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Je suis content de posséder cet album en vinyle rien que pour sa pochette : représentant un pupitre d'écolier copieusement gravé aux initiales des membres du groupe, elle s'ouvre vers le bas, comme un pupitre donc, laissant la place au disque qui était glissé dans une culotte de fille en papier (hélas, je ne l'ai pas, juste une sous-pochette de papier classique). La pochette en elle-même est montable en pop-up, voir l'illustration plus bas. Cette pochette est assurément, avec le morceau-titre de l'album, la meilleure chose à dire au sujet de ce cinquième album studio (et cinquième tout court, son premier live ne sortira qu'en 1977) d'Alice Cooper, toujours produit par Bob Ezrin : School's Out. Cet album de 1972 encore une fois court (36 minutes pour 9 titres dont un de même pas 1 minutes qui, sur le vinyle, est invisible dans les sillons, imbriqué dans le précédent) fait suite  au cataclysmique Killer de 1971, lequel, sous sa pochette répulsive (pour quiconque détestant les reptiles), offrait un régal de hard-rock à tendance trash/glam, des chansons géniales et aux paroles, souvent, limite (Dead Babies), totalement décadentes et bien dans leur époque. On attendait évidemment la suite avec impatience. En 1972, donc, le Coop' nous offre School's Out, porté (non : boosté !) par son morceau-titre, lequel est assurément le meilleur de l'album. Compte tenu qu'il ouvre l'album, c'est à la fois un signe d'ouverture grandiose pour le disque (il s'ouvre sur une tuerie) et vraiment dommage (la suite, bien que loin d'être nulle, est moins percutante, on ne le sait pas forcément quand on écoute l'album la première fois, mais on ne le sait que trop bien par la suite).

AC14

School's Out, le morceau-titre, n'est pas une reprise en anglais de la scie yé-yé de Sheila, je vous rassure, mais le thème est le même : l'école est finie. Le morceau (et donc l'album) s'ouvre sur un des plus grands riffs de l'histoire du rock, un truc tellement puissant et jouissif qu'il vous en durcit le slibard en moins de temps qu'il n'en faut pour dire AC/DC. Ta-ta-ta, ta-ta-ta, ta-ta-ta-taaaaa, on en redemande grave au bout d'une seule seconde. Le genre de truc qui reste en mémoire toute la journée et fonctionne idéalement comme sonnerie d'appel ou de réveil (se réveiller au son de School's Out...le bonheur, ça illumine votre journée, je peux en témoigner, c'est ma sonnerie de réveil). Sur ce premier titre qui sortira en single et cartonnera comme on s'en doute, Alice sonne très énervée, sa voix fait des merveilles, Well we've got no choiiiiiiice, all the girls and booyyyyyyys... En 3 minutes à peine, un classique du rock. La suite de l'album, construit essentiellement comme une sorte de concept-album aux orchestrations et thèmes parfois proches de celui des comédies musicales type West Side Story, est moins percutante, donc. Luney Tune est sympa, mais c'est le genre de morceau (comme Blue Turk) dont on a toujours du mal à se souvenir de la mélodie, à moins d'écouter l'album quotidiennement...et bien que School's Out soit tout sauf un ratage, c'est pas non plus un disque qui tiendrait le choc d'écoutes répétées et rapprochées. Gutter Cats Vs. The Jets, suivi du plus court morceau de l'album, Street Fight, fait penser à la comédie musicale que j'ai cité plus haut, de même que Grande Finale, instrumental grandiloquent, surproduit et kitschouille, qui achève le disque. 

AC15

Je suis personnellement beaucoup plus fan de My Stars, excellent morceau méconnu, de Public Animal N°9 et d Alma Mater, morceau dans lequel Alice Cooper parle de ses études, de son bahut, de ses camarades (hey, remember the Coop', heh ?) , le titre du morceau étant un terme latin nommant le lieu de ses études, et est très fréquemment utilisé en anglais. Si on met de côté le morceau-titre, la face A est pour moi inférieure à la B, même si l'album se termine en queue de poisson un peu ridicule. School's Out est donc l'écrin d'une des meilleures chansons de rock qui soient, et donc d'une des meilleures chansons de Cooper, mais l'album dans sa globalité est un tantinet décevant, surtout qu'il est coincé entre deux monstres sacrés (qui, en plus de leur réputation qui n'est plus à faire, sont de toute façon meilleurs que lui). Une première baisse de niveau, petite, certes, pas comparable avec les suivantes dans quelques années (10 ans après ce disque, Alice sera au plus mal de ce côté-là, j'y reviendrai en temps et en heure), mais tout de même. L'album suivant sera une remontée de niveau totalement ébouriffante, la suite demain si tout va bien (je ne vois pas pourquoi ça n'irait pas bien, d'ailleurs) !

FACE A

School's Out

Luney Tune

Gutter Cats Vs The Jets

Street Fight

Blue Turk

FACE B

My Stars

Public Animal N°9

Alma Mater

Grande Finale