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Quatrième album de Blur, The Great Escape date de 1995. Faisant suite au succès de Parklife (1994), ce fut un disque très attendu. Il est sorti la même année que le (What's The Story) Morning Glory ? de Oasis, album qui cartonnera très fort (plus que le Blur). Si l'année 1994 fut remportée par Blur en ce qui concerne les ventes d'albums, l'année 1995, elle, fut remportée haut la main par les frangins Gallagher (malgré que Blur ait réussi à faire mieux, en terme de singles, avec Country House). La guéguerre entre les deux groupes atteindra son apogée avec la fameuse déclaration de Noel Gallagher affirmant qu'il aimerait que le chanteur de Blur crève du sida. Ambiance. Heureusement pour Blur, si l'année 1995 fut duraille, la suite sera meilleure : 1997, les deux groupes sortent chacun un album, et si celui de Blur (l'éponyme) est superbe, celui d'Oasis (Be Here Now) est à chier, et la suite, pour les jus de fruits, sera embarrassante. Pas pour Blur. Mais revenons à 1995 pour le moment.

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The Great Escape, avec sa très belle pochette (petit gag dans le livret dépliant : un zoli requin blanc se cache dans les profondeurs...), tire notamment son nom d'un film avec Steve McQueen, et mérite d'ailleurs bien son nom. Pas dans le sens 'le groupe s'évade vers de nouveaux horizons musicaux', mais dans le sens 'le groupe fuit ses responsabilités après un succès commercial et critique apparemment trop lourd à porter'. Oui, The Great Escape est un album sans relief, sans éclat. Pas nul (je ne pense pas que Blur ait sorti un seul MAUVAIS album), mais franchement leur moins réussi. D'ailleurs, en 2007, Damon Albarn dira qu'il considère The Great Escape comme le plus mauvais Blur avec Leisure (le premier album du groupe).

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L'album a apparemment été conçu comme un album conceptuel autour de la solitude, et pas mal de titres, selon Albarn, font référence à la vie d'Albarn lui-même (d'ailleurs, Dan Abnormal, une des chansons de l'album, est un anagramme de Damon Albarn). Possédant plusieurs chansons qui marcheront fort en singles (Country House qui fera mieux que le Roll With It des Oasis, The Universal, Stereotypes, Charmless Man), l'album offre aussi, dans sa version vendue en France, une reprise du superbe To The End (album précédent), ici interprétée en duo avec Françoise Hardy : To The End (La Comédie), une bonne reprise. Les singles, notamment Country House et The Universal, sont très bons. Mais dans l'ensemble, The Great Escape contient trop de chansons anodines, sans intérêt majeur, comme Yuko & Hiro, Ernold Same, Dan Abnormal, He Thought Of Cars (quel titre de chanson à la con), Top Man ou Mr Robinson's Quango. J'avoue cependant aimer Entertain Me, sans doute ma préférée ici. Mais l'album, d'une durée de 57 minutes, est vraiment plus qu'inégal.

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L'album aura beau être triple disque de platine et recevoir de bonnes critiques, il aura beau se vendre comme des petits pains et offrir de belles chansons en singles, il n'en demeure pas moins horriblement décevant si on le compare à Parklife, ou aux suivants (Blur, 13 très expérimental, Think Tank). Bref, pour moi, The Great Escape échoue là où Parklife avait totalement réussi. Définitivement, si entre Oasis et Blur c'est Blur qui est le plus talentueux des deux groupe, l'année 1995 sera, elle, l'année Oasis. Blur aura essayé, mais face à (What's The Story) Morning Glory ?, rien à faire, sauf prier que le disque suivant d'Oasis se rate ; et Dieu aura entendu les prières de la bande à Albarn, apparemment (voir le début d'article pour mémoire) !

Sterotypes

Country House

Best Days

Charmless Man

Fade Away

Top Man

The Universal

Mr Robinson's Quango

He Thought Of Cars

It Could Be You

Ernold Same

Globe Alone

Dan Abnormal

Entertain Me

Yuko & Hiro

To The End (La Comédie)