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Quatrième album des Talking Heads et dernier à être produit par Brian Eno (qui a produit aussi les deux précédents, More Songs About Buildings And Food, que j'aborderai prochainement ici, et Fear Of Music, déjà abordé), Remain In Light date de 1980. A noter, l'extrême stupidité de l'agencement des faces du vinyle : l'album dure un peu moins de 40 minutes, et on aurait facilement pu mettre Once In A Lifetime en fin de face A (ce qui aurait fait 4 titres par face). Mais non, la face A ne contient que 3 titres, et est donc nettement plus courte. Pareille stupidité est aussi arrivée au Nebraska de Springsteen, pour ne citer que lui...Bon, sinon, le groupe est toujours constitué des mêmes musikos, à savoir David Byrne (chant, guitare, et quelques claviers et basse), Tina Weymouth (basse, claviers, choeurs), Jerry Harrison (guitare, claviers, choeurs) et Chris Frantz (batterie, percussions, choeurs, claviers). Brian Eno, tout en produisant, tient aussi des claviers, basse et percussions. Adrian Belew, autre invité, tient la guitare (il rejoindra Discipline, groupe de Robert Fripp, Bill Bruford et Tony Levin, qui sera renommé King Crimson, en 1980-81), Robert Palmer, encore un guest, fait des percussions, Jon Hassell tient les cuivres sur Houses In Motion.

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Tina Weymouth et Adrian Belew

Remain In Light, avec sa fameuse pochette montrant les Heads aux visages pixellisés et colorés de rouge (pochette moche, mais culte), est souvent considéré comme le sommet du groupe. Bon. Je dois dire que cet album est franchement immense, fondamental, une réussite absolue mélangeant sonorités new-waves et synthétiques à des rythmes world, africains notamment (Born Under Punches (The Heat Goes On) en est un bon exemple). Cependant, Remain In Light, avec son enculade de classiques (le titre que je viens de citer, Once In A Lifetime, Houses In Motion, Crosseyed And Painless, The Great Curve - soit 5 titres sur les 8 de l'album !), n'est pas, selon moi, le sommet du groupe. Fear Of Music, l'album précédent, plus sombre et expérimental, et déjà fortement influencé world (I Zimbra), est supérieur. Mais ça ne veut pas dire que Remain In Light ne vaut rien, oh que non, c'est le second meilleur album du groupe (et le troisième est 77 - leur premier album - selon moi).

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Rempli de hits, magnifiquement accueilli à sa sortie, album fantastique et déroutant qui marquera plus ou moins la fin du groupe (une dizaine d'année plus tard, ceci dit) à cause des brouilles entre Eno et Byrne d'un côté, et Weymouth et Frantz de l'autre (Harrison, bonne pâte, en médiateur d'accord avec tout le monde), Remain In Light est un des disques cruciaux des années 80. Album charnière qui mélange world music, post-punk, rock et new-wave, c'est une réussite majeure, mais selon moi, Fear Of Music reste supérieur, car plus sombre.

FACE A

Born Under Punches (The Heat Goes On)

Crosseyed And Painless

The Great Curve

FACE B

Once In A Lifetime

Houses In Motion

Seen And Not Seen

Listening Wind

The Overload