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Duo formé à Manchester dans les années 80, the future sound of London (TFSOL) est un de ces groupes précurseurs. Précurseur de l'IDM (intelligent dance music) ou encore de l'acid, formé de Garry Cobain et Brian Dougans, TFSOL devient vite un des groupes les plus respecté du milieu. Je me charge aujourd'hui de chroniquer ce dead cities, sorti en 1996. Ce ne sera pas chose facile car il y en a des choses à en dire mais je vais quand même tenter de relever ce défi titanesque, ne m'en tenez pas grief si la chro' sera désarticulé, mais vous le savez, c'est vite devenu une de mes marques de fabrique.

Commençons par le commencement et parlons de la pochette car elle est très significative de ce que vous pourrez retrouver dans l’album… Elle me rappelle une certaine déshumanisation, comme son titre l’indique, les villes sont mortes. Personne ne s’y déplace, cette ambiance pesante et oppressante rappelle largement le film 28 jours plus tard de Danny Boyle. Ce vieillard en gros plan est foutrement inquiétant, je trouve… Cette pochette résume, encore une fois, parfaitement l’album. Des voitures rongées par les flammes, des gens morts sur la route, du sang partout. Une vraie boucherie, la fin des temps modernes ?

Mais les compositions de l’album ne sont pas si sombres et glauques que cela dans leur déroulement et dans ce que l’on peut entendre à première vue. Tout se déroule dans l’inconscient de l’auditeur, plongé dans ces ruelles fantomatiques et terrifiantes. Tout se passe dans l’imaginaire de l’auditeur, les titres forment un tout fatalement cohérent. Très homogène mais en même temps très hétérogène, on n’est pas en face du même dilemme que pour l’album Végétal d’Emilie Simon… Un yin et un yang, une complémentarité et une dualité parfaite, poussant l’auditeur dans ses moindres retranchements. En filigrane, malgré tout, TFSOL distille une ambiance rampante et noire comme une nuit sans lune et sans réverbères… Mais rien de sombre et réellement glauque, c’est un véritable tour de force réalisé par le duo de Manchester ! Quiconque connaissant cet album comprendra ce que je veux dire. C’est assez complexe et contradictoire, limite une oxymore…

Dead cities n’est pas un album facile d’écoute, sa relative longueur (1 heure et 6 minutes) poussera l’auditeur à se délaisser de la musique et en profitera pour lire un magazine sans prêter attention à toutes les subtilités contenues dans ce filtre où transpire le malaise.  Il est un crime que de ne jamais avoir poser une oreille sur l’ambiance d’un titre comme Herd Killing avec ses cris en fond. Un titre à la violence extrême (m’enfin… c’est pas du suicide.) qui dégage une aura malsaine incroyable. Encore une fois, ce ne sont pas les titres en eux-mêmes qui font peur mais ce que l’auditeur peut imaginer et ressentir dessus, toutes fois, la musique n’est pas gaie. Cela reste relativement sombre. Ce serait une erreur encore plus grave de passer à côté du fabuleux titre qui donne son nom à ce disque tant il peut donner et faire ressentir à l’auditeur… Enfin, vous l’aurez compris, ce disque pousse l’imagination de l’auditeur à son paroxysme. Ainsi, vous vous imaginerez dans une ville déserte où les déchets s’encombrent avec des voitures en feu dans un titre comme dead cities, vous vous verrez dans des égouts à l’écoute du titre glass. Enfin bref, les diversités de ce disque sont sans limites !

Les morceaux ne sont pas ultra répétitifs comme vous pourriez l’imaginer, au contraire,  certains éléments extérieurs apportent une certaine dimension et densité aux titres qui parsèment cette galette. Vous pourrez aussi bien entendre de la guitare (her face forms in summertime) que du piano (Max), ainsi que des samples à n’en plus finir (My kingdom) ou encore des chœurs féminins (Everyone in the World Is Doing Something Without Me)… Ces petites choses qui n’apporteraient rien sur certains albums permettent à ce dead cities de rester vivant. On n’est pas non plus dans le même style qu’un human after all de Daft Punk.

Le groupe ne se bloque jamais sur un style tout le long du disque, bien au contraire, vous pouvez entendre sur un titre comme Quagmire/in a state of permanent abyss des moments psychédéliques. Sur le superbe et dansant We have explosive (titre se trouvant sur la BO du jeu wipeout) vous plongerez en plein big beat. Enfin bref, ces diversités à l’auditeur averti de ne jamais s’ennuyer !

Malgré sa longue durée (1 heure et 6 minutes), jamais dead cities n’ennuie. Il offre au contraire un panel de sensations et de ressenties immense. Les diversités de ce disque en font une mine d’or et même si la recette par rapport à son prédécesseur n’a pas changé, c’est cette même diversité qui en fait un incontournable. Classique de chez les classiques, si vous ne le possédez toujours pas et que je ne vous ai pas convaincu et bah… Je crois bien que vous êtes irrécupérables ! 

1. Herd Killing
      2. Dead Cities
      3. Her Face Forms In Summertime
      4. We Have Explosive
      5. Everyone In The World Is Doing Something Without M
      6. My Kingdom
      7. Max
      8. Antique Toy
      9. Quagmire / In A State Of Permanent Abyss
      10. Glass
      11. Yage
      12. Vit Drowning / Through Your Gills I Breathe
      13. First Death In The Family

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