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Ce disque est un de mes grands chouchous du groupe, depuis longtemps. J'adore à peu près tout, ici : les morceaux (cinq d'entre eux, et il y en à neuf en tout, pour 40 minutes, font partie de mes préférés du groupe, voire du hard-rock), la production signée, encore une fois (après Heaven And Hell) de Martin Birch, la performance vocale de Ronnie James Dio (clairement un de mes chanteurs de hard préférés), et la pochette, étrange et glauque, signée Greg Hildebrandt, un artiste pictural américain spécialisé dans la SF et la fantasy (oeuvrant avec son frère jumeau Tim, essentiellement, lequel est mort en 2006, mais le dessin de pochette est signé Greg seul), une peinture qui a été modifiée pour la pochette et qui, baptisée "Dream 1 : Crucifiers", date à la base de 1971. Ce qui a été modifié ? Le nom du groupe et de l'album, Mob Rules, apparaît évidemment sur la pochette. Il paraît que l'on distinguerait, dans les traces de sang sur le sol, la mention 'kill Ozzy', mais je n'ai jamais vraiment réussi à distinguer ça, et quand on parle de ça aux membres du groupe, ils haussent les épaules l'air de dire vous avez de l'imagination, vous, c'est bien. En tout cas, sur le morceau de tissu (ou de peau ? on dirait des équarrisseurs, sur la pochette) recouvert de sang, on distingue un peu, au centre, une sorte de visage, une tête ornée de cornes, une sorte de diable. On ne le distingue quasiment pas sur le dessin original, c'est donc, là aussi, une modification apportée pour la pochette. 

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Enregistré au Record Plant de Los Angeles en 1981 (pas de précision de date), l'album est sorti en novembre de cette même année. Heaven And Hell étant sorti en janvier 1980, le groupe aura mis, donc, quasiment deux ans entre la sortie de deux albums ! Certes, ils n'auront probablement pas chômé entre  temps (tournée mondiale, etc), mais entre temps, le groupe livrera, pour le film d'animation Métal Hurlant, une chanson, du nom de The Mob Rules (dans le film, on entend aussi une partie de l'instrumental E5150). Puis ils commençeront à composer pour le nouvel album (réenregistrant The Mob Rules pour la peine, et l'album, inutile de le dire, finira baptisé de ce titre), mais lutteront pendant un moment avec le son qui sortait de leur console d'enregistrement flambant neuve qu'ils venaient de se payer. Et puis, il y à un évênement que je n'ai pas encore abordé, et qui est survenu durant la tournée de Heaven And Hell : Bill Ward, leur batteur, présent depuis le début, est parti. Il sera remplacé par Vinnie Appice (petit frère de Carmine Appice, batteur de Vanilla Fudge, Cactus et Beck, Bogert & Appice ; c'est Carmine qui a joué dans ces groupes, pas Vinnie), qui joue la batterie sur cet album et la tournée qui suivra. Ward devait sûrement en avoir marre des tours de con que le groupe lui jouait régulièrement (ils mettaient le feu à sa barbe, occasionnant de belles brûlures, entre autres saloperies), mais il reviendra en 1983, puis en 1998 pour la réunion scénique de la formation initiale du groupe. Le fait que l'album ait été enregistré avec un autre batteur ne change rien au son du groupe, qui reste le même, Appice (qui était fan du style de Ward) joue en effet comme lui. L'album marchera très bien, mais peut-être moins que le précédent, et au fil des années, on le considère un peu comme le petit frangin de Heaven And Hell, avec tout ce que ça implique (de la sympathie, mais aussi de la condescendance).

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Pourtant, il offre du lourd, ce Mob Rules (le titre signifie 'la foule assure', ou bien 'les règles de la foule'). Turn Up The Night, qui ouvre les festivités, est une sorte de clone ultra efficace de Neon Knights, Voodoo est génial, The Sign Of The Southern Cross possède un riff doom bien pesant et Dio y brille de mille feux, E5150 est un instrumental glauque comme le groupe sait si bien en faire, The Mob Rules, très court (3 minutes), achève ultra efficacement la face A sur un rythme très speedé. Ces cinq morceaux remarquables sont l'intégralité de la face A de l'album, et la B est pour ainsi dire aussi remarquable, offrant notamment un Slipping Away assez popisant, un Over And Over sublime à rapprocher (d'autant plus que là aussi, c'est le final de l'album) du Lonely Is The Word du précédent opus...Après, je suis d'accord, Country Girl est sympathique, mais un peu moyenne, et encore, par rapport au reste de l'album, mais Falling Off The Edge Of The World est une excellente chanson. Tout l'album est d'un niveau pour ainsi dire égal à Heaven And Hell, et à la sortie de Mob Rules, certains rock-critics reprocheront au groupe d'avoir, d'ailleurs, quasiment copié leur précédent album, jusque dans l'agencement des morceaux, ce qui n'est pas faux, mais on prend autant de plaisir à écouter ce disque enregistré difficilement qu'à écouter Heaven And Hell. Personne ne pouvait se douter que Mob Rules serait le dernier album studio avec Dio pour une période de 11 ans (et quand le groupe se reformera, en 1992, avec Dio, ça ne tiendra qu'un album). L'année suivante, en 1982 donc, sortira un double live, que je réaborde non pas demain, mais tout à l'heure. Puis, demain, la suite de l'aventure studio du groupe, avec un épisode court mais assez marquant, mais patience...

FACE A

Turn Up The Night

Voodoo

The Sign Of The Southern Cross

E5150

The Mob Rules

FACE B

Country Girl

Slipping Away

Falling Off The Edge Of The World

Over And Over