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En 1978, peu après la tournée de son Street-Legal (un de mes albums préférés de lui, j'assume pleinement), Bob Dylan retrouve la foi. Mais lui qui était à la base de religion juive, mais peu pratiquant, devient chrétien born again. Evidemment, il va en profiter pour jouer le bon vieux prosélyte, suivez-moi dans ma foi, rien qu'une fois, vous verrez, c'est vraiment bien ma foi. En 1979, il sort Slow Train Coming. Cet album enregistré avec Mark Knopfler (notamment) et produit par Barry Beckett et Jerry Wexler (qui produiront le deuxième Dire Straits à la même époque) est une belle réussite, qui parle évidemment, souvent, de Jésus, de Dieu, de religion, de foi. Vraiment, c'est un très bon album. L'année suivante, et on on a reparlé ici très récemment, Dylan sort Saved, un disque dont la pochette christique (des mains ensanglantées allant, du ciel, vers des mains tendues de croyants) sera censurée dans plusieurs pays. Encore plus prosélyte que le précédent, produit par les mêmes Beckett et Wexler, Saved est moins réussi, aussi, nettement (il est même considéré comme un des pires albums de Zimmy), il est vrai qu'il renferme quelques morceaux moyens, mais il est tout de même, là aussi j'assume, vraiment correct au final. J'ai mis le temps à l'aimer (et je précise que je ne suis pas du tout axé religion), le côté religieux me fait un peu chier parfois parce que ça rend l'album assez redondant, mais rien que pour Covenant Woman et In The Garden, c'est pas mal. Puis arrive 1981.

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En cette année-là, Dylan, toujours converti, sort ce qui sera donc considéré comme le troisième volet de sa trilogie chrétienne. Qui dit 'troisième volet de trilogie' dit aussi que c'est le dernier, et en effet, Dylan laissera tomber la religion évangélique par la suite, s'étant, en 1983, reconverti au judaïsme (au moment d'Infidels, excellent album offrant quelques morceaux assez religieux, mais pas que, et dont le seul défaut, en fait, est la production, assez datée). Mais en 1981, place au dernier volet de la trilogie, sorti sous une hideuse pochette assez cartoonesque : Shot Of Love. Produit, lui, par Chuck Plotkin, Dyan et Bumps Blackwell, cet album, le 21ème de Dylan (albums studio originaux uniquement pris dans le décompte), dure 44 minutes, pour 9 titres qui, dans l'ensemble, parlent encore de Jéééééhéééésus, de Diieeeeuuuuuu, de sa foi retrouvée. Property Of Jesus, Every Grain Of Sand, The Groom's Still Waiting At The Altar (rajouté sur l'édition K7, puis CD, en ouverture de la face B, il n'est pas sur la version vinyle initiale de l'album) sont à ce titre sans équivoque. Every Grain Of Sand a été très remarquée à sa sortie et est même parfois considérée comme étant une des meilleures chansons de Dylan, tout du moins la meilleure de l'album (de TRES loin) et une des meilleures de sa période 1980/1988, laquelle, Infidels mis à part, fut vraiment difficile. 

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Mais le reste, sincèrement... Enregistré avec notamment Jim Keltner, Tim Drummond, Donald 'Duck' Dunn, Danny 'Kootch' Kortchman, Benmont Tench et Ringo Starr (batterie sur Heart Of Mine), Shot Of Love est un ratage abyssal, la quintessence du dernier titre exceptée. Si vraiment Every Grain Of Sand est une merveille, le reste, que ce soit Lenny Bruce (en hommage à ce fameux comique américain mort en 1966), Watered-Down Love (inspiré par la Bible, Premier Epître aux Corinthiens, 13), le morceau-titre, Dead Man, Dead Man (assez reggaeisant), Property Of Jesus, est tout simplement embarrassant. Un des albums préférés de Bono en raison de la performance vocale du Barde sur l'ensemble de l'album, Shot Of Love est un album vraiment raté, de sa pochette à ses morceaux. Il était temps que la période chrétienne se termine, clairement une des plus méconnues, incomprises, et une des moins réussies, de Bob Dylan ! Seuls ses albums de la période 1985/1988 et l'éponyme de 1973, non reconnu par Dylan, seront pires. 

FACE A

Shot Of Love

Heart Of Mine

Property Of Jesus

Lenny Bruce

Watered-Down Love

FACE B

The Groom's Still Waiting At The Altar (absent du vinyle)

Dead Man, Dead Man

In The Summertime

Trouble

Every Grain Of Sand