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Allez, un peu de soul, ça manquait au blog (non pas qu'il n'y ait pas d'albums de soul sur le blog, au contraire ; et cet article est une refonte, l'album en question avait déjà été abordé il y à 10 ans ; mais ça faisait un moment, il me semble, que l'on n'en avait pas parlé, de soul, non ?). Et quoi de mieux pour ça que de parler d'un des chefs d'oeuvres du genre, d'un des meilleurs albums live du genre (et d'un des meilleurs albums live en général, en fait ; oui oui, je vais jusque là, pour vous dire !) ? Je ne sais pas si vous connaissez Donny Hathaway, mais si ce n'est pas le cas, soyez heureux, car ce live va vous permettre de découvrir un des meilleurs représentants de la soul. Un représentant qui n'aura pas représenté longtemps, malheureusement : né en 1945, il est hélas mort en 1973, il n'avait que 33 ans. Il a été retrouvé mort au pied de son immeuble, après avoir sauté de la fenêtre du 15ème étage. Aucune trace de lutte, il s'agirait apparemment d'un suicide. Comme il souffrait de petits problèmes mentaux (il avait été diagnostiqué schizophrène paranoïaque en 1971...), cette fin tragique n'est hélas pas surprenante... Hathaway, aussi claviériste, aura eu le temps, entre 1970 et 1973 (il est mort en janvier), de sortir trois albums studio et un live. En 1973 sortira Extensions Of A Man, remarquable album à pochette blanche, sorti un peu moins de si mois après sa mort. 

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En février 1972, Hathaway (dont la fille, Lala, aussi chanteuse, rendra hommage en 2015 en sortant elle aussi un Live dont la pochette s'inspire de celle de son père) sort donc son live, qui s'appelle Live. Ce live, à la qualité audio remarquable, a été enregistré en deux endroits différents : le Troubadour (un club) de Hollywood les 24 au 30 août et le Bitter End (un autre club) de New York le 7 octobre, en 1971 dans les deux cas. 8 titres parsèment de live dont la seule chose de négative à dire concerne sa durée : il n'est que simple, ce qui, je l'ai déjà dit (au point d'en être sans doute un peu chiant), pour un live, est presque synonyme de défaite. Mais bon, on va se consoler : Live ne dure pas une petite demi-heure frustrante (comme le Live At The Apollo de James Brown), mais presque le maximum de contenante d'un vinyle : 52 minutes. Hathaway (chant, claviers) est entouré de Willie Weeks (basse), Fred White (batterie), Earl DeRouen (congas), Mike Howard (guitare rythmique), Phil Upchurch (guitae principale sur la face A) et Cornell Dupree (même chose que Upchurch, mais pour la face B). L'album est produit par Arif Mardin (face A) et Arif Mardin et Jerry Wexley (face B). Parmi les morceaux présents ici, on trouve trois reprises de classiques modernes, dirons-nous, et qui tapent un peu partout, ce n'est pas, à la base, que de la soul. Même si ces reprises sont à la sauce soul, évidemment.

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Ces reprises sont d'abord What's Going On de Marvin Gaye (là, c'est de la soul à la base, on est d'accord), chanson qui date de 1971, Hathaway n'a pas perdu de temps, les concerts de ce Live datant de 1971 aussi, pour la reprendre. Ce classique instantané est aussi beau dans cette version Hathaway que dans la version originale du grand Gaye, et elle ouvre à merveille l'album. You've Got A Friend, ensuite, en fin de la face A, est une reprise de Carole King, fameuse chanteuse (et à la base, surtout auteure de chansons, pour Aretha Franklin notamment) de folk. Une pure merveille, et je préfère cette version à l'originale, ça peut sembler hérétique, mais j'assume. Et je ne suis pas loin de penser la même chose pour la dernière reprise, Jealous Guy de John Lennon, située en avant-dernière position sur l'album. Cette chanson sera aussi reprise par Roxy Music en 1982 (et c'est, là aussi c'est hérétique mais j'assume, cette reprise de Roxy que je préfère, mais j'adore la chanson, quelle que soit la version). Les autres chansons sont des morceaux originaux signés Hathaway ou de ses musiciens (Earl DeRouen), on ne peut pas passer sous silence cette version de presque 14 minutes de Voices Inside (Everything Is Everything) qui achève le disque, ou les 12 minutes hallucinantes de The Ghetto, sur la face A, deux grands moments qui à eux seuls non seulement représentent la moitié de l'album en durée, mais en sont la raison principale pour l'acheter. Et comme tout, sans exception, est parfait sur ce Live, vous l'avez compris, c'est une acquisition recommandée à tout amateur de soul music !

FACE A

What's Going On

The Ghetto

Hey Girl

You've Got A Friend

FACE B

Little Ghetto Boy

We're Still Friends

Jealous Guy

Voices Inside (Everything Is Everything)