncés avec à peu près tout ce qui s'avale, se sniffe ou se fume), d'Aerosmith, se barre durant les sessions de cet album. Il est certes sur la pochette (qui les montre en mineurs de fond) mais ne joue pas sur tout le disque. Il ne reviendra au sein du groupe qu'en 1984. Aerosmith sans Perry, c'est comme si Angus Young claquait la porte d'AC/DC mais que le groupe déciderait de continuer. Difficile à imaginer.

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Verso de pochette vinyle...

Et pourtant... En 1982, le groupe sort son septième album studio (et huitième tout court) : Rock In A Hard Place, dont la pochette représente des pierres du site de Stonehenge (et si c'est pas Stonehenge, ça y ressemble) et me fait furieusement penser à Spinal Tap, quiconque a vu le film (1984) sait de quoi je veux parler. Le groupe est donc sans Perry, remplacé par Jimmy Crespo, et le guitariste rythmique d'origine, Brad Whitford, a quitté le groupe (il reviendra aussi par la suite) pendant les sessions, il ne joue que sur un titre, Lightning Strikes, et est remplacé par Rick Dufay...enfin, officiellement. Il est sur la pochette, mais ne joue pas. C'est Crespo qui joue toutes les parties de guitare. Le reste du groupe est inchangé, Tyler (chant, harmonica, un peu de claviers et de percussions), Joey Kramer (batterie), Tom Hamilton (basse). C'est Jack Douglas, le producteur de 1975/77, qui produit le disque, disque qui dure 40 minutes de total marasme, à deux chansons exceptées, qui sont Rock In A Hard Place (Cheshire Cat) et Lightning Strikes. Là, c'est grosso modo du bon boulot, pas exceptionnel, mais agréable et correct. 

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...et celui du CD. Vous préférez lequel ?

Le reste... Que dire ? Joe Perry, reviens ! Tout est oublié (il se serait barré suite à de grosses tensions, et les relations entre les différentes épouses des membres du groupe n'y seraient pas pour rien) ! Rock In A Hard Place montre Aerosmith à un stade caricatural, c'est du hard-rock sans relief (contrairement à la pochette, ah ah ah ; à noter cependant que la qualité de la photo de pochette est moyenne...), sans envergure, sans talent, entre Jailbait, Bitch's Brew, Push Come To Shove et Joanie's Butterfly (précédé d'un Prelude To Joanie pas terrible), sans oublier la sempiternelle reprise, ici Cry Me A River, autrefois popularisée par Joe Cocker (mais c'était déjà une reprise). Que dire ? Steven, tais-toi ! Bon, en fait, sans déconner, cette reprise est le troisième meilleur morceau ici. C'est pas terrible, mais c'est acceptable. Mais le reste, vraiment... Alors, désolé pour la brièveté de cette chronique, mais là, je ne sais plus quoi dire. Perry et Whitford reviendront pour le disque suivant, Done With Mirrors (1985), pas immense mais nettement mieux, et la suite sera elle aussi nettement meilleure, du moins jusqu'en 1997, à partir de cette année-là et de Nine Lives, Aerosmith basculera définitivement dans la caricature qu'ils étaient, alors, le temps de ce Rock In A Hard Place absolument insignifiant. 

FACE A

Jailbait

Lightning Strikes

Bitch's Brew

Bolivian Ragamuffin

Cry Me A River

FACE B

Prelude To Joanie

Joanie's Butterfly

Rock In A Hard Place (Cheshire Cat)

Jig Is Up

Push Comes To Shove