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Les Who, un groupe culte s'il en est, un groupe majeur, mythique, qui de ses débuts dans les années 60 (1965) à la moitié des années 70 (1975), soit, donc, 10 ans, a fait partie des valeurs sûres du rock britannique, du rock tout court. Un groupe dont, il paraît, les membres se détestaient les uns les autres. Le chanteur, Roger Daltrey, dira un jour en interview (en 1973) qu'en cas de problème, c'est pas à Pete Townshend (guitare) qu'il demanderait de l'aide. Ce dernier, récemment (il y à quelques mois), a dit, dans la presse, qu'il était content, au final, que John Entwisle (basse) et Keith Moon (batterie) étaient morts (respectivement en 2002 et 1978), parce qu'ils étaient cons, que c'était la merde et chiant de bosser avec eux. Sympas, les mecs, hein ? Bon, les Qui ne se blairaient peut-être pas vraiment les uns les autres, mais ils ont tout de même, malgré tout, réussi à sortir des albums purement géniaux : The Who Sell Out en 1967 (du psychédélique à donf', parfois un peu trop incongru ceci dit) ; Tommy en 1969 (un double album, opéra rock avec livret, qui raconte une histoire et sera adapté en comédie musicale scénique et, ensuite, en film musical) ; Who's Next en 1971 (assemblé à la hâte sur les cendres d'un projet pharaonique mort-né, Lifehouse) ; Quadrophenia en 1973 (double album conceptuel adapté en film musical) ; The Who By Numbers en 1975 (un chant du cygne, enregistré difficilement, mais par un groupe avec la tête haute). Après, OK, c'est pas bon, même si j'ai appris à encaisser Who Are You, l'album de 1978 (le dernier avec Moon, disque inégal, et ce qui n'y est pas bon est vraiment mauvais : Sister Disco est à vomir des taille-crayons pourpres à rayures bleues).

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Il y à un album que je n'ai pas cité, et si vous suivez attentivement, vous devriez savoir duquel je veux parler. Oui, Live At Leeds. Sorti en 1970, c'est le premier live du groupe (le second, Who's Last, sortira en 1982, le groupe aura, à l'époque, arrêté sa carrière pour quelques années), et il existe dans diverses versions. La version vinyle de 6 morceaux, la première édition CD (infâme) qui est l'exact reflet, en CD, du vinyle, la réédition 1995 avec 8 bonus-tracks, la version 2001 en double CD, et une édition sortie en 2010, je crois (en tout cas, célébrant les 40 ans de l'album), en coffret de 4 CD, deux pour un concert, deux pour un autre à Hull. Je ne précise en pas d'article que le tracklisting original 6-titres, c'est l'édition que j'aborde (réaborde, plutôt) aujourd'hui, c'est celle que je connais le mieux. Pas forcément la meilleure parce qu'elle est évidemment largement plus courte (le live original ne dure que 37 minutes) que les autres, mais c'est l'originale. L'album est sorti en 1970, donc, sous une pochette ouvrante  en carton de qualité un peu moyenne (volontaire), une pochette beige avec un tampon du nom de l'album, on dirait un bootleg, c'est évidemment volontaire. Dans la pochette, le disque, dont les labels de face font, aussi, très bootleg (avec une mention manuscrite précisant que les bruits de craquements sont normaux), est accompagné d'une pochette avec divers inserts : courriers, paroles de My Generation, photo, factures, notes d'information, publicités, un gentil arsenal d'artefacts qui rend la recherche d'une édition vinyle complète (ce qui est le cas avec la mienne, enfin, sauf la photo, celle ci-dessous, ça, je l'ai pas) sympathique. 

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Ce live est infernal, monstrueux, avec sa face A relativement courte (14 minutes) et sa face B qui n'offre que deux morceaux dont un aussi long que la face A dans sa totalité (une version éléphantesque de My Generation qui plonge un peu dans des ambiances à la Tommy). La performance des Who est ahurissante (batterie thermonucléaire de Moon, un Daltrey qui braille comme un camionneur CGT en colère, Townshend qui envoie des giclées de guitare à tomber le cul par terre sur des tessons de bouteille, voir Young Man Blues, reprise de Moses Allison qui ouvre le disque), le son est super bon. Mais très vite, des rumeurs circuleront. Le groupe a bien donné un concert à Leeds, à l'Université de la ville (dans le réfectoire), le jour de la Saint-Valentin 1970, ça, c'est évident, définitif. Il y à même une plaque commémorative qui fut placée, elle y est toujours, sur un mur de l'Université de Leeds. Mais certains, par le biais de déclarations de "témoins", sèmeront le doute : le live serait refait en studio, sinon en partie, du moins en totalité (de fait, on précisera que sur le live original, on entend rarement le public), ça semble trop net, trop propre. Il y à eu des rajouts en studio, c'est clair, et d'ailleurs, à la base, le groupe voulait sortir un double album en se basant sur deux concerts, Leeds et Hull (le lendemain), mais si le groupe a encore mieux joué le lendemain, la qualité des enregistrements était nettement moins bonne. Tout en mélangeant un peu les deux concerts parfois, le groupe a peut-être refait des parties de guitare ou de chant en studio. Live At Leeds, comme Live And Dangerous de Thin Lizzy ou Alive ! de Kiss, ou le premier live de Led Zeppelin (notamment), a donc été retouché. Il n'en demeure pas moins monstrueux (Substitute, My Generation, Magic Bus), bien que trop court dans sa version d'origine (qui, malgré tout, reste ma préférée, celle que je réécoute le plus souvent). Les nombreux rajouts (dont quasiment tout Tommy sur un disque à part) sont cependant exemplaires. Ce live, malgré une réputation parfois douteuse selon certains, reste un paquet de bon gros rock bien saignant et vivant, cultissime et essentiel !

FACE A

Young Man Blues

Substitute

Summertime Blues

Shakin' All Over

FACE B

My Generation

Magic Bus