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Hawkwind a clairement, dès son deuxième album (In Search Of Space, 1971), trouvé son syle : un rock spatiard, heavy et psychédélique (mais aussi progressif), sorte de croisement entre du Pink Floyd et du Deep Purple. Après ce deuxième album, le groupe change encore de personnel : ils recrutent le batteur Simon King et le bassiste Ian Fraser Kilmister, alias Lemmy Kilmister, alias simplement Lemmy, bien connu des fans de rock et de hard-rock. C'est lui qui, en 1976, après s'être fait finalement lourder d'Hawkwind, formera son propre groupe, Motörhead (dont le nom vient d'une chanson d'Hawkwind, d'ailleurs), qui ravagera les oreilles de plusieurs légions et générations de fans jusqu'à la mort de Lemmy en décembre 2015, quelques semaines avant celle de Bowie. Bon. Le premier truc qu'Hawkwind fait avec Lemmy, c'estl e single Silver Machine (Lemmy pose sa voix de gravier dessus, d'ailleurs). Puis le groupe entre en studio faire son troisième album, que je n'ai pas réabordé parce que, bien que remontant à 2012, la chronique présente sur le blog est totalement satisfaisante à mes yeux (j'aurais pu la republier telle quelle, mais bon...), un album monumental (malgré, peut-être, une production légérement caverneuse) intitulé Doremi Fasol Latido, qui offre notamment Brainstorm, Lord Of Light, Time We Left The World Today, Down Through The Night, un The Watcher chanté par Lemmy (qui le reprendra au sein de son futur groupe)...Un album prodigieux, sans doute leur meilleur opus studio (même si Warrior On The Edge Of Time et Hall Of The Mountain Grill offrent du lourd aussi).

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Après cet album prodigieux, le groupe va collaborer avec l'écrivain britannque de SF Michael Moorcock (le cycle d'Elric de Melniboné et sa fameuse épée buveuse d'âmes, Stormbringer) et le poète et parolier sud-africain Robert Calvert (qui avait déjà collaboré avec eux sur le deuxième album et fera même un temps partie intégrante du groupe). Et va, avec eux, organiser un spectacle en guise de concerts promotionnels. Cette tournée sera l'occasion pour le groupe de faire son premier album live, un double album (toujours en CD ; c'est d'ailleurs, en CD, assez mal agencé la plupart du temps, la face D étant sur le second disque avec quelques bonus-tracks, tandis que le reste est sur le CD 1) sorti en 1973 sous une pochette signée Barney Bubbles et constituée d'un gigantesque poster en six volets, repliable, en carton de pochette (plus fin que de coutume), les photos n°2 et 3 de l'article montrent cette pochette dépliée, extérieur comme intérieur. L'album s'appelle Space Ritual et il va finir d'asseoir la réputation de vrai spatiards d'Hawkwind. Long de 87 minutes (pour 17 titres), Space Ritual a été enregistré en deux temps : le 22 décembre 1972 au Liverpool Stadium et le 30 décembre de la même année au Brixton Sundown, une salle de spectacles londonienne. L'album est sorti en mai. Qu'y trouve-t-on, sur ce double live très très bien enregistré (le son est excellent) ? La quasi-totalité de Doremi Fasol Latido (sauf The Watcher et l'intermède One Change), dans le désordre, avec deux extraits d'In Search Of Space, et aussi, pas mal d'interludes parlés (les textes sont signés Calvert, qui les déclame, mais aussi Moorcock pour deux d'entre eux, Black Corridor et Sonic Attack ; Moorcock, lui, n'est pas présent sur scène), de morceaux inédits chantés ou instrumentaux, et le tout, malgré la séparation des faces, forme un grand ensemble, un tout, qui était joué sans interruption pendant le concert.

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Avec évidemment des effets visuels (lumières, etc) et la fameuse et sculpturale danseuse nue Stacia, au corps peinturluré de couleurs chatoyantes et paillettées, pour évoluer sur scène entre les musiciens. Le résultat est, soniquement, absolument génial, on regrettera juste de ne pas avoir le visuel avec l'audio, mais les oreilles en prennent plein la gueule et en redemandent en criant Géronimo à poil dans la rue et à la pleine lune. Que dire ? Un morceau tel que Down Through The Night, apaisant, aérien, éthéré et acoustique dans sa vesion studio, dure ici le double et est surmultiplié (cette basse de Lemmy, tout du long de Space Ritual, est absolument trippante, immense, hors de ce monde...). Des grandes envolées comme Brainstorm (9 minutes ; presque 14 en CD), Master Of The Universe (presque 8 minutes), Orgone Accumulator, Born To Go, Lord Of Light, Space Is Deep, parsèment les quatre faces de ce live qui, aussi, donc, offre des intermèdes musicaux (Electronic N°1) ou parlés (Earth Calling, The Awakening, Black Corridor, ce Sonic Attack génial où Brock et Lemmy - petite voix narquoise qui répête les consignes après celle de Brock - énoncent les consignes à respecter en cas d'attaque sonique - le morceau précède la double salve Time We Left The World Today/Master Of The Universe... - , autrement dit, do not panic, think only of yourself...). L'ensemble est d'une puissance de feu incroyable. Par la suite, les concerts d'Hawkwind reprendront souvent la formule gagnante de ce Space Ritual, en la modifiant (Sonic Attack, notamment, sera repris), un Space Ritual Vol. 2 sortira en 1985, proposant des verions rallongées de morceaux issus du concert du 30 décembre 72. Un live, Space Ritual Live, enregistré en 2014, sortira en 2015. On le devine donc aisément, ce Space Ritual de 1973 est une date dans l'histoire du groupe. C'est aussi un des plus grands lives de tous les temps !

FACE A

Earth Calling

Born To Go

Down Through The Night

Awakening

FACE B

Lord Of Light

Black Corridor

Space Is Deep

Electronic N°1

FACE C

Orgone Accumulator

Upside Down

10 Seconds Of Forever

Brainstorm

FACE D

7 By 7

Sonic Attack

Time We Left This World Today

Master Of The Universe

Welcome To The Future