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Ce disque, je le voulais en vinyle, d'époque qui plus est. Pas parce que je suis fan de Johnny Winter, parce que je dois dire que tout en aimant beaucoup ce musicien, je n'en suis pas fanatique non plus, je n'ai pas tout de lui, loin de là, et ce que je ne possède pas de lui n'est pas une priorité pour moi. Ni parce que la pochette me plaisait tellement que je la voulais en vinyle. Elle est pas mal, cette pochette, c'est même une des plus belles de la discographie de Johnny Hiver (dans un sens, ça veut tout dire, vu ce que ce que vais préciser une fois que cette conne de pensée entre parenthèses aura bien la gentillesse de se terminer), mais elle n'est pas splendide non plus. J'aime bien ses teintes bleu hiver, mais ça s'arrête là. Ce n'est pas non plus parce que c'est le sommet de Winter (ce qui, pourtant, est le cas, c'est sans doute son sommet), même si ça a joué, je ne dirai pas le contraire. Mais c'est parce que c'est un disque à trois faces. Oui, z'avez bien lu. Second Winter, sorti en 1969, deuxième album de Johnny Winter le bluesman albinos, est constitué de deux galettes vinyles, mais ses 11 titres sont répartis sur trois faces. La dernière face, il n'y à rien dessus, étiquette blanche, cire vinyle lisse, sans sillons. Vous pouvez y mettre les doigts, le nez, la langue, le zboubinet, bande de petits dégueulasses, ça n'abîmera pas la musique dessus, y'en à pas (mais ça laissera des traces, donc abstenez-vous, OK ? Vous pourrez le faire ?). Cet album, sur lequel joue notamment le petit frangin de Johnny, Edgar, au saxophone, est donc un album au format un peu particulier.

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Ce format double vinyle avec seulement 3 faces de comblées, maintenant, c'est devenu moins rare : on trouve des albums qui, lors de leur édition vinyle (je parle d'albums récents, pas de rééditions), sont pressés sur 3 faces parce qu'ils sont trop longs pour tenir sur deux faces, mais pas assez pour que ça tiennent sur quatre faces (ou alors, c'est du gâchis de vinyle avec genre moins de 10 minutes par face). Winter, lui, à l'époque, s'est retrouvé, et il le dit dans les notes de pochette, avec suffisamment de matos pour un album simple, mais pas assez pour un double, et comme il n'avait pas envie de serrer les sillons à mort (au risque d'atténuer la qualité sonore), ni de retirer des morceaux, ni d'en composer d'autres au risque de faire de la merde (car ça aurait été des morceaux écrits à la va-vite), il a opté pour cette solution.

La chose marrante ? L'album dure 47 minutes.

Il n'est pas rare de trouver des vinyles simples, de cette époque ou équivalent, qui soient aussi longs (Abbey Road), voire plus longs (Then Play On de Fleetwood Mac dure 7 minutes de plus). Et leur qualité audio est parfaite. Bref, Winter aurait pu, je pense, tout caser sur un seul disque. Mais on s'en fout, sauf qu'un pressage d'époque de cet album peut coûter cher (et que sa réédition vinyle n'est pas donnée aussi). Je rassure les pingres ou ceux qui n'ont pas de platine : le CD est, lui, vendu à un prix scandaleusement faible...et est simple, évidemment. 

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Et il vaut quoi, ce disque ? Si vous êtes attentifs, vous avez eu la réponse dans le premier paragraphe. Cet album est probablement le meilleur du bonhomme, lequel a tout de même sorti quelques très très bons disques comme Johnny Winter And, John Dawson Winter III ou Nothin' But The Blues, sans parler de ses albums live (Captured Live ! bon Dieu...). Mais Second Winter est un régal de blues-rock absolument dantesque, de Memory Pain à Fast Life Rider, il offre des reprises absolument mémorables du Johnny B. Goode de Chuck Berry, du Highway 61 Revisited de Dylan, de Slippin' And Slidin' de Little Richard (du moins, il me semble que cette dernière est de lui), bref, des standards absolus. La chanson de Dylan, en live, sera un cheval de bataille absolu pour l'albinos. Parmi les morceaux de choix, je suis particulièrement fan de I'm Not Sure, je trouve que ce morceau, avec sa guitare sublime, possède une atmosphère bien à lui. Mais pour être honnête, rien, des 11 titres, n'est à jeter ici, on écoute tout avec une passion totale, les trois faces, qui font un gros quart d'heure chacune, passent comme des recommandés postaux. Dans le genre, Second Winter est un jalon, un maître, et sa structure inhabituelle (vraiment, c'est à la base rien que pour ça que je le voulais en vinyle, même si, évidemment, le contenu musical compte beaucoup) le rend encore plus culte, si on peut dire. Je ne veux pas dire que sur un seul vinyle, ça aurait été différent, car le contenu musical aurait été le même (mais sans doute pas dans le même ordre qu'ici) évidemment, mais ça rajoute un petit quelque chose à un album déjà parfait. Essentiel !

FACE A

Memory Pain

I'm Not Sure

The Good Love

FACE B

Slippin' And Slidin'

Miss Ann

Johnny B. Goode

Highway 61 Revisited

FACE C

I Love Everybody

Hustled Down In Texas

I Hate Everybody

Fast Life Rider

FACE D

Bah, rien