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David Bowie quitte RCA (chez qui il était depuis 1969, il me semble, ou 1970) en 1983, pour passer chez  EMI (qui rachètera le catalogue antérieur par la suite). Il marque direct le coup en sortant Let's Dance, album de white funk/white dance terriblement commercial (un sticker sera même apposé sur la pochette, pour prévenir les fans, il me semble !), produit par Nile Rodgers et enregistré avec un Stevie Ray Vaughan encore peu connu, un album rempli de tubes, et qui, franchement, mérite en fait nettement qu'on s'y intéresse. Il y à du pas glop dessus (Shake It, Without You), mais au final, je ne peux me lasser de Modern Love, China Girl, Cat People (Putting Out Fire) (même si la version faite pour le film La Féline, différente de celle de l'album, est supérieure) et Criminal World, reprise de Metro. Soit la moitié de l'album. Tournée triomphale. Bowie enregistre ensuite Tonight, en grande partie constitué de reprises, en 1984. Loving The Alien est à tomber, le reste ne vaut pas tripette, et est même parfois à la limite du blasphème (oser toucher au God Only Knows des Beach Boys...). Bowie reniera ce disque. Il reniera aussi le suivant, sorti en 1987, Never Let Me Down, cet album-ci donc. Un album qui, personne ne pourra le savoir encore, sera son dernier solo pour 6 ans, Bowie ayant, en 1989, monté le groupe Tin Machine qui tiendra jusqu'en 1992. Never Let Me Down, je l'avais abordé ici autrefois, en ratages musicaux, chronique absolument sanglante. Il me semble que je l'avais réabordé, mais je n'en suis pas sûr. Je le réaborde, en revanche, bel et bien ici, et s'il est toujours rangé dans les ratages musicaux, je dois dire que j'ai quand même un peu hésité à le changer de catégorie pour le même dans la pop/rock. J'aurais conservé le tag, l'air de dire attention, c'est quand même pas génial du tout, mais bon, je pense que j'aurais perdu un peu de crédibilité en le virant de la catégorie. En tout cas, j'aurais perdu en autocrédibilité. 

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L'album n'est pas bon, voilà. Il est souvent considéré comme le pire de Bowie, lui-même devait penser à peu près pareil (comme je l'ai dit, il reniera Tonight et l'album), mais il dira quand même avoir de l'affection pour certaines chansons et envisagera rapidement l'idée de refaire totalement l'album. Ce qui sera fait, mais après sa mort, en 2018, je n'ai pas écouté cette nouvelle version, je ne sais pas ce qu'elle vaut. Bowie avait de l'affection pour plusieurs chansons de l'album, mais certainement pas pour Too Dizzy, l'avant-dernière du lot, qu'il fera, sans scrupules, retirer de toutes les rééditions de l'album, et qui n'est donc disponible que sur le vinyle original, et sur la première édition CD. Pourquoi ? Ecoutez cette chanson et vous comprendrez, c'est vraiment nullissime, à chier. Je me suis payé le vinyle d'époque, il y à quelques années, pour deux raisons : la collection, et avoir cette chanson. Après écoute, je ne peux que me ranger à la décision de Bowie  de la virer. C'est certes con de ne pas proposer un album entier dans ses rééditions, mais franchement, Never Let Me Down en sort grandi. Déjà qu'il n'est pas terrible... Mais, en fait, il n'est pas si horrible que ça. Il n'est pas aussi correct que Let's Dance, mais il est infiniment supérieur à Tonight. En fait, même si certaines chansons (Shinin' Star (Makin' My Love) avec ce mini-rap signé de l'acteur Mickey Rourke... '87 And Cry... Too Dizzy... New York's In Love...) sont à chier, on a quand même du bon ici. Notons que toutes les chansons à chier sont sur la face B. 

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La face A, elle, offre la belle ballade Never Let Me Down (dédiée à Corinne 'Coco' Schwab, assistante personnelle de Bowie depuis 1974, et jusqu'à la fin de vie de Bowie), l'efficace Time Will Crawl sur les dangers du nucléaire, le très bon Zeroes qui fait dans son titre allusion à deux anciennes chansons de Bowie (cherchez lesquelles, mais c'est vraiment pas dur), de manière indirecte. La face B offre deux bons morceaux, quand même : Glass Spider (la tournée s'appellera du nom de ce morceau, et sera un salmigondis de danse et de théâtre assez indigeste) et la reprise du Bang Bang d'Iggy Pop, que l'Iguane avait placé sur Party en 1981. Ces chansons ne sont pas mauvaises du tout, même vraiment excellentes, et on notera qu'elles représentent dans les 23 minutes sur l'album (qui, dans sa version initiale 11 titres, en dure 48), c'est grosso merdo la moitié, et ce n'est pas négligeable. Après, quelle que soit la chanson, la production made in 1987 fait mal, c'est évident. Niveau musiciens, on notera la présence du guitariste Peter Frampton, ancienne gloire de Humble Pie et en solo, mais qui, depuis la fin des années 70, est un peu has-been. On a aussi, et pour la dernière fois (mais c'est un fidèle depuis 1974) pour de longues années (il reviendra pour 1.Outside en 1995), Carlos Alomar. On a aussi Erdal Kizilcay, Philippe Saisse, Carmine Rojas, Stan Harrison, Lenny Pickett, Steve Elson, et Sid McGinnis. Au final, un album mal aimé, pas terrible, mais pas le pire de Bowie non plus, au final. Tout en reconnaissant totalement qu'il n'est pas d'un niveau à faire péter une braguette, même d'eunuque, j'avoue plutôt bien l'aimer, presque malgré moi, et malgré la présence de quatre morceaux absolument inexcusables de nullité. 

FACE A

Day-In, Day-Out

Time Will Crawl

Beat Of Your Drum

Never Let Me Down

Zeroes

FACE B

Glass Spider

Shining Star (Makin' My Love)

New York's In Love

'87 And Cry

Too Dizzy

Bang Bang