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OK, let's go reparler de Bob Marley & The Wailers !! MaxRSS en avait fait quelques chroniques (albums, Track-by-Track) il y à plusieurs mois, dès son arrivée sur le blog en fait, cet artiste, ce groupe, lui tiennent à coeur. A moi aussi. Sans être un guedin absolu de reggae, j'adore les albums de Bob Marley, l'empereur de ce genre musical, ainsi que plusieurs albums d'autres artistes (War Ina Babylon de Max Romeo & The Upsetters, la bande originale du film The Harder They Come, Equal Rights de Peter Tosh, Marcus Garvey de Burning Spear, et l'album de Culture de 1977, celui avec Two Sevens Clash, je ne sais plus son titre, il se peut que ça soit justement celui de la chanson). Et concernant les albums de Robert Nesta Marley, je dois dire que j'ai une énorme préférence (tout en aimant tout ce qu'il a fait de 1973 à 1980, l'album Kaya excepté, celui-là, j'ai du mal) pour quatre albums : ses deux lives, déjà (Live ! At The Lyceum de 1975, le double Babylon By Bus de 1978), et deux albums studio : Exodus (1977) et cet album-ci, sorti en 1979 : Survival. Celui-ci, sous sa pochette bariolée représentant un assortiment de drapeaux de nations africaines et symbolisant aussi la traite des Noirs et l'esclavagisme (au niveau du titre de l'album, on trouve un dessin représentant des humains alignés les uns à côté des autres comme des sardines dans une boîte, c'est ainsi que les négriers "stockaient" leur malheureuse marchandise dans les cales de leurs bateaux afin d'optimiser au mieux l'espace ; voir par exemple le film Amistad de Spielberg), est assurément un de ses meilleurs (Exodus aussi).

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Verso de pochette

En fait, vu la parenthèse qui vient de fermer le précédent paragraphe, je dois dire qu'Exodus est probablement le meilleur de Marley, meilleur que les autres albums et que, donc, Survival, mais ce dernier arrive, dans ce cas, juste derrière. Sorti donc en 1979, cet album est l'avant-dernier sorti du vivant de Marley, et il fait suite au live Babylon By Bus (et niveau albums studio, à Kaya ; les deux albums datent de 1978). Ce disque, extrêmement engagé, politisé (son plus engagé, probablement, au final ; il devait s'appeler Black Survival à la base, mais le premier mot sera retiré pour éviter d'inutiles amalgames), Marley l'a conçu après un voyage qu'il a effectué en 1978 et dont il rêvait depuis des années : aller en Ethiopie, le pays d'Hailé Sélassié, le pays d'origine des rastas (Ras Tafari est le vrai nom de celui qui, sous le nom d'Hailé Sélassié, gouverna longtemps le pays et que les rastas vénèrent en dieu), la Zion, la terre promise. Ce voyage l'a bouleversé, et il a conçu, à son retour, un disque entièrement dédié à la cause africaine. Il l'a enregistré à Kingston, Jamaïque, dans ses nouveaux studios Tuff Gong, c'est son premier album enregistré chez lui depuis Rastaman Vibration en 1976. Enregistrement difficile, Marley irritable, fatigué, voulant, exigeant du nouveau producteur (Alex Sadkin ; on en a parlé ici récemment, c'est lui qui a coproduit le Agent Provocateur de Foreigner, les mecs), que tout l'album sonne comme du Stevie Wonder. Curieuse exigence, mais on sent qu'en effet, Bob veut toucher le plus de monde possible, qu'il ne veut pas cantonner Survival aux fans de reggae, genre musical alors à la mode (tout le monde s'y met ; la même année, en France, Gainsbourg fait Aux Armes Et Cetera, Lavilliers, l'année suivante, fera Stand The Ghetto), mais tout de même, comme le punk-rock et l'ambient, un genre musical de niche. 

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L'album, tout du long de ses très denses 38 minutes, aligne 10 chansons qui, toutes ou presque, sont des sommets. On a même une chanson qui faillit, je crois, devenir l'hymne du Zimbabwe, Zimbabwe, justement, qui sera en tout cas l'hymne des rebelles de la Rhodésie du sud. Les jours de la cérémonie d'indépendance du Zimbabwe (18 et 19 avril 1980), Marley et son groupe furent invités à se produire en concert, il est évident que la chanson y fut interprétée. L'album offre aussi Survival, So Much Trouble In The World, Africa Unite, Wake Up And Live, Ride Natty Ride, autant de chansons mémorables, très fortes, très engagées. So you think you have found the solution, but it's just another illusion, chante-t-il dans le premier morceau de l'album. Every man got the right to decide his own destiny/And in his judgement, there is no partiality, chante-t-il dans le second. They don't want to see us unite/'Cause all they want us to do is keep on fussing and fighting, chante-t-il dans le troisième. Bref, vous avez compris. Si vous cherchez un album de reggae paisible et joyeux, passez votre chemin (de toute façon, le reggae est un chant sacré pour les rasta, et engagé, donc, souvent, tout le temps en fait, il y à un message à faire passer dans les chansons de reggae). Mais si vous cherchez de la bonne (super bonne, même) musique bien engagée, forte, puissante, mais en même temps super mélodieuse, alors Survival, comme Exodus son aîné de deux ans, vous tend les bras, allez, filez vers lui. Un des sommets de Bob Marley & The Wailers, je veux dire, un de leurs grands sommets. 

FACE A

So Much Trouble In The World

Zimbabwe

Top Rankin

Babylon System

Survival

FACE B

Africa Unite

One Drop

Ride Natty Ride

Ambush In The Night

Wake Up And Live