RHCP

Me voila sorti d'une longue période de mutisme... Entre diverses occupations, mais également un certain désenchantement par rapport à la vie, je m'étais dit "A quoi bon faire ceci, cela...", enfin bref ! Mais un article lu ce weekend m'a redonné goût au déballage d'ego, et faut bien l'avouer, à la polémique. N'attendez pas ici une critique dithyrambique de cet album régulièrement encensé... NON ! Je n'ai jamais vraiment porté les RHCP dans mon coeur, à l'exception du monolithe hard-rock "One Hot Minute".

Cet album paru en 1991 porte en lui toute une série de tares qui font que je ne peux pas adhérer à son culte. Même si Rick Rubin en est le producteur, que George Clinton a toujours eu une certaine bienveillance opiacée envers eux, même si il est sensé me rappeler le bon vieux temps... ça ne marche pas ! Les raisons ? En voici quelques-unes...

Je ne pardonne pas à cet album d'avoir servi d'alibi "groove" à toute une frange de métalleux ou de rockers : "tu vois ! moi aussi j'aime le funk ! - Oui, mais as-tu d'autres disques du genre ? JB, Sly... - Ah ? Non...". Pour moi, les Red Hot ont desservi la cause funky en proposant ce brouet rock-rap-metal-funk qui n'aura servi qu'à populariser la culture skate, et autres conneries impardonnables. Si je veux entendre du vrai funk, je vais ailleurs ! Du côté des syncopes meurtrières des Meters, des pluies acides de Funkadelic... Et du vrai rap, du côté des laborantins fous d'Outkast ou De La Soul...

redhotchilipeppers

Les cocottes insipides de Frus"chiant"e, le slap casse-couilles de Flea, et le débit pitoyable de Kiedis (en couse avec Jean-Louis Aubert pour le titre de "chanteur le plus faux de tous les temps") m'ont toujours empêché d'adhérer à leur démarche. Cet album hurle son époque de toutes ses pores : "Plus de 60 minutes ! Des Bermudas ! Des "motherfuckers" comme s'il en pleuvait !". Bref, 1991 !!! Du coup, cet album est aussi daté que les improbables coupes de caniche du hair-metal, les kilts du Rose en chef (vous avez vu à quoi il ressemble désormais ? Avec la mort de carlos, il a dû penser qu'il y'avait un créneau à prendre...).

Il aura servi (avec le premier RATM, Bad Brains) de détonnateur à toute la vague fusion qui aura égayé les soirées estudiantines des nineties, mais qui semble (à raison) un truc de dinosaures pour les nouvelles générations. Qui écoute encore Dog Eat Dog, Clawfinger, Downset, Sugar Ray ?

Vous allez dire : "Mais pourquoi il l'a pas foutu dans les ratages, ce grand con !". Ben, parce que cet album n'est pas entièrement à jeter par la fenêtre... Chad Smith est un batteur suprêmement capable, et forme une excellente section rythmique avec le Flea, quand celui-ci remise ses exhibitions techniques casse-burettes aux vestiaires. Et il y'a un tiers de l'album qui est d'excellente qualité : comme par hasard, c'est quand les RHCP s'éloignent de leurs obsessions, qu'ils deviennent les plus convaincants.

Je ne citerai pas le mauvais exercice de style sur le "They're Red Hot" de Robert Johnson (SACRILEGE !!!). Mais plutôt l'impeccable trio de ballades "Breaking The Girl"-"I Could Have Lied" (attention, chef d'oeuvre méconnu...)-"Under The Bridge" , le très convaincant et réellement burné "Suck My Kiss", seul morceau hybride à trouver grâce à mes yeux ,  ainsi que les mid-tempos plus intriguants "The Righteous And The Wicked" et surtout le très très réussi morceau-titre.

En bref, un album daté, trop long, et qui ne mérite certainement pas selon moi son statut de chef-d'oeuvre. "One Hot Minute" étant le seul RHCP à pouvoir revendiquer (et encore, de justesse, faut pas charrier ! même si je l'aime vraiment beaucoup) cette étiquette.

Leslie B.

Chronique complémentaire de ClashDoherty :

Leslie Barsonsec avait abordé ce disque il y à de cela quelques années (2010, ce qui ne fait pas très long, mais pour le blog, c'est la préhistoire !). Au moment de la parution de sa chronique (située ci-dessus, évidemment), je me demandais si j'allais, ou pas, aborder cet album, ou un autre des Red Hot Chili Peppers, By The Way (finalement, je n'ai fait ni l'un ni l'autre, mais je me rattrape maintenant ; By The Way sera bientôt abordé, d'ailleurs). La chronique de Leslis étant aussi bien foutue que drôle, je me suis dit à quoi bon, il a tout dit. Mais j'avais quand même envie d'aborder Blood Sugar Sex Magik (car il s'agit de cet album). Ce disque, c'est le cinquième album des Californiens Red Hot Chili Peppers, leur premier des années 90 (il date de 1991) et leur premier produit par Rick Rubin (qui produira les autres). Comme Leslie l'a dit, et comme je l'ai dit au sujet d'autres albums abordés (ou plutôt réabordés) récemment (Superunknown de Soundgarden, Urban Hymns de The Verve), l'album est victime de son époque, il est terriblement long : 17 titres (déjà !) pour quasiment 74 minutes. Ce n'est pas le plus long des Red Hot (Stadium Arcadium, ce ratage, dure 120 minutes, il est double, l'enculé), mais un des plus longs. Parmi les 17 titres, on dénombrera quelques classiques. Les fans du groupe (je n'en suis pas un, mais je l'ai déjà dit) portent généralement cet album best-seller mondial en très haute estime, il est un de leurs préférés, si ce n'est le préféré. Il faut dire que ce deuxième album avec le guitariste John Frusciante (qui partira pour des raisons d'addiction à la came durant les deux ans qui suivront, sera remplacé pour le disque suivant, le grandiose et très hard-rock One Hot Minute de 1995, par Dave Navarro de Jane's Addiction, et reviendra en 1999 pour Californication ; il n'est plus dans le groupe, désormais) pose les bases du renouveau du groupe, qui a bien réussi à surmonter le décès de leur premier guitariste Hillel Slovak et le départ de Jack Irons (leur premier batteur), remplacé par la suite par Chad Smith en 1988.

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Alors, cet album ? Ben... Trop long. Je dois dire que c'est un album que j'écoute TRES rarement, la dernière fois remonte à il y à quelques jours, et la fois d'avant, ça remontait à avant la chronique principale de Leslie, datant tout de même de 2010, ça faisait 5 ans que je ne l'avais pas écouté, environ ! Pour By The Way, que j'aborderai ici bientôt, c'est pire, ça fait 10 piges, depuis sa sortie donc, que je ne l'ai pas refoutu dans ma chaîne hi-fi, le CD prend la poussière dans sa boîte ! Mais retour à Blood Sugar Sex Magik. Il paraît que pendant l'enregistrement, une groupie assez jeune rendait visite, toutes les nuits, aux Red Hot pour une petite partie de Q avec chacun d'entre eux. Ambiance sexy powaaaaaaa et funk à tout va, donc. Le côté funky et sexy se ressent sur le disque, bien souvent plus funk/hip-hop que rock, en fait (tellement proche du hip-hop que ça en devient très rapidement chiant). L'album offre quelques trucs vraiment géniaux, je dois le dire : la ballade pro-drogues Under The Bridge, I Could Have Lied, Suck My Kiss, la chanson-titre, My Lovely Man, Apache Rose Peacock... Certains citeront Give It Away (un des gros tubes de l'album avec Under The Bridge), mais pas moi. Le long Sir Psycho Sexy de plus de 8 minutes (la plus longue, de très loin) est pas mal, mais trop longue. On va la rentrer dans la colonne positif du bilan, cependant. Ca fait, dans la colonne débit, une dizaine de chansons, dont l'épouvantable reprise de They're Red Hot (1,45 minutes à chier des parpaings sur la gueule de Sarkozy, je sais que ça vous ferait envie, mais par pitié, retenez-vous tout de même) qui achève le disque, ou bien les deux premiers titres, The Power Of Equality et If You Have To Ask. Le chant d'Anthony Kiedis est comme toujours à la limite d'être totalement insoutenable, mais il chante bien quand il n'en fait pas trop dans le registre white bro', man. N'est pas les Beastie Boys qui veut. La basse de Flea est comme toujours parfaite, et comme Leslie l'a déjà dit plus haut, quand il joue dans le sobre, il assure grave, le petit con. La batterie de Chad Smith, pareil. La guitare de John Frusciante ? Personnellement, je préfère les RHCP avec Dave Navarro, qui apportera un son bien plus rock (mais toujours funky, on ne se refait pas) avec One Hot Minute le mal-aimé-des fans-dont-je-ne-fais-pas-partie-mais-je-l'ai-déjà-dit-je-crois-oh-ça-va-hein.

Blood Sugar Sex Magik est, donc, trop long, trop rempli, trop hip-hopesque, pas assez rock, et la production de Rick Rubin, efficace pour 1991, a vieilli (ça s'entend dès le départ). Elle est un peu fatigante, cette production. L'album est fatigant même sans elle, d'ailleurs, il faut vouloir se fader 73 minutes et je ne sais plus combien de secondes, il faut vouloir s'enquiller 17 titres, et des fois, ça fait mal au ventre avant même de sortir le CD de son boîtier plastique. Disque surestimé, trop long et boursouflé, l'album contient quand même quelques très bons trucs, mais par rapport à ce qui n'est pas terrible ou est tout simplement à fuir, c'est à peine la moitié, un peu moins, en fait. Bref, le bilan est pour le moins inégal, et même penche sérieusement dans le débit. Appelez-moi un juge, qu'ils bloquent leurs comptes. Ah mais non, pas possible, c'est vrai qu'en France, on ne peut pas faire ça sans être jugé d'abord, sinon, comme Nanard l'a dit, ça s'appelle une exécution. Autant pour moi.

The Power of Equality - 4:03

If You Have to Ask - 3:37

Breaking the Girl - 4:55

Funky Monks - 5:23

Suck My Kiss - 3:37

I Could Have Lied - 4:04

Mellowship Slinky in B Major - 4:00

The Righteous & The Wicked - 4:08

Give It Away - 4:43

Blood Sugar Sex Magik - 4:31

Under the Bridge - 4:24

Naked in the Rain - 4:26

Apache Rose Peacock - 4:42

The Greeting Song - 3:14

My Lovely Man - 4:39

Sir Psycho Sexy - 8:17

They're Red Hot - 1:12