A1

Aerosmith et moi, c'est une belle histoire d'amour. Un de mes groupes de hard-rock préférés, clairement. Bon, pas autant que Led Zeppelin (celui-là, dans la catégorie hard-rock, est le haut du panier) mais je place le groupe de Tyler et Perry juste derrière, au même rang que Deep Purple, AC/DC et Blue Öyster Cult. Les Duponts Volants ont démarré leur carrière discographique en 1973 avec un premier album éponyme (Aerosmith donc) fortement sous influence New York Dolls - ce groupe est, visuellement, une référence pour Aerosmith, rien que pour la gestuelle de Steven Tyler - et offrant déjà des classiques : Dream On, Mama Kin... Le deuxième album, Get Your Wings en 1974, offre Lord Of The Thighs, Pandora's Box, une reprise démentielle du Train Kept A-Rollin' de Johnny Burnette. 1975 : Toys In The Attic offre Walk This Way qui sera en 1983 bousillé par une reprise en duo avec les rappeurs de Run DMC, Sweet Emotion, le morceau-titre, Adam's Apple, le troublant (les paroles parlent d'abus sexuel, mais contre qui ?) Uncle Salty, et est une claque, une date. Rocks, en 1976 (Back In The Saddle, Sick As A Dog, Last Child...) plus encore que le précédent, est un monstre sacré. Les Aero sont, en 1976, devenus des dieux. Qui vont un peu trébucher de leur piédestal en 1977 avec un Draw The Line qui souffre totalement du double syndrome effets secondaires d'abus divers et variés/commenssare a sentiré la fatigué, buena notte. Mais on y trouve tout de même Kings And Queens et Sight For Sore Eyes, sans parler du morceau-titre. Le double Live ! Bootleg de 1978 va faire remonter le groupe. C'est l'album studio qui suivra qui, lui, va carrément faire s'écrouler le piédestal aussi soudainement que s'il avait été rongé par une horde de termites affamées et en furie. 

A2

Ce disque du casse-gueule, c'est Night In The Ruts, sorti sous une amusante pochette montrant le groupe (encore soudé, mais plus pour longtemps) en mineurs de fond, dans une mine de charbon, gueules crasseuses et regards de travailleurs exténués que n'aurait pas renié Emile Zola. Le titre de l'album, le verso de pochette l'explicite d'ailleurs, est un jeu de mots : inversez la première lettre du premier et du dernier mot, et vous avez "right in the nuts" ('droit dans les couilles'). Produit par Gary Lyons au lieu de Jack Douglas qui a lâché l'affaire pour le moment avec le groupe, l'album est sorti en 1979. Court (35 minutes), l'album, le sixième du groupe, avait auparavant, il y à quasiment 10 ans, eu droit, ici, à une chronique des plus assassines, je n'y avais pas été de main morte. J'avais une excuse (en plus d'être plus jeune) : je ne l'aimais pas du tout, ce disque. Ca a complètement changé depuis une paire d'années et désormais, Night In The Ruts possède sa place parmi mes préférés du groupe. Si, si. OK, l'album n'est pas du niveau de Rocks ou de Pump (1989), mais on y trouve vraiment de très belles choses. Comme la reprise du Remember (Walking In The Sand) des Shangri-Las, groupe de pop féminin des années 60 qui, probablement, est une des références d'Aerosmith (tout comme elle le fut pour les New York Dolls) ; ou comme Mia, belle ballade dédiée à la fille (une des filles) de Steven Tyler, née en 1978, un an après son autre fille (Liv) ; ou comme Bone To Bone (Coney Island White Fish Boy) et Chiquita

A3

Dernier album (enfin, dernier jusqu'à 1985 et Done With Mirrors) du groupe avec le guitariste Joe Perry qui claquera la porte quelques mois avant la sortie du disque (l'album suivant, Rock In A Hard Place en 1982, sera leur seul sans Perry ; c'est un de leurs pires, et c'est en partie à cause de ça), cet album ne contient cependant pas que du lourd : Cheese Cake est correcte mais sans plus, la reprise de Reefer Head Woman (un morceau initialement de Jazz Gillum, un standard de blues des années 40) n'est pas géniale. A noter qu'on trouve une troisième reprise sur le disque, des Yardbirds celle-ci : Think About It. Qui est pas mal, sans plus. La production est efficace, clinquante, et a plutôt bien vieilli. Au final, Night In The Ruts possède une réputation plutôt méchante, on en parle comme de la suite du déclin du groupe après Draw The Line (le titre en jeu de mots est une allusion au fait que l'on pensera le groupe fini avec Draw The Line, et ce titre en calembour est donc leur réponse caustique à ces accusations). Certes, on sent que le groupe (amputé durant les sessions de Joe Perry, ce qui leur fit mal au moral et entraînera d'autres réactions du type cette fois-ci, ils sont vraiment finis) ne va pas super bien, et l'album suivant sera, lui, un vrai marasme, une caricature d'Aerosmith, indigne du groupe. Mais dès que Perry reviendra, le groupe remontera la pente. Certes, aujourd'hui, ils sont vraiment devenus, et ce dès 1997, caricaturaux et over the top (il faut voir ces Nine Lives, Music From Another  Dimension...il ne manque plus que des toons, sur ces disques surchargés en tout !), mais en 1979, franchement, ils ont livré un album des plus corrects, et, sérieusement, malgré ses défauts, je l'aime beaucoup !

FACE A

No Surprize

Chiquita

Remember (Walking In The Sand)

Cheese Cake

FACE B

Three Mile Smile

Reefer Head Woman

Bone To Bone (Coney Island White Fish Boy)

Think About It

Mia