cure_japwhisp

En 1982 paraissait le médiocre Pornography, et son ambiance sombre à deux balles qui m'emmerde profondément (heureusement que le morceau titre valait le coup)... Gallup, pour une sombre histoire de bières non payées, partit et avec lui se son de basse si élastique, si reconnaissable. En 1983, le nouveau Cure est dans les bacs et avec lui pléthores de tubes et de singles. N'était-ce pourtant pas Robert Smith qui disait détester les tubes? Il tourne la veste quand ça lui chante ce bonhomme... Le fil conducteur de ce disque était de détruire l'image sombre et trop sérieuse de cure, de se décrédibiliser en quelque sorte. De la même manière que Dylan avec Blonde On Blonde et Self Portrait par exemple!

zap_cure

Japanese Whispers est un album diamétralement opposé à la trilogie glacée qui fit la renommée de la bande à Smith... En effet, ces murmures japonais sont chauds même brûlants par rapport à la température en dessous du zéro d'un Faith. Le groupe rend sa musique radio-diffusable et s'attire les foudres des fans acquis à la cause "cold-wave". Faut dire que le groupe ne fait pas les choses à moitié: tubes, chansons d'amours et autres facilités pop parsèment cette galette. The Cure devient un groupe de néo-romantique facilement casable à côté de duran duran par exemple. Néanmoins, il serait erreur et mauvaise foie de dire que cet album est tout rose... Deux titres peuvent se targuer d'être sombre, ces titres sont les excellents Just One Kiss et The Lament qui rappellent indéniablement l'ambiance automnal d'un Seventeen Seconds et l'ambiance hivernale d'un Faith. Néanmoins, les titres plus rose-bonbons comme The Lovecats ou The Walk possèdent un côté décalé et fou assez déconcertant. Je pense notamment au clip du premier, kitsch mais petite merveille tout de même! Ainsi, je ne me sens jamais "oublié", si j'ose dire... Le principal reproche que l'on peut faire à ce Japanese Whispers, c'est qu'il lui manque clairement un fil conducteur. Album assez hétérogène misant tout sur la force des titres qui le compose... Oui, il est conçu comme une sorte de best-of avant l'heure (comme Rio de Duran Duran, que je chroniquerai bientôt ici). Les singles s'enchaînent à la vitesse de l'éclair et l'album aussitôt écouté une accoutumance s'installe chez l'auditeur! Cette sensation est renforcé par la courte durée de l'album (28 minutes 40)...

DISTER_Cure_2085_simon_robert_20_preview

Japanase Whispers peut se targuer de ne posséder aucun titre faible ( tout juste on pourra qualifier The Walk de kitschounette), malgré tout son ambiance générale peut ennuyer l'auditeur fan de la trilogie glacée. Pourtant, à l'écoute de cet objet une certitude, Robert Smith a réussi son pari. Il délivre un album agréable et varié, pas essentiel mais pas dégueu' pour autant. Assez varié pour ne pas lasser ( que les titres soient sombres Just One Kiss, The Dream, The Lament ou qu'ils soient joyeux The Lovecats) et assez cohérent pour ne pas le lâcher au bout de deux semaines. Malheureusement, il manque clairement un fil conducteur. A écouter de toutes façons!

tracklist:

1. Let's Go To Bed
      2. The Dream
      3. Just One Kiss
      4. The Upstairs Room
      5. The Walk
      6. Speak My Language
      7. Lament
      8. The Lovecats