RM1

Je dois vous avouer un truc, les mecs (et les filles) : pendant des années, et j'ai même envie de dire pendant une vingtaine d'années (j'en ai 37), je n'aimais pas du tout ce groupe. Je ne sais pas trop, mais les Rita Mitsouko, j'accrochais pas. Et c'est pas parce que c'est du rock français, parce que j'ai toujours adoré Téléphone et Noir Désir. Non, il y avait quelque chose qui faisait que, ben, ça accrochait pas. La voix de Catherine Ringer, sans doute, qui en fait un peu trop, des fois. Des chansons qui m'horripilaient (Marcia Baila, Andy, Le Petit Train). Le look un peu bohème déglingué des musiciens, autrement dit du couple Ringer/Chichin...Bref, les Rita, c'était pas ma came du tout. J'avais d'ailleurs déjà abordé cet album-ci sur le blog, ceci en est une seconde chronique (qui remplace l'ancienne, comme toujours), et sans avoir été salopard, je dois dire que je ne le défendais pas trop. Pourtant, cet album, sorti en 1986 sous une cultissime pochette, est considéré comme un des plus grands albums de rock français, un peu partout, et je pense que c'est à juste, très juste titre. The No Comprendo, il s'appelle. Et avant de commencer à vraiment en parler, je dois ici avouer que si je n'aimais pas les Rita avant, ça, c'était avant, car maintenant, dans l'ensemble, j'apprécie de plus en plus ce groupe. Il ne m'a pas fallu la mort de Fred Chichin, en 2007, pour changer d'opinion à leur sujet, même si j'avoue que leur ultime album, Variéty, sorti en 2007 quelques mois avant la mort de Chichin, m'avait agréablement surpris. 

RM2

C'est quasiment une loi constitutionnelle : quand on vieillit, les goûts musicaux, artistiques, évoluent, s'affinent, s'étoffent ou se réduisent. J'aime toujours Iron Maiden et AC/DC, mais je ne les écoute quasiment plus. Mais je me retrouve de plus en plus avec l'envie de (re)découvrir des choses qui, bien plus jeune, me rebutaient. Comme Cock Robin (bientôt sur le blog), Hall & Oates, et, donc, les Rita. J'ai profité d'un prix intéressant pour me payer The No Comprendo en vinyle récemment, et j'ai pris une claque. De même que Marc Et Robert (fait avec les Sparks, et qui contient Le Petit Train, chanson sur un sujet bien plombant). Je me suis arrêté là pour le groupe (je connaissais déjà Cool Frénésie, intéressant mais trop long et inégal, ainsi que Variéty), sans avoir envie de poursuivre pour le moment, mais concernant The No Comprendo, je ne suis vraiment pas fâché d'avoir (enfin) réussi à accrocher à ce disque mythique. Car mythique, il l'est. Cet album renferme trois des morceaux les plus connus du groupe, il s'agit d'ailleurs de la triplette d'intro de l'album : Les Histoires D'A (amusant), Andy (oui, MaxRSS - voir son excellente et récente chronique du premier album du groupe -, les claviers de ce morceau sont énervants, mais la guitare, tudieu...on dirait du Prince) et le démentoïde C'Est Comme Ca, qui était d'ailleurs, autrefois, quasiment la seule chanson que j'aimais, concernant les Rita. Notons aussi la présence de Nuit D'Ivresse, écrite pour le film du même nom, morceau sur lequel la Ringer tient la guitare (Chichin y tient, lui, basse et batterie). A ce sujet, si vous pensiez que Catoche Ringer ne fait que chanter, détrompez-vous (ça y est, vous vous êtes détrompé ?), car, selon les morceaux, et c'est indiqué sur la sous-pochette proposant les paroles, elle peut être à la guitare, au violon, à la basse (C'Est Comme Ca), à la batterie (Someone To Love), au piano, à la trompette, aux congas, violoncelle... Hé oui.

RM3

Produit par le groupe et Tony Visconti (Bowie, T-Rex...), qui joue aussi sur le disque (violon sur un titre, basse, guitare sèche, tambourin), The No Comprendo n'offre quasiment que du lourd. Hormis les trois hits d'intro et le morceau final (Nuit D'Ivresse, moins connu), on y trouve des merveilles telles que Un Soir Un Chien, Vol De Nuit, Someone To Love. En fait, Nuit D'Ivresse, qui détonne un peu trop avec le reste de l'album, est sans doute le morceau le moins réussi ici (j'ai envie de dire que le film de Bernard Nauer, avec Lhermitte et Balasko, nanar rigolo mais nanar quand même, a eu la bande-son qu'il méritait...). Oui, le chant de Ringer est parfois usant, mais quand elle le veut, elle chante parfaitement bien. Oui, certains arrangements peuvent sembler un peu datés (les claviers oïïnnngg oïïnngg dans le bridge de Andy), mais face à des trucs comme Un Soir Un Chien, C'Est Comme Ca ou Vol De Nuit, on ne peut que s'incliner. The No Comprendo est donc bel et bien un très très grand album, un de ceux qui peuvent rendre la France fière de faire du rock. 

 FACE A

Les Histoires D'A

Andy

C'Est Comme Ca

Vol De Nuit

Someone To Love

FACE A

Stupid Anyway

Un Soir Un Chien

Bad Days

Tonite

Nuit D'Ivresse