BS1

Alors que Bruce Sprinsgteen a sorti, récemment (oh, pas cette semaine-ci, ni ce mois-ci, mais il y à quelques mois) un nouvel album, j'ai eu envie de reparler un peu, ici, d'un de mes albums préférés de lui, et que je n'avais pas abordé ici depuis 10 ans. Et puis, oui, promis, je l'aborderai ici, ce nouvel album. Mais bon, place à un disque culte des années 80, que je réécoute souvent en ce moment (il m'accompagne notamment en bagnole sur la route pour aller bosser, et écouter ce genre de musique le matin, c'est vraiment bonnard), un album sorti en 1984, le septième album du Boss en 11ans d'existence discographique, et un de ses plus gros succès commerciaux : Born In The U.S.A. le bien-nommé. Bah oui, parce qu'il est born dans les USA, le Bruce. Ah, ça tient à peu de choses, la réussite d'un nom d'album. Ce disque fut mon premier album de Bruce (j'ai immédiatement enchaîné sur celui qu'il venait alors de sortir, The Rising, c'était donc en 2002, et j'ai donc, étant né l'année de Nebraska, découvert assez tard les albums du Boss, même si je connaissais alors déjà pas mal de ses chansons), je me souviens encore de ma première écoute. Passé le morceau-titre que je connaissais déjà par coeur, je me suis retrouvé avec une légion de morceaux que j'ai assez rapidement, et à une ou deux exceptions près, classés dans la catégorie tiens, ce morceau est limite encore meilleur que le précédent !, ce qui veut  tout dire. Des morceaux, l'album en offre 12, pour une durée assez généreuse de 46 minutes bien tassées. Sous une pochette pas vraiment patriotique malgré le red, white & blue de rigueur : on y voit, sur fond de drapeau américain (juste les bandes), le Boss, de dos, en T-shirt blanc et jeans, une casquette dans la poche de cul du jeans, une main placée devant le jeans, comme s'il était en train de pisser sur le stars'n'stripes, le saligaud. Au verso, la même chose. Une sous-pochette bleue le montre en photo couleur, ainsi que les membres de son groupe, en photos individuelles noir & blanc. Un insert avec les paroles. C'est tout.

BS2

Le groupe en question, qui l'accompagne quasiment dépildébu, c'est le E-Street Band, ici dans sa formation optimale : 'Miami' Steve Van Zandt (guitare), Clarence Clemons (saxophone), Garry Tallent (basse), Danny Federici (orgue, synthétiseur), Roy Bittan (piano, synthétiseur), Max Weinberg (batterie), et le Boss lui-même est à la guitare. Un certain Nils Lofgren rejoindra le Band à la guitare (en remplacement de Van Zandt) peu après la sortie de ce disque. L'album est produit par Bruce, Van Zandt, Jon Landau et Chuck Plotkin et a été enregistré à Nouillorque. A l'époque, Brucie sort juste de l'expérience incroyable de Nebraska. Sorti en 1982, ce disque est un des premiers albums de lo-fi de l'histoire, le Boss l'a enregistré chez lui, seul avec sa guitare et un piano, sur un enregistreur à cassettes, comme des démos. Il sortira le disque tel quel, et l'album, bien accueilli par la presse (Bruce est déjà le Boss depuis un paquet de temps à cette époque ; plus tôt dans sa carrière, Nebraska aurait très bien pu la clore sans problème), sera un très gros succès, contre toute attente. Mais le Boss a envie d'un anti-Nebraska, et il va l'accomplir deux ans plus tard avec ce Born In The U.S.A. dont la chanson-titre a justement été écrite durant les sessions de l'album de 1982 et a failli s'y trouver (est-ce pour ça que la face B de Nebraska ne dure qu'un quart d'heure, contre 25 minutes pour la première face ? Un déséquilibre qui fut d'ailleurs 'réparé' dans la réédition vinyle la plus récente de cet album, au passage). Cettte chanson-titre, tout le monde en a parlé pendant des plombes et des minutes, depuis qu'elle existe. Tube mondial qui est bien souvent la SEULE chanson que les masses connaissent de Bruce, elle n'est pas ce que l'on pense qu'elle est. Non, c'est pas un hymne patriotique, Ronnie talk to Russia Reagan était décidément bien con de le penser, ce sacré cowboy de mes saintes couilles. La chanson parle d'un vétéran du 'Nam qui, de retour dans son pays, n'arrive pas à trouver du boulot et se sent inutile, vétéran, de plus, d'une guerre perdue. Il pense à son frangin (ou à un frère d'armes) probablement mort au feu, qui aimait une fille de là-bas, dont le narrateur conserve une photo chez lui en souvenir. Ah oui, entre le chômage, les mauvais regards, la récession, etc, c'est vraiment chouette d'être né aux USA, pas de doute. 

BS3

En live, le Boss interprètera souvent cette chanson en acoustique (comme pour rappeler sur quel album elle a failli se trouver), ce qui en accentuera le message, foin de toute cette mitraille pop-rock butante mais peu subtile. Tout l'album ou presque est de ce tonneau. Et il est rempli de hits, aussi : No Surrender, Cover Me (ne me demandez pas pourquoi, et sachez que ça ne m'a pas dérangé du tout, mais cette chanson a trotté dans mon cerveau pendant une bonne semaine, plus que le reste de l'album), le plus lent Dancing In The Dark, Glory Days... Le calme, apaisant et sublime morceau final, My Hometown, aussi. Impossible de ne pas citer le triste et lent Downbound Train, sur une séparation déchirante... Ou le tout aussi lent  I'm On Fire, sublime et trop court (moins de 3 minutes)...ou le très court aussi, et superbement efficace Working On The Highway...Ou le génial Bobby Jean, sur une amitié d'enfance...Darlington County, sur une virée (qui se termine dans la cellule de prison locale) de deux potes, est très sympathique. En fait, il n'y à qu'une seule chanson qui ne m'a jamais botté des masses (mais je ne la considère pas comme ratée, c'est juste question de goût), c'est I'm Goin' Down. Sans cette chanson, l'album ne serait pas moins bon, il serait meilleur, mais elle ne le gâche cependant pas. Je ne la zappe jamais, ça serait mesquin, mais heureusement que c'est la seule comme ça sur l'album. Sinon, quelle patate il file, Born In The U.S.A., c'est peu de le dire. Bruce mérite amplement son surnom de Boss ici. Deux ans plus tard, il fera un cadeau ahurissant à ses fans (cadeau cher, ceci dit, vu le morceau dont il s'agit), un coffret de 5 vinyles (ou 3 CD) regroupant le meilleur de ses concerts de 1975 à 1985. Ensuite, le Boss va un peu s'effondrer, de 1987 (Tunnel Of Love, que je n'ai jamais réussi à apprécier,même si je commence, lentement, progressivement, à de moins en moins le considérer comme un album insignifiant ; un jour, peut-être, l'aimerai-je) à 1992 inclus (la paire Human Touch et Lucky Town, que j'apprécie bien mieux maintenant qu'avant, mais qui restent toutefois des albums vraiment moyens). Pendant une période de 10 ans environ, et même un peu plus que 10 ans, ce disque de 1984 sera la preuve la plus récente que Bruce est le Boss. Ou l'a été, et le redeviendra peut-être un jour, mais le surnom demeure. 

FACE A

Born In The U.S.A.

Cover Me

Darlington County

Workin' On The Highway

Downbound Train

I'm On Fire

FACE B

No Surrender

Bobby Jean

I'm Goin' Down

Glory Days

Dancing In The Dark

My Hometown