SM1

Dans la discographie des Simple Minds, cet album est la plupart du temps relativement mal considéré : on en parle souvent comme d'un disque de transition entre deux époques (la première, arty, parfois un peu expérimentale, et la seconde, de la pop/rock vraiment commerciale). Mais c'est faux, car le disque qui le précède est déjà de la pop. Le disque de transition serait plutôt la paire d'albums (vendus désormais sur un seul CD bien rempli) Sons And Fascination/Sister Feelings Call de 1981. On parle aussi de l'album que je réaborde aujourd'hui comme étant un semi-ratage, des fois. Là aussi, et je vais bien insister là-dessus, c'est totalement faux. S'il y à bien une chose de ratée, ici, c'est la pochette, d'un goût artistique un peu douteux (mais, cependant, qui illustre bien le titre de l'album : on voit des étincelles dans la pluie). L'album, sorti en 1984, est le septième opus studio (et tout court) des Simple Minds, et il s'appelle Sparkle In The Rain. Il a été produit par Steve Lilywhite, et c'est une autre chose un peu négative à dire ici, d'ailleurs : la production est un peu datée, le disque ne sonne pas aussi bien que le précédent (New Gold Dream ('81/'82/'83/'84) de 1982) ou que le suivant (Once Upon A Time, 1985). En fait, si, il sonne bien, mais au premier morceau, ça fait bizarre, l'impression que le groupe a suramplifié sa batterie, et mis Jim Kerr (chanteur) un peu en retrait parfois. On s'y habitue au fil de l'album, ceci étant. 

SM2

Résolument pop/new-wave, bien dans le ton de 1984, Sparkle In The Rain enfonce le clou du très cartonneur précédent opus. Ici aussi, on se retrouve avec une enculade de tubes à ne plus savoir quoi en faire, si ce n'est les sortir en single et les jouer live. C'est bien simple : l'intégralité de la face A est constituée de singles à succès, que le groupe interprète encore régulièrement sur scène. En 2019, les Minds ont sorti un Live In The City Of Angels, et on y trouve, sur la version CD avec bonus-tracks, quatre morceaux de Sparkle In The Rain (deux seulement sur le quadruple vinyle). Sur leur premier live, en 1987, Live In The City Of Light, il y en aura trois. Parmi ces singles, notons le très U2 Waterfront, et son intro de basse ; le délicat East At Easter, moment de grâce qui, en live, depuis son arrivée dans le groupe, est interprété par la choriste Sarah Brown ; le trépidant, et même un peu brutal (la production rend la rythmique totalement frénétique, ici, mais un piano vient quelque peu adoucir l'ensemble) Speed Your Love To Me, qui au premier abord fait beaucoup penser à Up On The Catwalk, qui ouvre le disque... Book Of Brilliant Thing (là aussi, c'est Sarah Brown qui, souvent, en live, chante ce morceau, depuis une quinzaine d'années environ) est remarquable aussi. 

SM3

Tous ces morceaux forment, dans un autre ordre que celui dans lequel je les ai cités, la première face de cet album (qui, album, totalise 44 minutes). La seconde face, elle, n'offre aucun hit, et pourrait sembler moins intéressante, moins immédiate. Moins immédiate, peut-être, et il est vrai que le morceau le moins bon de l'album (The Kick Inside Of Me) s'y trouve, mais le reste de cette seconde face est, vraiment, génial. Comme par exemple cette étonnante reprise du Street Hassle de Lou Reed, deux fois plus courte que l'originale (c'est la première partie qui est adaptée, avec un peu de la dernière), et bénéficiant d'une partie de batterie (de Mel Gaynor) absolument titanesque (ces ruades !!). Jim Kerr y est également en grande forme. White Hot Day est une belle chanson ensoleillée. N'oublions pas aussi de citer l'étonnant et remarquable "C" Moon Cry Like A Baby, il faut peut-être quelques écoutes pour l'aimer, celle-là (et encore), mais qu'est-ce que c'est bon... Et Shake Off The Ghosts, instrumental, est une conclusion parfaite pour le disque, un sommet du genre, magistral, émouvant (la guitare, les synthés). De même que Theme From Great Cities, en 1981, se passait de paroles, c'est clairement le cas de Shake Off The Ghosts, on se dit qu'ici, il est inutile de rajouter du texte, ça fonctionne pleinement tel quel (à noter que dans The Kick Inside Of Me, Kerr cite, dans les paroles, le titre de l'instrumental). Voilà de quoi faire de Sparkle In The Rain un excellent cru des Minds, pas leur sommet mais vraiment un disque essentiel à tout fan, et dont le groupe de Kerr et Charlie Burchill (guitare) n'a pas à rougir du tout. Même la chanson la moins bonne est tout de même pas mal du tout !

FACE A

Up On The Catwalk

Book Of Brilliant Things

Speed Your Love To Me

Waterfront

East At Easter

FACE B

Street Hassle

White Hot Day

"C" Moon Cry Like A Baby

The Kick Inside Of Me

Shake Off The Ghosts