BOER

En 1969, Dennis Hopper réalise Easy Rider, qu'il interprète avec Peter Fonda et Jack Nicholson, un road-movie qui est probablement le premier film indépendant à obtenir un succès considérable au box-office, un film réellement culte. Un film possédant une bande-son inoubliable mélangeant Steppenwolf, les Byrds, Hendrix, The Band et Dylan (chanté par McGuinn, leader des Byrds). La même année, mais après, les Byrds, alors composés du chanteur/guitariste/claviériste/compositeur Roger McGuinn, du guitariste Clarence White, du bassiste John York et du batteur Gene Parsons (aussi guitariste et banjotiste, par ailleurs) enregistrent et sortent Ballad Of Easy Rider, un album que l'on pourrait faussement considérer comme une bande-son du film. C'est en fait plus simple et plus compliqué que ça : l'album se base rapidement (la chanson-titre) sur le film, mais est, en fait, indépendant, et tire son titre d'un film à succès pour, lui-même, attirer le succès. En 1969, en effet, l'Âge d'Or des Oyseaux est révolu (malgré le fait que leur meilleur album, Dr Byrds & Mr Hyde, date justement de 1969, c'est leur album précédent, qui sera d'ailleurs un bide commercial).

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En fait, les Byrds ne font plus rêver personne depuis 1968 et le départ chaotique de David Crosby. Ni Sweetheart Of The Rodeo (album country-western avec Gram Parsons, 1968) ni Dr Byrds & Mr Hyde (album très rock, 1969) ne convainquent les rock-critics et les fans de la première heure, malgré leur évidente réussite artistique. Ballad Of Easy Rider, avec sa chanson-titre qui sera un beau petit succès (et sera, de tous les singles des Byrds, le plus court : la chanson dure pile-poil 2 courtes minutes), ne sera pas lui non plus un succès. Mais c'est, pour une fois, justifié, car l'album est franchement mauvais. McGuinn, seul membre original des Oyseaux, a perdu son feeling avec le groupe. Sur les 11 chansons (pour environ 33 minutes) que proposent Ballad Of Easy Rider, Deux, trois au mieux, sont réussies : la chanson-titre, Jesus Is Just Alright (une reprise ; par la suite, les Doobie Brothers en feront une meilleure version) et la reprise du It's All Over Now, Baby Blue de Dylan (qui dure presque 5 minutes, c'est assez rare d'avoir une chanson aussi longue chez les Byrds).

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Le reste est à l'avenant : Fido est une chanson horripilante sur un clébard, Tulsa County, Oil In My Lamp, There Must Be Someone (I Can Turn To) et Gunga Din sont nullissimes et chiantes, et le final de même pas 2 minutes, Armstrong, Aldrin And Collins, est un morceau foutraque rendant certes hommage aux trois astronautes ayant été sur la Lune (pauvre Collins, qui n'a pas foulé le sol lunaire, consigné dans Apollo), mais qui n'en est pas moins musicalement proche de la température hivernale de la Sibérie. Vous dire. Ballad Of Easy Rider, en plus, souffre d'un artwork assez moche (ce qui n'arrange rien, mais ça n'aurait de toute façon pas arrangé la musique si la pochette avait été sublime, faut le reconnaître). Entre reprises et chansons composées par le groupe, l'album se plante là où Dr Byrds & Mr Hyde avait réussi (malgré les critiques). Ce dernier album des 60's (pour les Byrds) prouve que le groupe de McGuinn est mort. Les reformations et autres albulms (notamment en 1970 le très réussi double album (Untitled) à la fois live et studio) n'y feront rien.

FACE A

Ballad Of Easy Rider

Fido

Oil In My Lamp

Tulsa County

Jack Tarr The Sailor

FACE B

Jesus Is Just Alright

It's All Over Now, Baby Blue

There Must Be Someone (I Can Turn To)

Gunga Din

Deportees (Plane Wreck At Los Gatos)

Armstrong, Aldrin And Collins