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Osons le dire : Brian Wilson n'est pas indispensable aux Beach Boys. [ici, insérer hurlements de fureur de la part des fans et, d'une manière générale, murmures outrés en provenance du public] Bah oui, j'ai osé le dire. Et ma preuve pour étayer cette déclaration Paul et Mick ? Cet album, Holland, 19ème opus studio des Biche Bois, sorti en 1973, enregistré dans l'autre pays du fromage (c'est à dire les Pays-Bas, donc la Hollande, ce qui explique évidemment son titre, hein ?), et deuxième des deux albums du groupe, après Carl And The Passions - "So Tough" de 1972, avec le batteur Ricky Fataar et le guitariste/bassiste/chanteur Blondie Chaplin, deux musiciens sud-africains recrutés pour pallier à quelques soucis internes (blessure à la main de Dennis Wilson, batteur du groupe, et, d'une manière générale, abandon progressif de la part de Brian Wilson). Pour Holland tout comme pour le précédent opus que je viens de citer (et que j'ai abordé ici récemment), Brian Wilson est pour ainsi dire aux abonnés absents. Il produisait le premier album de Spring, groupe vocal mené par sa femme Marilyn, et surtout, son esprit continuait à battre la campagne à point tel qu'il ne suçait plus la glace, il refroidissait le feu, carrément. Dans pas longtemps, il allait carrément tomber sous la coupe du psychiatre Eugene Landy, qui deviendrait pour lui une sorte de gourou/mécène/producteur. Les autres Beach Boys, encore au complet (Carl et Dennis Wilson, Mike don't fuck with the formula Love et Al Jardine), plus les deux rajouts, avaient donc de quoi se faire du mouron quant à leur whiz kid de poche. Qui n'a pas foutu grand chose ici, donc, et pourtant, Holland est immense. Voilà ma preuve.

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Verso de pochette

Carl And The Passions - "So Tough", disque de blues/blue eyed soul assez étonnant de la part des Beach Boys (et qui était, qui plus est, commercialisé en double album avec Pet Sounds en guie de second disque ; uniquement aux USA, cependant, car dans le reste du monde il sortit en version simple), n'avait pas été un immense succès commercial. Et il fut diversement accueilli, généralement d'un what the fuck interloqué. Inutile de dire donc que son successeur, qui fut enregistré en 1972 à Baambrugge et sortit sous une sublime pochette montrant, en inversé, une réflection dans l'eau d'une péniche au bord d'un port, n'était pas spécialement attendu comme le Messie. Mais si le succès commercial ne fut pas immense, Holland a tout de même été super bien accueilli par la presse, comme quoi, y'à pas que la merde qui arrive malgré le fameux slogan. Aujourd'hui encore, on parle de ce disque comme d'un des meilleurs, des tous meilleurs du groupe, à ranger aux côtés de Surf's Up, Love You, Sunflower et de l'inévitable Pet Sounds, et voilà, vous avez un Top 5 (pas dans l'ordre chronologique, ni dans l'ordre de réussite ; dans aucun ordre, en fait) des meilleurs albums des Junge der Strand (pardonnez mon allemand que je ne parle pas). Ce disque est sorti sous une forme particulière : un album de 9 titres (d'environ 34/35 minutes) et un EP de 6 titres, au format 45-tours mais écoutable à la vitesse 33-tours, de 12/13 minutes environ. Le tout dure environ 48 minutes, pour 15 titres, l'ensemble a été réédité tel quel en CD, d'ailleurs l'EP est crédité comme étant les faces C et D et est crédité sur la pochette. Trouver un exemplaire vinyle d'époque de Holland sans l'EP est bien triste, ce n'est heureusement pas mon cas, mon exemplaire possédant l'EP bonus. Qui s'appelle Mount Vernon And Fairway (A Fairy Tale) et a été composé par Brian Wilson.

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Pochette de l'EP bonus

Si l'EP est un salmigondis assez con mais plaisant d'histoire abracadabrantesque mettant en scène, notamment, un transistor magique et un narrateur, il n'améliore pas l'album en général qui n'a pas besoin de lui pour faire date. Holland est, en dépit de cet EP bonus cependant assez attachant, une réussite totale qui, de Sail On, Sailor (chanté par Blondie Chaplin) à Funky Pretty, régale l'auditeur de belles mélodies, de chansons inoubliables (voir l'autre chanson chantée par Chaplin - et Fataar -, Leaving This Town), telles The Trader ou la suite de trois morceaux intitulée California. Interprétées par Dennis, Carl, Mike, Al ou Blondie et Ricky (mais pas par Brian, royalement absent de l'album), ces neuf chansons sont toutes aussi réussies les unes que les autres, mention ultra spéciale à Sail On, Sailor, The Trader et Leaving This Town. Apparemment enregistré dans des conditions difficiles (des problèmes de tension, et je ne parle pas seulement de tensions internes, mais aussi de simple tension électrique, de courant quoi, ont fait que l'album a parfois été pénible à enregistrer), ça ne se ressent cependant pas du tout à l'écoute. Tout au plus se dit-on, en écoutant la suite Mount Vernon And Fairway qui achève l'ensemble, que cette participation de Brian Wilson à Holland n'était peut-être pas indispensable... Mais l'album reste ce qu'il est, un monument de soft-rock 70's.

FACE A

Sail On, Sailor

Steamboat

California Saga : Big Sur

California Saga : The Beaks Of Eagles

California Saga : California

FACE B

The Trader

Leaving This Town

Only With You

Funky Pretty

The Mount Vernon And Fairway (A Fairy Tale) EP

FACE A

Mt Vernon And Fairway (Theme)

I'm The Pied Piper (Instrumental)

Better Get Back In Bed

Magic Transistor Radio

FACE B

I'm The Pied Piper

Radio King Dom