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Judas Priest...Dans le genre groupe de hard-rock clouté, ça se pose là. C'est presque une caricature : Rob Halford, le chanteur tout de cuir noir vêtu, déboulant parfois sur scène en moto... Heureusement qu'il est homo, pour changer un peu la donne (même si, forcément, ça donne une autre dimension à son look cuir clouté, casquette vissée sur la tête, look que Freddie Mercury arborera aussi, vers 1979, sur scène, tournée immortalisée par Live Killers). On aurait pu croire, d'ailleurs, que son orientation sexuelle, jamais vraiment cachée (c'était un secret de polichinelle pour les membres du groupe et leur entourage, avant que ça ne soit rendu public en 1998 dans une interview), nuise au groupe, mais au final, et c'est tant mieux, les fans s'en foutront comme de leur premier Kinder Surprise. Bon, sinon, Judas Priest ? Groupe de hard-rock britannique fondé en 1969 (premier album en 1974, le très fadasse Rocka Rolla) et toujours actif, spécialisé dans le heavy metal depuis le début des années 80 (leurs albums 70's sont moins metal, plus hard-rock classique, enfin, limite quand même, un peu comme Kiss), c'est un groupe que j'ai pas mal écouté dans mon adolescence, surtout les albums de 1975/1984. Ensuite, j'ai tout simplement cessé de les écouter pendant un bon paquet d'années.

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Pour tout dire, au moment d'aborder les albums concernés, sur le blog, vers 2010, je n'écoutais déjà plus trop le groupe. Pas par lassitude, juste que j'étais passé à autre chose. Ces derniers temps, j'ai pas mal réécouté de hard 70's, et dans le lot, certains albums du Priest. En gros, tout jusqu'à British Steel de 1980 (que j'ai réabordé l'an dernier, peu de temps avant que MaxRSS n'aborde les deux premiers albums, Rocka Rolla et Sad Wings Of Destiny, qui manquaient sur le blog). Parmi ceux que j'ai le plus réécouté, cet album sorti en 1979, leur premier live par ailleurs, est en tête de liste. Unleashed In The East, que certains détracteurs et rigolos surnommeront Unleashed In The Studio, tellement les rumeurs comme quoi ce live aurait été lourdement refait en studio ont pullulé. Rob Halford dira lui-même pour faire taire les rumeurs que la musique audible sur ce live est totalement live, issue de concerts (Kosei Nenkin Hall et Nakano Sun  Plaza, à Tokyo), mais que les voix ont été refaites en studio, car abimées sur les bandes du matériau d'origine. Donc, oui, il y à eu des retouches en studio, mais ce n'est pas un cas isolé (Live And Dangerous, Alive !, Live At Leeds apparemment, The Song Remains The Same, pour ne citer qu'eux, ont été retouchés ultérieurement), et personnellement, si ça me gênait, autrefois, quand j'étais plus jeune (j'aspirais à plus de sincérité musicale), maintenant, je m'en fous un peu. Peu importe si Live And Dangerous a été copieusement retouché en studio (dixit le producteur même), vu que le résultat est monumental. Idem pour ce live dont le seul défaut est la courte durée : 44 minutes. Bref, il est simple. Et vous savez ce que je pense d'un live simple (en vinyle). Leur live suivant, sorti en 87, sera double en vinyle...mais absolument épouvantable. 

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Ici, rien d'épouvantable, rien de minable, rien de moyen, que du lourd, 9 titres qui figurent tous parmi les meilleurs du groupe, alors en tournée promotionnelle de l'album Killing Machine (lequel est sorti dans certains pays sous le titre Hell Bent For Leather), dont deux extraits sont présents ici : Running Wild et la reprise, fantastibulincroyable, du standard de Fleetwood Mac (période bluesy) The Green Manalishi (With The Two-Pronged Crown). Autre reprise, Diamonds And Rust, issue de Sin After Sin (1977), morceau initialement de...Joan Baez. Fallait oser, et la reprise est sublime. Sinner, aussi issu de Sin After Sin, est un grand moment de folie, le live se termine sur trois extraits de Sad Wings Of Destiny, dont les mémorables Victim Of Changes et Tyrant (The Ripper, plus haut dans le live, est aussi issu de cet album, le mieux représenté ici, et le plus ancien aussi), Exciter est tiré du fantastique Stained Class de 1978 (sorti avant Killing Machine)... Evidemment, il manque des morceaux (la réédition CD 2001 propose quatre bonus-tracks, dont Hell Bent For Leather et Delivering The Goods), ça aurait été cool d'entendre plus de morceaux sur cet album à la base, 44 minutes c'est vraiment trop court...Mais on se console en se disant que tout ce que l'on y entend est d'un niveau à faire péter la braguette du pantalon d'un gardien de harem. Le son est très bon, excellent même. Peu importe donc si les voix ont été refaites, car Halford chante avec une patate insensée (un des spécialistes du chant très haut-perché), dans les conditions du live, et parce que l'énergie déployée par le Priest (dont le nom de groupe vient du titre d'une chanson de...Bob Dylan !) est démentielle. Un très grand live, donc, malgré sa durée. 

FACE A

Exciter

Running Wild

Sinner

The Ripper

The Green Manalishi (With The Two-Pronged Crown)

FACE B

Diamonds And Rust

Victim Of Changes

Genocide

Tyrant