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Allez, on va encore une fois reparler un peu d'Elton John (et j'annonce ici en avant-première qu'un album de lui n'ayant pas encore été abordé ici - contrairement à celui dont je vais parler aujourd'hui, abordé pour la première fois il y à plus de 10 ans - sera enfin abordé ici dans un avenir extrêmement proche, genre quelques jours). Pas avec n'importe quel album. J'ai récemment (quelques semaines) parlé ici du cas de 21 At 33, album qui, pour Elton, entamait la décennie 80 d'une assez moyenne façon, un album, il faut l'avouer, très secondaire malgré une ou deux chansons vraiment sympathiques. Il me semble que dans ma chronique, j'avais dit qu'Elton John avait, selon moi du moins, sorti son dernier grand album en 1976, et qu'ensuite, cacapoum, que de la daube (ou, dans le meilleur des cas, des albums corrects, mais pas dignes de figurer parmi les éternels eltonjohniens). Hé ben, l'album de 1976, figurez-vous que c'est celui-là ! Si ! Blues Moves, sorti le 22 octobre 1976, enregistré en mars de la même année en divers studios (Toronto, Abbey Road, Los Angeles, Santa Monica - dans le studio des Beach Boys - et mixé à Londres, Marquee Studios), le voilà, pour moi en tout cas (mais je ne suis pas le seul à le penser), le dernier joyau du chanteur. En plus, avec une durée de presque 85 minutes, c'est un double album, et toujours double en CD, contrairement à l'autre double album de Bétonne John, Goodbye Yellow Brick Road (1973).

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Ce disque est sorti sous une belle pochette bleue (vu le titre, une autre couleur aurait été limite insultant, en tout cas très con) représentant des gens assis sur de l'herbe, une peinture à l'aspect naïf. L'intérieur de pochette montre d'un côté, une photo d'un Elton assez exubérant, et de l'autre, Elton et ses musiciens de l'époque, dont James Newton Howard, Caleb Quayle, Davey Johnstone, Ray Cooper et Kenny Passarelli. Certains ont des looks assez...euh...comment dire...voir la chemise de Johnstone ! Les deux sous-pochettes, aux teintes bleues, proposent les paroles des morceaux (il y en à 18, mais trois sont instrumentaux : Your Starter For..., Out Of The Blue et Theme From A Non-Existent T.V. Series), et deux photos de Bernie Taupin, le parolier. A sa sortie, l'album receva des critiques un peu partagée, l'essentiel des critiques se résumera à ce simple constat : pourquoi faire un double album ? Blue Moves offre, il faut le dire, des chansons absolument admirables, dont le tube mélancolique Sorry Seems To Be The Hardest Word qui ouvre le second disque, mais on y trouve aussi quelques chansons que je ne qualifierai pas de mauvaises, mais, disons, de secondaires, passables. Des fillers, comme on dit. Avoir un ou deux fillers sur un album, c'est toujours un peu chiant, mais quand on en a suffisamment pour remplir une face entière, c'est un problème, et le constat est sans appel : bien que dernier grand disque d'Elton, Blue Moves est inégal et aurait été bien meilleur en simple album. Parce qu'ici, par exemple, entre Where's The Shoorah ?, Between Seventeen And Twenty, Someone's Final Song, Idol et Bite Your Lip (Get Up And Dance !), cette dernière surtout parce qu'elle s'éternise inutilement, c'est clair, on a environ 25 minutes de morceaux assez secondaires. Et je rajoute la minute inutile de Theme From A Non-Existent T.V. Series dans le lot. 

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Tous ces morceaux sont sur le second disque, et quasiment tous sur la face D. C'est un fait, l'album se termine un peu avec de l'essoufflement. Mais Blue Moves offre aussi et surtout de vraies réussites, comme le tube cité plus haut (la chanson la plus connue de l'album), comme The Wide-Eyed And Laughing enregistré avec Crosby et Nash aux choeurs, comme Cage The Songbird (sur lequel ils apparaissent aussi aux choeurs) sur Edith Piaf, comme l'ouverture, longue, orchestrale et sublime, Tonight, comme, aussi, Boogie Pilgrim, One Horse Town, Crazy Water, Chameleon et l'instrumental Out Of The Blue. Sur ces morceaux, qui totalisent plus de minutage que les fillers de l'album et c'est bien heureux, Elton prouve encore une fois qu'il est un grand mélodiste, musicien et chanteur (et Taupin, un excellent parolier). Ces morceaux font de Blue Moves un album indispensable à tout amateur d'Elton John et de bonne pop music, mais il est tout de même clair que par le passé, il a fait nettement mieux. Ici, c'est clairement l'ambition (faire un double album) qui a un peu gâché l'ensemble. Et à ceux qui diront que cet album est son deuxième double album et que cet argument (l'ambition d'en faire un double) ne tient pas, je leur rappelle que le précédent double album, en 1973, n'était pas prévu pour être double à la base, c'est la qualité des morceaux enregistrés, et leur nombre, qui imposera ce format. Ici, on sent clairement que dès le départ, Elton voulait faire un double album, et a donc conservé le max de morceaux, quitte à en laisser quelques uns qui, franchement, ne le méritaient pas trop. En résulte un disque un peu bancal...mais ses meilleurs moments sont nombreux et vraiment exceptionnels, donc j'ai quand même un peu de mal à être critique à son sujet !

FACE A

Your Starter For...

Tonight

One Horse Town

Chameleon

FACE B

Boogie Pilgrim

Cage The Songbird

Crazy Water

Shoulder Holster

FACE B

Sorry Seems To Be The Hardest Word

Out Of The Blue

Between Seventeen And Twenty

The Wide-Eyed And Laughing

Someone's Final Song

FACE D

Where's The Shoorah ?

If There's A God In Heaven (What's He Waiting For ?)

Idol

Theme From A Non-Existent TV Series

Bite Your Lip (Get Up And Dance !)