K1

On va reparler un peu des Kinks sur le blog, j'espère que ça va vous plaire. Dans un premier temps, par le biais de deux albums que j'avais abordé ici en 2009, oui, aussi loin que ça, et que je n'avais pas, au départ, l'intention de réaborder, mais bon, ayant chopé les vinyles l'an dernier, j'ai eu l'occasion de les réécouter de temps en temps, et je dois dire que mon avis a quelque peu évolué à leur sujet. Pas énormément, mais suffisamment pour que, tout en conservant les infâmes tages 'ratages musicaux' sur les deux articles (l'autre sera publié demain, même heure), j'ai décidé de les changer de catégorie, 'rock classique'. Je les sauve un petit peu, pas totalement, mais un peu quand même. La suite des articles (au moins deux, peut-être trois, dans un premier temps) concernera des albums du groupe qui, jusqu'à présent, n'avaient pas encore été abordés ici. Mais dans un premier temps, donc, c'est à des réécritures que vous avez droit. Deux albums qui sont indissociables, et pour cause : il s'agit, en fait, d'un seul et même album en deux parties, sorties séparément, en 1973 et 1974. J'aurais pu les aborder ensemble, d'un seul tenant, mais ce n'était déjà pas le cas en 2009, et je pense que, comme ces deux albums sont sortis séparément  et ont toujours été vendus ainsi, ils méritent chacun leur petit article. Mais ne m'en veuillez pas si l'article de demain est plus court, même si je vais essayer que ça ne soit pas le cas. Bon, il s'agit, les fans du groupe les connaissent bien ces albums, de Preservation. Petit rappel, rapide, pour essayer de comprendre le contexte de la sortie de ces albums.

K2

Entre 1967 et 1971, le groupe de Ray et Dave Davies a sorti cinq albums absolument effarants de maîtrise, de réussite. On peut le dire, un défilé de classiques, cette série d'albums (avec, malgré tout, en 1971, un album raté, que je comptabilise pas parmi les 5 : Percy, bande originale foirée d'un film qui l'est tout autant). D'abord sur le label Pye, le groupe, en 1971 (après Percy), signe sur RCA. Ils sortent Muswell Hillbillies, dernier des 5 grands albums d'affilée, un chef d'oeuve. Puis ils vont s'effondrer. Doucement. Everybody's In Show-Biz - Everybody's A Star, sorti en 1972, double album en partie studio et en partie live (un disque de chaque) offre certes de bons moments sur le frustrant disque live (Brainwashed, Top Of The Pops) et un morceau génial sur le disque studio (Celluloid Heroes) ainsi que quelques morceaux vraiment sympas, mais dans l'ensemble, c'est une baisse de qualité. Preservation Act 1 sort l'année suivante. L'album, 39 minutes, va entériner la descente, qui sera confirmée par le second volet en 1974 et Soap Opera en 1975 (absolument déplorable, celui-là) avant que le groupe, en 1976, via Schoolboys In Disgrace (dernier album RCA, vraiment pas leur meilleure période), ne reprenne du poil de la bête. Passant chez Arista en 1977, ils sortent le fantastique Sleepwalker. Mais bon, là, on est en 1973, donc on est là pour parler de Preservation Act 1. Un album qui, comme tous les Kinks de 1968 (The Village Green Preservation Society) à 1976 (Schoolboys In Disgrace), Percy et le double de 1972 exceptés, est un album conceptuel, qui raconte une histoire. Quelle histoire ? Sincèrement, malgré la présence des paroles et même la précision des personnages (genre telle chanson est interprétée par tel personnage), je ne sais pas trop. Et je dois dire que je m'en fous comme de mon premier couscous. Surtout que cet Act 1, à la base, n'était pas censé exister, le groupe avait l'intention de sortir un double album du nom de Preservation (qui sera Preservation Act 2, qui est, en effet, double) mais sortira ce disque avant, en guise de prologue. 

K3

Un des personnages, Flash, un gangster capitaliste, refera son apparition, adolescent, dans Schoolboys In Disgrace en 1976. Un autre est un clochard, un autre est un vicaire... Le titre de l'album fait penser à leur mythique Village Green Preservation Society de 1968, dont il s'agit, peut-être, d'une sorte de suite. Quel que soit le concept, clairement, il était trop grand pour les épaules des Kinks en 1973. Echaudés par l'accueil quelque peu froid qu'a reçu leur précédent opus, ils auraient dû faire gaffe, profil bas. Mais Ray Davies est ce qu'il est, un mec avec beaucoup de talent - on lui doit quand même Waterloo Sunset, You Really Got Me, All Day And All Of The Night, Picture Book, Victoria, Lola, Celluloid Heroes, 20th Century Man, entre autres, ce n'est VRAIMENT pas rien - mais avec une ambition un peu trop envahissante, et aucune limite. En 1973, il a décidé que les Kinks feraient du rock théâtral, des films pour les oreilles. Mais pour réussir son coup, il faut des chansons qui butent, et un concept qui tient la route. Lola Versus Powerman And The Moneygoround, Part 1 (qui n'a jamais été suivi d'une Part 2), leur album de 1970, est un chef d'oeuvre, parce que tout y fait front. Preservation Act 1 offre, lui, de bonnes chansons - sincèrement, il y en à : One Of The Survivors, Sitting In The Midday Sun, Daylight et surtout Sweet Lady Genevieve sont des réussites - mais il est, dans l'ensemble, longuet, malgré sa courte durée (à noter que le CD rajoute des bonus-tracks, dont Preservation, sorti en single en même temps que l'album, mais séparément, placé, sur le CD, en ouverture), et il est surtout pompeux et ennuyeux. Les Kinks, en 1973, loupent le coche, sans savoir qu'ils vont tomber encore plus bas avec les albums suivants. L'ironie, c'est que malgré qu'il soit double, le second volet est, peut-être, meilleur, mais ce n'est tout de même pas Byzance... La suite demain. 

FACE A

Morning Song

Daylight

Sweet Lady Genevieve

There's A Change In The Weather

Where Are They Now ?

One Of The Survivors

FACE B

Cricket

Money & Corruption/I Am Your Man

Here Comes Flash

Sitting In The Midday Sun

Demolition