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Ne cherchez pas une édition CD de cet album des Simple Minds : tel quel, sous cette pochette, avec ce tracklisting de 7 titres, il n'existe probablement pas, officiellement du moins, et dans le cas où il existerait de manière officielle, ça ne serait que par le biais d'un coffret, pas séparément. Cet album est la seconde partie de Sons And Fascination, album que le groupe a publié en 1981 (et que j'ai réabordé tout à l'heure). Les versions CD de Sons And Fascination proposent, sur le même disque, ce Sister Feelings Call. Pourquoi avoir proposé cet album au demeurant assez court (dans les 35 minutes) en complément du précédent opus, pour le transfert en CD ? Tout simplement parce que ce disque, quasiment un EP, a été conçu comme le complément de Sons And Fascination, tout nous ramène au précédent disque ici : la pochette, très similaire en dépit du code de couleurs différent ; le titre de l'album (le titre Sister Feelings Call est issu des paroles de la chanson Sons And Fascination, présente sur le précédent opus), et les titres de deux morceaux. Sans oublier évidemment la production, le style, en tous points similaires, tout au plus ce deuxième volet est-il un peu moins commercial. On notera que la première édition CD ne proposait pas les deux derniers titres de Sister Feelings Call, mais c'est désormais le cas avec le remaster de 2002. 

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Sans doute est-ce pour ça qu'en CD, on n'a pas proposé, officiellement du moins, Sister Feelings Call séparément. Si on met de côté les deux premiers titres (l'instrumental saisissant Theme From Great Cities et le petit hit The American, que le groupe n'a jamais cessé de jouer live, je parle des deux morceaux, pas que de The American), rien, ici, n'est propice à monter dans les charts. La face B, notamment, est assez complexe, expérimentale (rien de comparable, cependant, avec Real To Real Cacophony, le deuxième album des Minds, sorti en 1979, sans doute le moins accessible au néophyte, mais un des meilleurs aussi, probablement), avec ces morceaux assez étranges, de la nw-wave quasi cold/arty, ces League Of Nations, Careful In Career, et cette version instrumentale de 70 Cities As Love Brings The Fall (un morceau du précédent opus) : Sound In 70 Cities. Très sympa, cette version instrumentale, mais un peu remplissage éhonté, surtout que cet album ne contient que 7 titres, pour 35 ou 36 minutes, et qu'on trouve déjà un instrumental en ouverture (mais quel instrumental, ceci dit !).

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Sister Feelings Call est un bon album (ou EP ?), mais clairement pas aussi grandiose que son glorieux prédécesseur, malgré la présence de trois morceaux vraiment exceptionnels (ceux de la face A, tout simplement). La face B est, elle, assez inégale, en tout cas nettement moins bonne que la face A, et on a vraiment plus l'impression d'un complément, d'un accessoire pour Sons Of Fascination, que d'un album digne de ce nom. La suite de la carrière des Minds allait être des plus imposantes, le succès arrive en effet avec cette paire d'albums de 1981 et ne les lâchera plus pendant toute une décennie 80 cartonneuse (des tubes tels que Glittering Prize, Waterfront, Don't You (Forget About Me), Alive And Kicking, Mandela Day...). Avec ce doublé d'albums sortis en même temps, les Simple Minds passent de la new-wave arty des débuts à la new-wave pop et commerciale, un doublé de transition qui réussit parfaitement son office. Bien que moins réussi que le précédent opus sorti en même temps, ce petit disque bleu est très conseillé, rien que pour ses trois premiers morceaux. Theme From Great Cities est un des meilleurs instrumentaux qui soient, tout simplement !

FACE A

Theme For Great Cities

The American

20th Century Promised Land

FACE B

Wonderful In Young Life

League Of Nations

Careful In Career

Sound In 70 Cities