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Queen, après 1977, va clairement tomber très bas dans mon estime. Moi qui ai quasiment découvert le rock via les albums de ce groupe (je précise que je suis né en 1982, ce fut vers 1993, soit deux ans après la mort de Freddie Mercury, que j'ai découvert leur musique via un best-of), qui fut le pemier groupe dont je suis devenu accro, fan, ai eu beaucoup de mal à digérer des albums tels que Jazz (1978), The Game (1980) et surtout Flash Gordon Soundtrack (1980) et Hot Space (1982). Ces albums, qui se suivent, dans cet ordre, dans la discographie du groupe, sont soit moyens (le premier cité), soit vraiment indignes (le reste...oui, je sais, il y à quand même, allez, trois bonnes chansons sur The Game, mais bon, le reste est tellement pourrave...). Chose ahurissante, la popularité du groupe, à l'époque, n'a apparemment pas (trop) souffert de ces ratages à répétition, il suffit de voir le concert de 1982 (DVD Queen On Fire abordé par mes soins fin décembre dernier) pour en juger : la foule est là, nombreuse, en délire, même durant les morceaux de Hot Space. Le groupe, après ce Hot Space vraiment minable (et dans lequel le groupe plonge dans la dance 80's), retourne en studio, à Los Angeles (Record Plant) et à Munich (Musicland), là même où fut fait le précédent opus. Le groupe recollabore par la même occasion avec un des producteur du précédent opus, Reinhold Mack (ou, simplement, Mack), un producteur allemand spécialisé dans les sonorités dance 80's. Bref, pour Queen, le but est clair : faire un disque dans la veine de leur précédent, et ce, malgré les critiques engendrées par Hot Space.

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Ce nouvel album, sorti en février 1984, s'appelle The Works, et il offre 37 minutes de musique. Si le précédent opus a moins bien marché chez les fans et a été critiqué par la presse, The Works, lui, a cartonné. En même temps, on y trouve trois gros, gros tubes, et une chanson moins tubesque, mais tout de même présente sur des best-ofs du groupe. Quatre tubes sur les neuf titres, voilà donc de quoi en faire, apparemment, un indispensable queenien à ranger à côté de Queen II, Sheer Heart Attack, A Night At The Opera, A Day At The Races et Innuendo ? Hé bien, pour être honnête, non, pas du tout. The Works, album que je voulais réaborder aujourd'hui en le défonçant bien comme il faut et de manière comique (mais il faut croire que j'ai du mal à être aussi caustique avec un groupe que j'ai longtemps adoré, adulé, même si ce n'est plus vraiment le cas désormais) mais que, finalement, je casserai d'une manière plus froide, est un album infâme. Vous n'avez pas aimé Hot Space ? Peu de chances que vous aimiez ce disque putassier au possible, réservoir à tubes comme le sera le suivant, A Kind Of Magic, mais pire encore que ce futur album de 1986. La seule chose de positive à dire au sujet de The Works, c'est sa pochette, sobrissime, presque élégante, le groupe pose, décontracté, assis par terre, en noir & blanc, sans décor. 

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Que dire ? Les tubes, d'abord. Mis à part It's A Hard Life (le moins connu des quatre, le moins pire aussi), ils sont rigoureusement insupportables, à croire que ce fut une condition sine qua non pour faire ce disque, chez Queen et Mack. On a Radio Ga Ga, morceau signé du batteur, Roger Taylor, inspiré selon lui par le niveau des radios françaises (il était marié, il l'est peut-être toujours, à une Française), et qu'il voulait à la base appeler Radio Caca, mais le sens n'aurait pas été compris par tout le monde, sauf des francophones. La chanson, dont le clip est inspiré par le film Metropolis de Lang (dont une infâme version colorisée et sonorisée, suprême hérésie, sortira en 1984), est insupportable et le fait qu'elle passe encore (trop) souvent à la radio la rend pire d'heure en heure. I Want To Break Free, avec son amusant clip où le groupe est déguisé en femmes, est encore plus insoutenable. Ces claviers séquenceurs, cette guitare traficotée... Horrible. Hammer To Fall, j'aurais presque envie de la sauver pour son riff de la mort qui tue, mais ce n'est tout de même pas transcendant. Voilà pour les hits. L'album, pour son reste, alterne entre rock dance 80's putassier (Man On The Prowl, Tear It Up), pop 80's putassière (Keep Passing The Open Windows, inspirée par un roman de John Irving, apparemment) et ballade lacrymale si-tous-les-gars-du-monde putassière (Is This The World We Created). Comme je l'ai dit, j'ai presque envie de sauver Hammer To Fall, à la rigueur, mais non, faut que je me reprenne. The Works (le titre signifie 'l'oeuvre', 'la totale') est une merde qui enfonce un peu plus Queen dans la sienne, voilà ce que c'est, tout simplement...

FACE A

Radio Ga Ga

Tear It Up

It's A Hard Life

Man On The Prowl

FACE B

Machines (Or "Back To Humans")

I Want To Break Free

Keep Passing The Open Windows

Hammer To Fall

Is This The World We Created