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Oui, on le sait, David Bowie a connue une décennie prodigieuse (les seventies) et une décennie profondément merdeuse (les eighties, malgré une année 1980 prometteuse via Scary Monsters (& Super Creeps), mais la suite...). Enfin, les années 80 se sont terminées par une étonnante reconversion de Bowie dans un groupe de rock pur et dur, Tin Machine (trois albums dont un live, seul le premier album, éponyme, reste facilement dénichable aujourd'hui), parenthèse peu connue et appréciée des fans, mais ayant quand même contenu de vraies bonnes choses. Après la fin de Tin Machine, en 1992, Bowie se relance en solo, par le biais d'un album qui, à sa sortie, sera un gros succès (deux-trois hits), mais est également, aujourd'hui, assez critiqué, dénigré, pas forcément pas Bowie lui-même, mais par ses fans (la faute à une production bien dans son époque, mais ayant pris un coup dans l'aile, 20 ans plus tard) : Black Tie White Noise. L'album est produit par Nile Rodgers, qui avait déjà produit, 10 ans plus tôt, le cartonneur (mais critiqué pour son aspect commercial) Let's Dance. Dernier album de Bowie avec le guitariste Mick Ronson (de la fameuse période glam, 1970/1973...), qui est décédé d'un cancer peu après, Black Tie White Noise a été fait à une période glorieuse pour Bowie, qui venait de se marier avec celle qui, en 2013, partage encore sa vie, le mannequin africain Iman. Plusieurs titres de l'album font allusion à elle et à ce mariage : The Wedding et sa version chantée The Wedding Song (l'album s'ouvre sur l'un, se termine sur l'autre), et Miracle Goodnight, qui fut un des hits de l'album. L'album, sinon, offre 12 titres, et parmi eux, trois reprises : I Know It's Gonna Happen Someday (de Morrissey, chanteur des Smiths) ; I Feel Free (de Cream) ; et Nite Flights (de Noel Scott Engel).

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Musicalement, Bowie est entouré de Reeves Gabrels (guitare), un des membres de Tin Machine, qui restera au sein de son groupe accompagnateur jusqu'à 1999 et l'album 'Hours...', de Lester Bowie (aucun lien) à la trompette, de John Regan (basse), Pugi Bell, Sterling Campbell (batterie), Richard Hilton (claviers), Barry Campbell (basse), Nile Rodgers (guitare), Geraldo Velez (percussions), Philippe Saisse, Richard Tee, Dave Richards (claviers), Wild T. Springer (guitare)... Et, donc, Ronson à la guitare, sur I Feel Free. Niveau choeurs, c'est la foule, avec notamment Fonzi Thornton, Curtis King Jr, Frank & George Simms, Tawatha Agee, Nile Rodgers... L'album dure 56 minutes dans sa version 12-titres (il en existe une de 10 pour le vinyle, et une de 14, avec, donc, deux bonus-tracks ; il existe aussi une version double CD, collector, de 2003). L'album est, comme je l'ai dit, critiqué aujourd'hui, quasiment autant, parfois, que les épouvantables albums de la seconde moitié des années 80 (Tonight, Never Let Me Down). Il faut dire que Bowie et Nile Rodgers n'y ont pas été de main morte sur les cuivres : ambiance très funly et légère sur ce disque qui, cependant, offre aussi des passages plus expérimentaux (Pallas Athena, Nite Flights), voire électro (Jump They Say, autre hit, qui parle du suicide de son demi-frère Terry, qui avait de graves problèmes de santé mentale et fut interné). Malgré ces morceaux assez électro et/ou sombres, l'album est surtout très festif, je pense à Black Tie White Noise, Looking For Lester, The Wedding, The Wedding Song, I Feel Free, You've Been Around, autant de morceaux, dans l'ensemble très bons (bon, je ne suis pas fan du morceau-titre...) mais très superficiels, et qui font de ce disque un pur produit commercial ; contrairement aux albums de Tin Machine, contrairement aussi aux albums suivants de Bowie (The Buddha Of Suburbia, de 1993 ; 1.Outside de 1995 ; Earthling de 1997...). Bowie récidive quelque peu, en modernisant un peu le son, le coup de Let's Dance, ce n'est pas étonnant que les deux albums partagent le même producteur.

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Cependant, tout en étant un peu long et parfois assez plat (et lassant ; pour des chansons mémorables comme Jump They Say, Miracle Goodnight ou The Wedding/The Wedding Song, on a quand même des chansons trop longues et n'offrant pas beaucoup de choses par rapport à leurs durées : Black Tie White Noise est répétitif, idem pour Don't Let Me Down & Down), Black Tie White Noise est nettement plus recommandable que Let's Dance, et tout en étant l'album le moins réussi, pour les années 90, de Bowie, il est quand même pas mal, et nettement supérieur à ces merdes que Bowie a faites entre 1984 et 1987 (seulement deux albums, OK, mais niveau ratages, ils comptent pour 10). Un album mineur, à réserver aux fans inconditionnels (tôt ou tard, si vous êtes fan, il faudra passer par cet album), mais j'avoue bien l'aimer, je m'attendais à pire, bien pire.

The Wedding

You've Been Around

I Feel Free

Black Tie White Noise

Jump They Say

Nite Flights

Pallas Athena

Miracle Goodnight

Don't Let Me Down & Down

Looking For Lester

I Know It's Gonna Happen Someday

The Wedding Song