U1

Cet album, dans la discographie de U2, possède une place particulière. Il n'est pas rare d'en lire du mal, en tout cas de lire ou d'entendre comme quoi il serait mineur, secondaire, vraiment pas un de leurs meilleurs opus. Chose amusante qui, quelque part, instaure mon statut de non-fan (disons plutôt de mec qui aime vraiment bien écouter du U2 de temps en temps, et possède tous leurs albums dont certains en deux formats, mais ne fera jamais partie de leur fan-club pour autant et ne cite jamais ce groupe parmi ses premières références musicales), j'ai toujours, mais vraiment toujours adoré cet album, leur deuxième, October. Vraiment, ce deuxième U2, sorti en 1981 sous une pochette photographique, est un de mes grands préférés du groupe. Et même de 1981, année qui, à défaut d'être un grand cru, a quand même offert Fire Of Love (Gun Club), Tattoo You (Rolling Stones), 4 (Foreigner), Discipline (King Crimson), Sons And Fascination et Sister Feelings Call (Simple Minds pour les deux), Dare (Human League), Ghost In The Machine (The Police), Killers (Iron Maiden), Bulles (Michel Polnareff)... et cet October, donc. Un disque qui reprend la formule rock à tendance big music du premier opus Boy (et est à nouveau sous la houlette de Steve Lilywhite), mais avec, ici, tout de même, une dimension toute autre. Une grande partie des chansons (il y en à 11, pour 41 minutes) de l'album sont assez mystiques, religieuses dans l'âme, suffisamment pour que l'on puisse, avec October, parler de rock chrétien.

U2

Un cas à part dans la discographie de ce groupe. Ce n'est pas pour cette raison que l'album est un de mes grands préférés, car je ne suis franchement pas orienté sur la religion, quelle qu'elle soit, mais parce que les chansons sont, dans l'ensemble, malgré une production qui a un peu vieilli (et les premières éditions CD des albums de U2 des années 80 sont épouvantables, sans remastérisation, le son est plat, écrasé), époustouflantes. On y trouve un souffle quasi épique, le chant de Bono est puissant, les guitares sont acérées... Le fait que les chansons ne soient pas des roucoulades sur la lune en juin ou le bonheur de sortir avec sa petite amie y est aussi pour beaucoup. I Threw A Brick Through A Window parle de rebellion, mais aussi de quelqu'un qui cherche un guide pour éviter de partir en couilles dans sa vie (et accessoirement de lancer des briques sur des fenêtres ?) ; le groupe, rappel totalement inutile, est irlandais, de l'Irlande indépendante (Eire), mais ne peut pas ne pas parler des tensions en Ulster, de l'IRA, du Sinn Feinn, ce genre de choses. Je ne dis pas que la chanson parle de ça, son message est plus flou, mais il est difficile de ne pas y penser ; même si on ne peut pas qualifier U2 de groupe politique, clairement, avec cette chanson, on sent un message. Ca sera évidemment encore plus fort avec Sunday Bloody Sunday, chanson qui partage son titre et son sujet avec celle de Lennon (1972) et qui parle de...mais si je m'étends là-dessus ici, qu'est-ce que je dirai quand viendra le temps, demain, de parler de War, sur lequel on trouve cette chanson ? 

U3

Photo prise le jour de la prise de la photo ornant la pochette

Assez imprégnées de religion et de mysticisme dans l'ensemble, les chansons d'October, vibrantes ou calmes (il y à les deux), ne sont pas des tubes, hormis la première chanson, Gloria, une petite tuerie de big music avec quelques paroles en...latin (Gloria in te domine, Gloria, exultate), clairement le message est clair, la chanson parle de Dieu, de religion. D'autres chansons possèdent des titres sans équivoque : With A Shout (Jerusalem), Rejoice, Stranger In A Strange Land... Souvent, le chant de Bono est totalement habité, comme s'il était illuminé (Rejoice, I Fall Down). Les morceaux les plus rythmés possèdent, grâce à la guitare de The Edge, une sorte de sauvagerie contenue, c'est du boucan joué par un groupe encore juvénile, pas encore assuré d'avoir une longue carrière (on ne peut pas dire qu'October soit un disque facile, surtout en tant que deuxième album, celui qui doit faire mieux que le premier, et en tout cas, surtout pas moins bien que lui) et qui semble, ici, parfois, tout balancer, au risque de paraître cacophonique (With A Shout (Jerusalem) avec ses giclées de guitare qui sonnent comme des décharges électriques, Rejoice et Is That All ? qui, elles aussi, explosent parfois). A côté de ça, on a aussi de belles ballades, des complaintes, douces, amères, tristes, mélancoliques, contemplatives. Il y en à peu, mais elles comptent totalement : Scarlet (qui semble au bord d'un nuage tant elle sonne irréelle), Tomorrow (qui, cependant, se finit en rock) et surtout, surtout, la chanson-titre, magnificence tristounette qui vous confirmera sans doute dans votre opinion comme quoi octobre est à la fois un des plus beaux mois de l'année, et un des plus déprimants, aussi. Une des plus belles chansons du répertoire entier de U2. Et quant à l'album, qui mérite amplement qu'on l'écoute plusieurs fois, c'est selon moi un pas en avant par rapport à Boy, et une très belle réussite. 

FACE A

Gloria

I Fall Down

I Threw A Brick Through A Window

Rejoice

Fire

FACE B

Tomorrow

October

With A Shout (Jerusalem)

Stranger In A Strange Land

Scarlet

Is That All ?