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C'est ce qu'on appelle un coup de maître, en japonais dans le texte (ah ah ah) : parvenir, en un album, à faire oublier un chanteur ayant tenu la place chaude pendant quasiment 10 ans (et 8 albums studio), j'ai nommé Ozzy Osbourne. Black Sabbath a réussi cet exploit avec leur nouveau chanteur, Ronnie James Dio, qu'ils ont repris à Rainbow, le groupe de Ritchie Blackmore. L'album en question, sorti en 1980 sous une pochette représentant des anges en train de fumer et de jouer aux cartes, c'est Heaven And Hell, un album tellement mythique que lorsque cette formation de Black Sabbath se reformera en 2010 pour des concerts et un album (The Devil You Know), n'ayant pas obtenu l'autorisation de se reformer sous le nom du groupe, ils se reformeront sous celui de l'album ! Quand je dis que le Sabb' a réussi à faire oublier Ozzy en un album, j'exagère pas mal ; mais à la sortie de l'album, bien rares,  à mon avis, étaient ceux qui ont trouvé à redire : chansons, production, voix, tout, ici, confine au génial, faisant de cet album un des jalons du hard-rock. Le groupe allait mal, de toutes façons : Never Say Die !, enregistré difficilement (Ozzy se barre, on le remplace par Dave Walker qui ne tiendra pas longtemps car Ozzy revient - Walker n'aurait pas été le meilleur chanteur pour le groupe de toute façon), ne fera vraiment pas l'unanimité à sa sortie, et encore aujourd'hui, et la tournée sera un succès en grande partie grâce à la première partie du groupe, Van Halen ; le groupe d'Eddie Van Halen et de David Lee Roth, grands fans de Black Sabbath, verra sa popularité augmenter tout du long.

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A noter, anecdote que j'aurais pu balancer dans l'article d'hier, dès le premier soir de la tournée, Van Halen interprétera des morceaux de Black Sabbath sur scène, en hommage respectueux, ce qui sera cependant mal pris, au départ, par Tony Iommi...se rendant compte que le jeune groupe était, en fait, respectueux et ultra fan, il se calmera et les deux groupe s'entendront à merveille (pas comme avec AC/DC durant la tournée de Technical Ecstasy...) ! Pour en reviendre (ah ah ah) à l'album qui nous intéresse, il date donc de 1980, cet Heaven And Hell. On ne saurait dire à quel point cet album enregistré à Miami (entre octobre 1979 et janvier 1980, le disque est sorti fin avril) et produit par Martin Birch est important pour le groupe. Gros succès commercial, il renferme 8 titres dont, excusez du peu, trois sont des classiques intemporels de Black Sabbath et deux autres, presque du même standing. Commençons donc par les trois chansons qui ne sont ni l'un, ni l'autre. Pas des mauvaises chansons, l'album n'en refermant aucune, mais Lady Evil, Walk Away et Die Young sont incontestablement les moins percutantes, tout en étant d'un niveau mille fois supérieur à la moyenne. Le timbre de voix de Ronnie James Dio fait des merveille partout où il passe. Wishing Well et le final Lonely Is The Word sont quasiment des classiques, des chansons magistrales. On ne se lasse pas de l'album, d'autant plus qu'il n'est pas très long, avec presque 40 minutes au compteur. 

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La quasi totalité de la première face (qui renferme cependant Lady Evil) est d'une perfection absolue, l'album s'ouvre sur un Neon Knights mémorable qui sortira en single et qui fut la dernière chanson enregistrée pour l'album, en janvier 1980. Ce qui est amusant, c'est qu'elle a été enregistrée afin de rajouter un titre à l'album, mais qu'elle aboutira en ouverture de l'album (on aurait pu croire, comme il manquait un titre, que le groupe la mettrait en final, ou coincé au beau milieu). Contrairement au reste de l'album qui fut fait à Miami (Criteria Sound Studio), cette chanson a, elle, été enregistrée au studio Ferber, à Paris (et la face B du single proposait une version live d'un des titres de Heaven And Hell, que le groupe jouait évidemment déjà sur scène au cours des premiers concerts donnés avec Dio, fallait livrer, et donner du neuf aux fans). Le morceau en question, c'est Children Of The Sea, dont la version studio occupe la seconde place de l'album, une chanson sublime (composée en partie au moment où le groupe venait de virer Ozzy Osbourne, elle a été terminée avec Dio une fois le nouveau chanteur arrivé dans le groupe), une de mes préférées du groupe. Après un Lady Evil efficace comme un coup de boule, Heaven And Hell achève idéalement la face A, laissant ensuite la place à la face B, constituée, j'en ai parlé plus haut, de chansons certes moins grandioses, mais tout de même sublimes dans le meilleur des cas, ou ultra efficaces au pire. Un album quasiment parfait, à la pochette iconique (inspirée par une photo datant des années 20, prise dans les coulisses d'un spectacle de lycée), qui se taillera un énorme succès et relance la machine Sabbath !

FACE A

Neon Knights

Children Of The Sea

Lady Evil

Heaven And Hell

FACE B

Wishing Well

Die Young

Walk Away

Lonely Is The Word