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On va reparler un peu (j'avais réabordé leur best-seller Hysteria ici il y à quelques semaines) de Def Leppard le temps de cet album, et après, franchement, je pense que je laisserai ce groupe tomber dans l'oubli du blog, lentement, doucement, mais fermement. Le groupe a donc connu le succès, un succès prodigieux (plusieurs millions d'exemplaires vendus à travers le monde, plus de la moitié de l'album est sorti en single, voire même tout le disque si on compte aussi les faces B), avec Hysteria, en 1987, album surproduit, gigantesque, éléphantesque même (une bonne heure de musique), qui semble avoir été enregistré au sein de la station spatiale internationale tellement il sonne futuriste et venu d'ailleurs. Produit par Robert John ''Mutt'' Lange, l'album était le premier du groupe en l'espace de 4 ans (depuis Pyromania en 1983, très très bon), et pendant ce temps, le groupe ne s'est pas rentré et sorti les doigts du derche en glapissant que ça faisait du bien, mais a patiemment attendu que leur batteur, victime d'un accident de la route ayant entraîné la perte d'un de ses bras, se remette (et qu'on lui fabrique un kit de batterie mi-électronique adapté à son handicap), sympa, les mecs. D'autres auraient pu lui dire on t'aime bien, mais tu ne peux plus jouer, on va te remplacer par quelqu'un d'autre (ou auraient pu le remplacer par...personne, juste une boîte à rythmes), ce qui aurait été dégueulasse mais c'est sûrement déjà vu, vous inquiétez pas pour ça. Le groupe a attendu, et enregistré, lentement mais sûrement, ce qui à l'arrivée est un exploit, un triomphe de la volonté, du sur-hard-FM calibré à mort, certes, un peu caricatural, certes, un peu longuet, certes (comme je l'avais dit, au moins deux chansons ne sont pas bonnes et l'album serait mieux sans elles), mais ultra jouissif, si. En tout cas, pour moi, ça l'est !

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On attendra, dès lors, le successeur avec une impatience d'une force prodigieuse. Il se fera attendre pendant...5 ans. C'est en effet en 1992 que sortira Adrenalize, le disque suivant du groupe. Coproduit par le groupe et Mike Shipley, il a été précédé d'un drame : Steve Clark, guitariste principal du groupe, décède, d'une overdose de médocs et d'alcool, en 1991. Il a cependant participé à l'écriture des morceaux, et doit jouer sur certains titres (la conception et l'enregistrement se fait entre 1988 et 1992), mais en majeure, très majeure partie, l'album a été fait par le groupe réduit à quatre membres, ils n'ont pas voulu recruter un remplaçant, par respect pour leur pote. Ah, les Léopards Sourds, ils ne sont pas des salopiauds, quoi qu'on en dise. Il n'en demeure pas moins que malgré ça, Adrenalize est une sombre merde. Heureusement, le supplice de l'écoute est court : 45 minutes seulement. Une durée qui, d'ailleurs, à de quoi étonner après les 62 minutes d'Hysteria. On se serait attendu à un album au moins aussi long, surtout que le principe de ce successeur est, justement, de faire aussi bien, voire mieux, dans le même genre hard-FM en surmultipliée. Pour tout dire : pendant longtemps, au moins 7 ou 8 ans, je n'ai pas écouté ce disque (que j'avais abordé ici en 2009 à la base), je n'en ressentais vraiment pas le besoin ni l'envie, tellement j'avais été douché quand je l'avais écouté, peu de temps après Hysteria (né en 1982, je n'ai évidemment pas découvert Hysteria à sa sortie, et j'avais 10 ans quand Adrenalize est sorti ; j'ai dû découvrir ces deux albums vers 1996 environ). Un jour, je l'ai fait (l'an dernier), et quelle ne fut pas ma surprise de constater la durée de l'album ! Pour une raison idiote, je pensais, car je ne m'en souvenais plus du tout, de son contenu, que l'album dépassait l'heure de musique. L'époque le voulait (l'année d'avant, les Guns'n'Roses faisaient les deux volumes, de 76 minutes chacun, de Use Your Illusion), le style du groupe aussi... En le mettant, avant de le lancer, je vois le minutage 45 minutes, bordel à cul de castor endimanché...qui m'a volé la moitié du disque ?

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Pub d'époque

Ben non, c'est la durée de l'album (certaines éditions offrent deux bonus-tracks, faisant passer le tout à 54 minutes ; l'édition japonaise, précisément), 45 minutes pour 10 titres. Vendu à 7 millions d'exemplaires à l'époque, Adrenalize (je ne m'explique pas ce colossal, mais tout de même moins que le précédent opus, succès), sera l'écrin de 7 singles, bordel à queue d'ornithorynque mauve à pois verts. La production est éreintante, les chansons se suivent, se ressemblent, Let's Get Rocked, Make Love Like A Man, Tonight, I Wanna Touch U... Autant le précédent album, malgré deux chansons (Excitable et Run Riot), était excellent et jubilatoire, autant, ici, c'est ennuyant, raté, fadasse, caricatural à mort. C'est clairement l'exemple, aussi, du groupe qui a voulu récidiver un coup d'éclat quasiment impossible à refaire, et qui se vautre aussi lamentablement que prévu (et ici on rajoute une touche de drame avec le décès d'un des membres avant la sortie de l'album). Bref, à oublier totalement ! D'ailleurs, on parlait de quoi, là ? M'en souviens plus...

Let's Get Rocked

Heaven Is

Make Love Like A Man

Tonight

White Lightning

Stand Up (Kick Love Into Motion)

Personal Property

Have You Ever Needed Someone So Bad

I Wanna Touch U

Tear It Down