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Je m'en souviens encore, c'était en, je ne m'en souviens plus (bah alors ?), fin 2018, je crois. Je suis dans mon magasin culturel préféré (pas une FNAC ; je ne vais plus trop dans les FNAC, enseigne qui m'a bien déçu par son dilettantisme ; whoah, comment qu'j'cause trop ienb' aujourd'hui, les mecs !), Le Grand Cercle à Eragny (95), dont le rayon vinyles est super bien achalandé, et je regarde, comme à mon habitude. Arrivé pépèrement à la lettre D (ce qui ne m'a pas pris trop de temps, vu que j'ai commencé mon tour d'horizon à la lettre A), je tombe sur les albums des Doors à un moment donné, forcément. A l'époque, le seul d'eux que je n'avais pas en vinyle, c'est Absolutely Live (en fait, je n'avais aucun live d'eux en vinyle, car si Absolutely Live est le seul live sorti du 'vivant' du groupe, ils en ont fait d'autres, qui existent aussi sous ce format), un album que j'ai toujours bien aimé malgré ses défauts, mais qui m'était totalement sorti de la tête. Et voilà-t-y pas queje tombe sur une réédition de ce double live, en vinyle donc, dans le bac, placé entre Strange Days et The Soft Parade ! Ni une ni deux, cette pochette, je la prends, je la retourne, je la baise, je consulte son prix, espérant, malgré que ça ne risquerait pas trop de me retenir, que le prix ne soit pas trop élevé. Il l'était. 34 euros. Ca ne m'a pas retenu, je l'ai acheté. Un sticker annonçait que c'était une réédition du mythique premier double live des Doors (sans déconner, les mecs, vous pensiez qu'on croirait que dans les sous-pochettes seraient glissés des albums de M. Pokora ?), l'éditeur est celui de l'album original, Elektra Records, et à toucher la pochette à travers le blister, je me rendais compte que c'était une pochette cartonnée rigide, à l'américaine, tip-on sleeve. Yeah, quoi. Enfin, pas yeah, quoi tout le temps, car c'est assez galère de retirer et surtout de remettre les sous-pochettes de papier dans ces ouvertures assez épaisses et plutôt serrées (si on les déforme, c'est quasiment du définitif). En rentrant chez moi, je me dis que si jamais je relance le blog, je referai la chronique (qui datait de 2010). Je n'ai pas relancé le blog avant fin 2019, et j'ai pris le temps, mais le réaborde donc ce live.

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Une dernière chose à dire au sujet de cette réédition vinyle que j'ai acheté il y à environ 18 mois : ce n'était pas indiqué sur le sticker (enfin, dans mes souvenirs, du moins), et j'ai donc eu une belle surprise en déballant le blister : les deux disques sont bleus ! Un beau bleu un peu translucide. La putain de sa mère ! Ca alors ! La photo plus bas n'est pas une photo perso, mais c'est exactement ainsi qu'est cette réédition. J'imagine que ça devait être indiqué sur le sticker, mais sincèrement, j'ai pas fait gaffe en magasin (ça aurait été une raison supplémentaire de l'acheter, car des vinyles couleur, j'en ai plein, et c'est toujours sympa et collectionnable), ce fut donc une heureuse surprise ! Bon, sinon, on va parler d'Absolutely Live. C'est le premier live du groupe, il est sorti en 1970, après Morrison Hotel, mais ce que l'on y entend a été enregistré avant. Long de 77 minutes, offrant 9 titres sur son tracklisting vinyle, mais en fait, il y en à 21 en tout (la vache !!), Absolutely Live a été enregistré en divers concerts, entre le 21 juillet 1969 et le 8 mai 1970 (et est sorti en juillet de la même année, 5 mois après Morrison Hotel). Il n'est pas précisé où furent enregistrés tel ou tel morceau, de quels concerts ils proviennent, car ce qu'il faut savoir, c'est que ce live est un assemblage. Parfois, sur un seul et même morceau (les plus longs, gageons), on a des passages issus de plusieurs concerts. Apparemment, le mixage/montage, en studio, par le producteur du groupe, Paul A. Rothchild (qui produit ici son dernier album du groupe, je ne compte pas le best-of 13 qui sortira encore plus tardivement en 1970), fut difficile, un travail de longue haleine et particulièrement chiant. On peut le comprendre : ce live est un vrai puzzle musical, même si, à l'écoute, ça ne se ressent pas.

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Absolutely Live est un live très rock, les Doors y sont à leur plus grand niveau de tension ici. Morrison ne peut s'empêcher, de temps à autre, d'éructer (le terme n'est pas trop fort, pour le coup) des déclamations plus ou moins poétiques : Dead Cats, Dead Rats, Petition The Lord With Prayer, il semble assez bourré sur ces courts morceaux. Le groupe, ici, nous offre (et cet album est le seul de la discographie du groupe à proposer ça) la fameuse suite The Celebration Of The Lizard qui, à la base, aurait du occuper une face entière du troisième album en 1968 - qui se serait appelé ainsi par ailleurs - mais fut au dernier moment viré du tracklisting. Un grand moment qui dure 14 minutes passionnantes, à la fois déclamatoires et chantées (Not To Touch The Earth, unique passage de la suite qui finira sur l'album de 1968, et sur un album studio du groupe en général, morceau dont le titre est directement tiré du Rameau D'Or de Frazer que je suis en train (d'essayer) de lire en ce moment, vous dire si je m'amuse, y est à tomber). On trouve aussi, sur ce live, un When The Music's Over de 16 minutes, un Break On Through (To The Other Side) bien efficace, un Who Do You Love (reprise de Bo Diddley) génial en intro, et une particularité : un morceau interprété par le claviériste, Ray Manzarek, Close To You (une reprise de Willie Dixon). A noter que sur la réédition CD du live, du moins une des rééditions en 1991, baptisée In Concert et offrant, sur un second disque, des morceaux issus de l'EP live Alive She Cried de 1983 et divers extraits d'autres concerts, ce morceau sera retiré du CD d'Absolutely Live et proposé sur le second disque. On trouve aussi, sur Absolutely Live, des morceaux inédits (Build Me A Woman, Universal Mind, le court Love Hides), Soul Kitchen, un Five To One totalement déglingué...La qualité sonore est excellente, l'ambiance est survoltée, il est fait allusion à au moins deux reprises au fameux incident de Miami (Morrison aurait montré sa bibite sur scène, fut arrêté pour exhibition), notamment dans son prologue pour annoncer que Manzarek va chanter Close To You, où il dit, grosso modo (et en anglais, évidemment, sur le disque) : et maintenant, une petite surprise rien que pour vous... [clameurs du public] Non ! Non, non, pas ça, non...la dernière fois que je l'ai fait, les femmes ont hurlé, les mecs ont chialé, la police est intervenue...Il perdait pas l'humour, le Jimbo. Il a moins rigolé en voyant la pochette, qui le montre, en 1968 (sur la scène du Hollywood Bowl), en surimpression sur la photo bleutée du groupe sur scène qui, à la base, devait être la pochette définitive. Il n'a absolument pas apprécié qu'Elektra Records, qui trouvait que la photo bleutée seule n'était pas accrocheuse, ait rajouté cette photo de lui, physiquement très éloignée de son look d'alors (barbu, et il ne portait plus de tenues de cuir), en surimpression... Bah, elle est pas mal, cette pochette, je trouve...

FACE A

House Annoncer

Who Do You Love

Alabama Song

Back Door Man

Love Hides

Five To One

FACE B

Build Me A Woman

When The Music's Over

FACE C

Close To You

Universal Mind

Petition The Lord With Prayer

Dead Cats, Dead Rats

Break On Through (To The Other Side)

FACE D

Celebration Of The Lizard :

a) Lions In The Street

b) Wake Up

c) A Little Game

d) The Hill Dwellers

e) Not To Touch The Earth

f) Names Of The Kingdom

g) The Palace Of Exile

Soul Kitchen