T1

Il y à quelques semaines, j'ai réabordé le cas du franchement décevant, pour ne pas dire médiocre sixième album de Toto, Fahrenheit. Ce disque de 1986, le premier avec le chanteur Joseph Williams (celui que je réaborde aujourd'hui est le deuxième et, pendant plusieurs longues années, le dernier, il reviendra tardivement dans le groupe), lequel, il faut bien le dire, est un excellent chanteur (et le fils du compositeur de Star Wars, mais c'est un détail), ce qui ne l'empêchera pas d'être scandaleusement sous-estimé par le reste du groupe, apparemment, car des quelques singles promotionnels de Fahrenheit, quasiment tous étaient signés et interprétés par l'autre chanteur du groupe, à savoir le guitariste Steve Lukather. Alors, les gars ? On engage un nouveau chanteur (le précédent, Fergie Frederiksen, n'aura oeuvré que sur le très hard-FM Isolation en 1984, mon album préféré du groupe, de loin, mais n'arrivera pas à s'adapter au style du groupe) et on ne le met pas en avant dans les singles promotionnels ? C'est tout de même con. Bon, Fahrenheit n'avait de réussi que sa pochette (qui faisait très disque de jazz) et une ou deux chansons éparses, mais dans l'ensemble, cet album était de la soupasse pop, et c'est un fan de Toto qui le dit. Deux ans plus tard, le groupe, qui s'est séparé du claviériste (synthés essentiellement) Steve Porcaro (qui joue sur le disque, mais en invité), enregistre et publie le successeur de Fahrenheit. L'album date donc de 1988 et il s'agit du septième album du groupe. Il s'appelle, donc, très logiquement, The Seventh One. Sa pochette, comme celles de plusieurs autres albums du groupe (le premier, le second, le quatrième, et d'autres par la suite), représente une épée (entourée de six petites lames ; en tout, sept lames), sur un fond violet parme. Pas spécialement joli, pas moche non plus.

T2

Premier album du groupe construit pour le format CD (mais il sortira aussi en vinyle), The Seventh One dure 54 minutes, 60 dans sa version japonaise qui rajoute un morceau en dernière position, instrumental portant le nom de l'album. L'album, sinon, partout dans le monde sauf au Japon, offre 11 titres. Produit par George Massenburg, Bill Payne et le groupe, ce septième cru est, la plupart du temps, très bien estimé par les fans, il sera, à sa sortie, leur plus gros succès depuis Toto IV (1982, un disque rempli de hits, mais les autres chansons ne sont franchement pas terribles, un disque très inégal), il est considéré comme un des meilleurs opus du groupe californien, et force est de constater que, sans qu'il soit parfait, c'est effectivement le cas. L'album a été porté par cinq singles, dont quatre sont interprétés par Joseph Williams, le groupe a pigé et cette fois-ci, lui a laissé le gros des honneurs. La seule chanson sortie en single qui n'est pas de sa voix, c'est Anna (de Paich), belle ballade, sans être la meilleure du lot. Les quatre singles chantés par Williams sont, du moins bon au meilleur, Straight For The Heat (sans surprise, mais enlevé, agréable) ; Mushanga (j'adorais cette chanson autrefois, nettement moins maintenant, mais elle est très bonne) ; Stop Loving You (un gros tube) ; et Pamela (autre gros, gros tube), les deux dernières citées étant au même niveau, et vraiment géniales dans leur genre. L'album offre aussi le très rock Stay Away (par Williams, et avec, en invitée, Linda Ronstadt), These Chains (par Lukather, excellente) et surtout, surtout, Home Of The Brave, 7 minutes (un petit peu moins, en fait) extraordinaires interprétées par Lukather et Williams, qui achève parfaitement l'ensemble.

T3

On ne peut en revanche pas dire de You Got Me (trépidant, rythmé à mort, mais sans originalité et même un peu abrutissant à la longue), de Only The Children (vraiment sans surprise) et A Thousand Years (Williams s'essaie à une chanson plus lente, ça ne passe pas vraiment) qu'elles soient du même niveau, mais trois chansons ratées sur onze, c'est vraiment la portion congrue, rien de grave. The Seventh One n'est pas parfait, mais il n'en demeure pas moins un des meilleurs crus du groupe, même si sa production très fin des années 80 a un petit peu pris un coup dans l'aile. Et encore. Sans être mon préféré du groupe, et si je devais faire un Top 5 il ne serait pas dedans non plus (un Top 5 de mes préférés, pas des meilleurs ; sinon, oui, il serait dedans, et pas en dernière position, de plus), ce septième de Toto est donc un excellent opus de pop/rock bien charpenté, et sans aucun doute un des meilleurs albums de 1988, tous genres confondus. Oui, c'est vraiment du très bon dans son genre, et je prends encore beaucoup de plaisir à écouter ce disque, pas trop souvent, mais jamais à reculons, alors que je me suis limite forcé, récemment, afin de le réaborder, à réécouter Fahrenheit...

FACE A

Pamela

You Got Me

Anna

Stop Loving You

Mushanga

Stay Away

FACE B

Straight For The Heart

Only The Children

A Thousand Years

These Chains

Home Of The Brave