MONTROSE 1

Ce disque n'au eu aucun succès à sa sortie (sauf, exception culturelle, chez nous, hé oui), ce qui peut sembler totalement invraisemblable à quiconque l'ayant écouté. Car cet album est tout simplement un monstre de hard-rock 70's bien comme il faut, avec tout ce qu'il faut là où il le faut (notons cependant l'absence de la moindre ballade, contrairement à pas mal d'albums du genre), à savoir des riffs à gogo, un chant habité, des rythmiques de feu, une ambiance totalement rentre-dedans, aucun temps mort, et même un gros classique du genre : Rock The Nation. Cet album, sorti en 1973 sous une assez criarde pochette (il est vrai ; mais le hard-rock n'a que rarement fait dans la sobriété et la demi-mesure) représentant les membres du groupe, torses-nus, serrés les uns contre les autres, avec des éclairs façon SS un peu partout, est le premier album, éponyme, de Montrose, et s'appele donc Montrose. Montrose est un groupe fondé en 1973 par le guitariste  Ronnie Montrose, lequel venait alors de quitter le Edgar Winter Group, groupe de rock un peu glam et un peu hard mené par Edgar Winter, frangin de Johnny (et tout aussi albinos que lui), groupe que Winter avait fondé sur les cendres de son précédent groupe le White Trash (au sein duquel Montrose n'a pas joué, mais Rick Derringer, si). Alors que Winter reprend Derringer (qui, en 1973, publie un All American Boy démentiel), Ronnie Montrose, le riffeur d'Edgar, fonde son propre groupe. Il recrute le batteur Denny Carmassi et le bassiste Bill Church, avec lequel il avait déjà eu l'occasion de jouer sur un album de Van Morrison, Tupelo Honey.

MONTROSE 2

Il recrute aussi un jeune chanteur à la voix ahurissante du nom de Sammy Hagar. Hagar, les fans de hard-rock le savent, fera partie de Van Halen entre 1985 et 1996. Pas la meilleure période de Van Halen, mais Hagar a su maintenir le groupe à flot après le départ de leur charismatique (et il reviendra par la suite) premier chanteur David Lee Roth. Mais passons. En 1973, Hagar est totalement inconnu, il fait ses débuts avec ce premier Montrose. Il restera dans le groupe le temps d'un deuxième album (Paper Money, dont la pochette est une des relativement peu fréquentes exceptions à la règle hard-rock = pochette criarde que j'énonçais plus haut) avant de le quitter. Sur ce premier opus, il brille de mille feux, et même de deux mille. Produit par Ted Templeman (futur producteur de...Van Halen), Montrose tout entier brille de trois mille feux, voire de quatre mille. Et Ronnie, à la guitare, brille de cinq mille feux, voire de six mille. L'album offre 8 titres pour un résultat remarquablement court de 32 minutes, mais on se consolera en se disant que rien n'est à jeter ici, de Rock The Nation (ce riff ! Cette voix !) à Make It Last en passant par ce qui est probablement le sommet de l'album : les 5,15 minutes de Space Station #5. Good Rockin' Tonight est une reprise (la seule de l'album, le reste est signé du groupe, ou de Montrose ou Hagar seuls) d'un standard du rock'n'roll qui fut popularisé par Elvis Presley, et est ici pulvérisé encore plus fort que Wauquiez par un appel téléphonique de Sarkozy.

MONTROSE 3

Bad Motor Scooter est une tuerie dont l'intro sera reprise par Mötley Crüe pour leur Kickstart My Heart, Van Halen reprendra, en live, au début de leur carrière, Make It Last (ce qui ne manque pas d'une certaine ironie quand on sait que le chanteur de Make It Last remplacera le chanteur de Van Halen par la suite), Iron Maiden reprendra Space Station #5 en face B d'un single, et cette même chanson verra son riff repris par un groupe de punk, Stiff Little Fingers. Bref, Montrose est un groupe culte et ce premier opus, un album majeur, fédérateur. En France, ça a cartonné sa mère, quelque chose de bien, mais la France a toujours été une terre d'élection du hard-rock. AC/DC, Scorpions, Deep Purple, Rainbow, Motörhead, UFO, Montrose, Judas Priest, Metallica, Iron Maiden et bien entendu Led Zeppelin ont toujours été immenses et populaires ici (pas mal de ces groupes l'ont aussi été ailleurs, évidemment ; mais UFO était plus populaire en France et en Allemagne que dans son propre pays, et Montrose aussi). L'album n'a cependant pas super bien marché, mondialement, à sa sortie, il faudra attendre des années pour que ça décolle. On en a cependant parlé, rapidement, comme d'un des premiers albums de heavy metal de l'histoire, la production de Templeman étant des plus modernes, l'album sonne comme s'il avait été enregistré 10 ans plus tard, et inutile donc de préciser, même si je le fais quand même, que Montrose n'a absolument pas vieilli, et reste encore aujourd'hui une date dans l'histoire du genre, un des meilleurs représentants de hard-rock 70's et de hard-rock tout court, un album certes court (notons que l'année dernière, une réédition CD propose un second disque de bonus-tracks live et en studio), mais totalement enivrant, bref, un monument. Malgré sa pochette criarde. 

FACE A

Rock The Nation

Bad Motor Scooter

Space Station #5

I Don't Want It

FACE B

Good Rockin' Tonight

Rock Candy

One Thing On My Mind

Make It Last