ldc8838

Le premier album de Chicago, Chicago Transit Authority (leur premier nom, qu'ils devront rapidement changer et donc raccourcir suite à des exigences de leurs homonymes, compagnie des transports publics de Chicago, qui étaient là avant...), sorti en 1969, est double. Qu'un premier album soit double n'est pas incroyable, mais c'est, cependant, peu courant (Redbone, Zappa, sans doute d'autres, mais aucun autre ne me vient à l'esprit actuellement). Un premier album, on l'a revu récemment, franchement incroyable, un des meilleurs doubles albums studio de l'histoire du rock, même si le terme 'rock' est, avec Chicago, un peu facile et extrêmement vague. Il n'y à pas de catégorie jazz-rock sur le blog, il devrait, je sais (il y à 'jazz' et 'jazz-fusion'), et si c'était le cas, cet album, et le précédent du groupe, et leur(s) suivant(s) jusqu'à au moins 1971, seraient dedans, car c'est ce que c'est : du jazz-rock. Chicago, qui raccourcit donc définitivement son nom en 1970, était une sorte de big band de rock, ils étaient sept, donc trois cuivristes (un tromboniste, un saxophoniste, un trompettiste), et parmi les sept magnifiques, trois poussaient la chansonnette, selon le morceau. Leur guitariste, Terry Kath, mort connement en 1978, était considéré comme un des très grands de la guitare, Hendrix lui-même le disait, il est meilleur que lui. Après le carton du premier album (c'est vraiment rare de tomber sur un double album - 76 minutes - aussi parfait), le groupe, toujours sous la houlette du producteur James William Guercio (futur créateur du studio Caribou Ranch), va enregistrer son deuxième album. Normal, logique ; faire directement le troisième album sans passer par le deuxième aurait été mal compris.

CTA6

Verso du CD (oui, c'est moche)

Le premier album était éponyme, et à l'époque, le groupe avait encore son nom à rallonge électrique. Le second vient après le raccourcissement, et est, lui aussi, éponyme, Chicago donc. C'est ce qui apparaît sur les labels de face, sur les tranches du CD (il me semble en revanche que rien n'apparaît sur la tranche du vinyle). Mais pour plus de commodité, il est souvent appelé Chicago II, ce qui est logique. La pochette est d'un simplicité biblique : fond gris métallisé, et le logo du groupe, au centre. Recto comme verso, c'est exactement la même chose. Pochette ouvrante avec les crédits et les paroles de It Better End Soon. Ah, oui, autre chose : Chicago II est, encore une fois, double. Deuxième double album d'affilée. Un double album nettement plus court que le précédent, il dure, en effet, 10 minutes de moins, 66 minutes donc. Mais si le premier album offrait 12 titres pour la plupart assez étendus, celui-ci en offre... 23. Ou 11. A vous de voir, le CD, lui, en offre 23, la preuve avec la photo ci-dessus. Mais il faut savoir que pas mal de morceaux sont en fait des sous-parties d'une suite de morceaux. It Better End Soon, que je viens de citer, est constitué de quatre mouvements, qui totalisent un peu plus de 10 minutes. Memories Of Love contient aussi quatre sous-parties, pour 9 minutes. Le pompon du marin revient à Ballet For A Girl In Buchannon, qui offre sept sous-parties, pour 13 minutes. Il va sans dire qu'en raison du découpage en CD (23 plages audio), écouter l'album sur son lecteur MP3 est difficile, chiant, surtout si votre lecteur est mal configuré et laisser une petite pause d'une seconde entre chaque titre. De quoi rendre fou. 

CTA5

Le contenu musical de ce deuxième cru de Chicago est une totale réussite, encore une fois. Même si l'agencement en plusieurs morceaux très courts (en tout, sept morceaux n'atteignent pas les 2 minutes au chrono) rend l'album moins immédiatement acrocheur, j'ai envie de dire, que le précédent opus qui offrait deux fois moins de morceaux, mais qui prenaient leur temps et se laissaient apprivoiser, je trouve, un peu plus facilement. Mais musicalement, c'est du kif-kif, on a du jazz-rock parfois un peu expérimental, parfois assez pop (le sublimissime final, interprété par le bassiste Peter Cetera, Where Do We Go From Here ?, ou bien son 25 Or 6 To 4, deux morceaux inusables, intouchables), d'une belle perfection formelle. Dès le premier morceau, Moving In, on est dedans, pendant un peu plus d'une heure qui passe vraiment comme une demi-heure. Le Ballet For A Girl In Buchannon est une suite absolument passionnante, qui entremêle divers solos (flûte traversière sur Anxiety's Moment, notamment), offre un moment de pure douceur (Colour My World), et malgré sa construction en sept sous-parties, l'ensemble sonne comme un tout, indissociable (on ne va pas s'amuser à juste écouter To Be Free ou West Virginia Fantasies, de toute façon, ça n'aurait aucun sens). In The Country, Fancy Colours (deux morceaux indépendants) et la suite finale It Better End Soon (morceau très engagé, qui le sera encore plus en live : la guerre, les inégalités, il faut que ca cesse, et vite, mes amis) sont d'autres grands moments qui font de ce deuxième cru de Chicago une réussite majeure du genre. Pas mon préféré, car comme je l'ai dit plus haut, je préfère le premier, aux morceaux plus développés (mais après tout, ici, on a en fait 11 titres, c'est surtout l'agencement CD qui les découpe en lanières, ce découpage est moins flagrant en vinyle). Mais il faudrait être fou pour passer à côté de ce Chicago II si on a aimé le premier album. Beaucoup estiment que ce deuxième opus est leur meilleur. Il ne sera pas moins cartonneur que le premier, en tout cas : Chicago est définitivement lancé, ici. 

FACE A

Moving In

The Road

Poem For The People

In The Country

FACE B

Wake Up Sunshine

Ballet For A Girl In Buchannon :

a) Make Me Smile

b) So Much To Say, So Much To Give

c) Anxiety's Moment

d) West Virginia Fantasies

e) Colour My World

f) To Be Free

g) Now More Than Ever

FACE C

Fancy Colours

25 Or 6 To 4

Memories Of Love :

a) Prelude

b) A.M. Mourning

c) P.M. Mourning

d) Memories Of Love

FACE D 

It Better End Soon :

a) 1st Movement

b) 2nd Movement

c) 3rd Movement

d) 4th Movement

Where Do We Go From Here ?