Queen_Queen

Qu'est-ce que ça fait longtemps qu'on n'a pas parlé de Queen ici ! La dernière fois, c'était quand j'avais (enfin) décidé de rajouter ma petite couche à la chronique dévastatrice de drôlerie (un long poème en prose dont la première lettre de chaque vers formait, au final, un avis définitif sur le disque) que Leslie Barsonsec avait fait de Flash Gordon Soundtrack. Autrement dit, Queen et le blog ne s'étaient pas vraiment séparés sous les meilleurs auspices. Dire que j'ai découvert le rock avec ce groupe, en plus ! Donc, logiquement, la Reine devrait être tenue en assez haute estime par ma petite personne, non ? Hé bien, oui, c'est le cas, même si je dois avouer que mis à part A Night At The Opera (chef d'oeuvre du groupe), je n'écoute plus Queen du tout depuis des lustres. Déjà, en 2015, année où j'ai rajouté ma chronique (comment ça, quelle chronique ? Si vous ne vous souvenez plus de ce que je raconte ici, allez consulter un neurologue, ou relisez le tout début de ce paragraphe !), je n'écoutais plus des masses ce groupe. Et si j'ai eu envie de réaborder ce groupe mythique ici, ce n'est pas parce que je me suis remis à les écouter, car ce n'est pas le cas. Mais j'ai tellement écouté leurs albums, tous leurs albums, même les moins bons (et il y en à quelques uns !), que je les connais tous par coeur, donc je n'ai pas besoin de lees réécouter. Un jour, qui sait, s'en ressentira le besoin, mais pas encore. Ce qui n'empêche pas que, tagada tsoin tsoin, voici ma nouvelle chronique (l'ancienne datait de 2010...) concernant leur premier album, Queen. Sous sa pochette rose conçue en partie par Freddie Mercury, ce disque est sorti en 1973 et, à sa sortie, marchera correctement, mais rien de renversant. Il faudra que le groupe attende son deuxième album (Queen II, en 1974) pour vraiment commencer à connaître le succès, via une chanson du nom de Seven Seas Of Rhye, chanson dont une version instrumentale courte est déjà présente ici, sur le premier opus.

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Verso de pochette vinyle

Queen s'est fondé en 1971 sur les ruines de Smile, un groupe de rock fondé à la fin des années 60 par Tim Staffell (chant, basse), Brian May (guitare) et Roger Taylor (batterie). Un certain Farrokh Bulsara, qui se fait surnommer Freddie, ami et camarade de chambrée de Staffell quand ils étaient au Ealing Art College, les suit de près, et fait partie, durant cette même époque, de quelques groupes, dans lesquels il chante : Sour Milk Sea, notamment. Mercury, car c'est évidemment lui, a très envie d'intégrer Smile, dont Staffell vient de partir pour rejoindre un autre groupe qui ne marquera pas les esprits (Humpy Bong), et il parvient à convaincre May et Taylor à continuer. Il leur propose même un nouveau nom, simple, irrévérencieux, à double sens : Queen (double sens, car si ça veut dire 'reine', c'est aussi de l'argot pour 'homosexuel', ce que Mercury était assurément). Un certain John Deacon, bassiste, arrive et intègre le groupe, dont Mercury devient le chanteur et claviériste. Le bassiste est crédité Deacon John (dès le deuxième album, il permutera pour son nom dans le bon sens) et Roger Taylor est crédité Roger Meddows-Taylor (ça sera encore le cas pour Queen II, puis il virera la première moitié de son nom). Les sessions d'enregistrement du futur premier album démarrent en décembre 1971 et se poursuivront durant quasiment toute l'année suivante (le disque sortira en juillet 1973), entre les studios Trident et De Lane Lea, tous deux à Londres, sous la houlette de John Anthony et, déjà, de Roy Thomas Baker (je dis 'déjà' car il récidivera avec Queen). L'album sera plutôt bien accueilli par la presse, il faut dire que le style musical du groupe (du rock à la fois glam et heavy, décadent et précieux à la fois, à la Mott The Hoople, et avec quelques petits côtés progressifs parfois) était pile poil dans l'air du temps. Mais niveau ventes, ce ne fut pas aussi immense que d'autres albums sortis en cette même grande année, ces The Dark Side Of The Moon, Houses Of The Holy, Goodbye Yellow Brick Road, Aladdin Sane, Band On The Run, Living In The Material World et autres Goats Head Soup. Oui, la concurrence était comme l'hiver sibérien : rude.

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Oui, je sais...

En 39 petites minutes (et 10 titres), Queen est-il un bon album, un album moyen, ou une merde ? Sincèrement, quand j'ai découvert ce disque il y à longtemps (j'ai découvert Queen à l'âge de 12 ans, soit vers 1994, et si ce premier opus du groupe n'a pas été un des premiers que j'ai écoutés, j'ai du à peu près tous les écouter en l'espace d'une année, donc c'était au pire vers 1995), je ne l'ai pas vraiment aimé. Je ne m'attendais pas à l'adorer, en même temps, mais il m'a tout de même déçu au départ. Je n'avais déjà pas aimé des masses Sheer Heart Attack  (sorti en fin d'année 1974, c'est le troisième opus du groupe, et un de leurs meilleurs, mais il m'a fallu du temps pour m'en rendre compte !), et je ne connaissais pas encore Queen II. Si j'avais connu ce dernier, j'aurais sans doute encore moins bien aimé le premier opus du groupe, malgré qu'il renferme d'excellents moments. Sincèrement, j'ai toujours aimé le délicat et enlevé My Fairy King, Son And Daughter (très heavy) et leur premier 'tube', sorti en single, Keep Yourself Alive. Et j'ai toujours ultra-méga-terra-détesté Jesus, chanson sur devinez qui (ah, en même temps, c'est pas dur), très énervante et répétitive, pompeuse aussi, ainsi que le plus doucereux, calme, sobre The Night Comes Down. Et je sais que ça peut paraître étrange, mais Modern Times Rock'n'Roll, chanson de même pas 2 minutes interprétée à toute berzingue par Roger Taylor (le batteur, et sa voix à la Rod Stewart) m'a toujours énormément plu, alors que, oui, je sais, ce n'est vraiment pas du grand art. Le reste ? Doing All Right (composée par May et Staffell à l'époque de Smile), Great King Rat sont deux excellentes chansons (d'une manière générale, la face A de l'album est géniale), Liar est très très bonne avec son passage gospel central, mais tout de même un peu longue (6,30 minutes), Seven Seas Of Rhye (1,10 minute) est un instrumental, et une sorte d'ébauche, de prélude à la fameuse chanson du même nom que le groupe publiera sur le deuxième album (et qui cartonnera), à la même place, soit en final. De quoi causer quelques questions sur quel album contient la chanson définitive, quand on ne s'y connaît pas du tout, qu'on n'a jamais entendu ni Queen ni Queen II, mais heureusement, le minutage, qui laisse peu de place au doute (ici, ça dure 1 minute !), est indiqué au dos du CD, du moins, dans l'édition, des années 90, que je possède. Ce premier album du groupe possède déjà pas mal du son glam/heavy que Queen peaufinera jusqu'à 1976 (après, ils vireront le côté glam, deviendront plus rock pur et dur, avant de passer à du rock pop dans les années 80), et quelques chansons vraiment remarquables. Comme je l'ai dit, sa première face, en intégralité, est bluffante. Si tout n'est pas parfait non plus (la face B offre de la médiocrité au milieu de la réussite : Jesus et The Night Comes Down, plus l'instrumental final, ne valent pas grand chose), le bilan est globalement satisfaisant. Mais il est clair que ce coup d'essai n'est pas un des meilleurs albums du groupe, et rien que Queen II sera cent fois meilleur. Bref, pas un disque idéal pour découvrir le groupe, mais si vous aimez Queen et que vous ne le connaissez pas encore, laissez-vous tenter.

FACE A

Keep Yourself Alive

Doing All Right

Great King Rat

My Fairy King

FACE B

Liar

The Night Comes Down

Modern Times Rock'n'Roll

Son And Daughter

Jesus

Seven Seas Of Rhye