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Premier album de The Jam (un trio punk fortement influencé par le rhythm'n'blues, la soul et la vague mod), In The City sort en 1977. 12 titres pour 32 minutes, cet album va vite, très vite. La pochette donne le ton, à mi-chemin entre l'esthétique punk (le tag sur le mur du métro) et le look très Reservoir Dogs, très mod, du trio. Dans l'ordre, sur la pochette, Paul Weller (chant, guitare, compositions), Rick Buckler (batterie) et Bruce Foxton (basse, choeurs). Précisions importante, les Jam sont jeunes, très jeunes. Weller, à l'époque, était encore mineur, 16-17 ans (les deux autres étaient un peu plus âgés). Comme dit dans le livret CD, pas encore l'âge de se taper un porno en toute légalité, pas encore l'âge pour conduire dans la même légalité, mais déjà un fort tempérament rock. Weller n'avait en tout et pour tout qu'un seul disque, chez lui (famille loin d'être riche, père maçon), My Generation des Who. Dont le premier nom de scène étaient les High Numbers. D'où la chanson Away From The Numbers, une des meilleures de In The City. Bricks And Mortar, déluge bruitiste final, est en référence partielle au métier de son père (maçon, je le redis ici) et au fait que le groupe empile les chansons comme des briques et du mortier.

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Comme pour bien rendre évidente la filiation du groupe avec les années 60, les années mod (les mods étaient de jeunes Anglais fanas de rhythm'n'blues et de soul, qui se fringuaient en classe totale et se fritaient avec les rockers - voir le film Quadrophenia de Franc Roddam, inspiré de l'album du même nom des Who, pour en savoir plus), les Jam offrent ici deux reprises, celle de Slow Down (de Larry Williams) et du Batman Theme (de Neal Hefti), sur laquelle la basse de Foxton est en électron libre. D'autres chansons, comme I Got By In Time, Sounds From The Street ou Non-Stop Dancing semblent aussi être en référence aux 60's, et sonnent tout sauf punk. D'ailleurs, In The City, malgré la virulence et le coté speedé de certains titres (l'hymne absolu In The City, Takin' My Love, Art School, I've Changed My Address et sa ligne de basse mémorable), n'est pas vraiment punk. Plutôt soul-punk. Comparé à Nevermind The Bollocks, Here's The Sex Pistols, L.A.M.F. (des Heartbreakers) ou Damned Damned Damned (des Damned), ce premier effort des Jam, leur meilleur aussi (bien que All Mods Cons de 1979 soit immense aussi), est totalement accessible et respectable.

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On y sent toute la rage punk, entremêlée avec une ambiance totalement rétro et mod. Incroyable de se dire que les Jam n'avaient que 20 ans maximum au moment de l'enregistrement de ce disque, car In The City, bien que court et souvent speedé, témoigne d'une maturité ahurissante (Away From The Numbers, comment un ado de 16 ans a-t-il pu écrire ça tout seul, dans sa piaule chez ses parents ?). D'un savoir. D'une connaissance du travail des Anciens. Paul Weller, qui sera surnommé par la suite le Modfather (ce surnom veut tout dire, jeu de mots entre mod et godfather, soit parrain), splittera les Jam en 1982, puis créera The Style Council, mélange entre new-wave et soul (Shout To The Top, immense tube). Puis fera sa carrière solo, et collaborera même avec Oasis sur Champagne Supernova. D'ailleurs, à écouter In The City, on devine aisément que les Jam sont une des influences majeures d'Oasis. C'est évident.

In the city there are thousands men in uniform/And they know they are now the right to kill a man - In The City

FACE A

Art School

I've Changed My Address

Slow Down

I Got By In Time

Away From The Numbers

Batman Theme

FACE B

In The City

Sounds From The Street

Non-Stop Dancing

Time For Truth

Takin' My Love

Bricks And Mortar