doolittle_by_pixies_i47h1bxwskmx_full

Le toujours difficile second album, axiome bien connu. Quand un groupe sort son premier album, il est généralement inconnu du grand public. Le premier opus peut cartonner (Led Zeppelin, The Police) ou complètement foirer (David Bowie, Bob Dylan), ce n'est pas important. L'important, c'est qu'il existe. Et l'important, c'est le deuxième album. Celui-là, il faut, c'est obligatoire ou presque, qu'il soit une réussite. Soit il faut faire oublier l'échec du premier album (le cas échéant) et convaincre, enfin, les auditeurs, soit il faut faire mieux que le premier album (dans le cas où il aurait été un triomphe), et ça, ça peut s'avérer difficile. Des deuxième albums qui ne sont pas glorieux-glorieux, il y en à (Lionheart de Kate Bush, par exemple ; certains citeraient Radio Ethiopia de Patti Smith, mais je ne suis pas d'accord), mais beaucoup sont des montées en puissance : Queen II, Led Zeppelin II, The Freewheelin' Bob Dylan, With The Beatles, More Songs About Buildings And Food (Talking Heads), Transformer (Lou Reed)... Et les Pixies ? Le premier album, leur EP Come On Pilgrim mis à part, est un succès total, Surfer Rosa. Il fallait donc surclasser cet album. En 1989, le groupe sort ce fameux deuxième album long-format (38 minutes pour 15 titres...), lequel, sous une pochette assez unique et bien représentative de l'aspect vraiment iconoclaste et inclassable du groupe, s'appelle Doolittle, un titre tiré des paroles de Mr. Grieves, une des chansons. C'est aussi le nom d'un docteur bien connu. 

P1

Dootlittle est-il meilleur que le précédent opus ? C'est un album considéré comme un des sommets du rock des années 80 à maintenant, donc je pense qu'on peut dire que oui, sans aucune hésitation. C'est aussi mon préféré du groupe rien que parce que ce fut mon premier Pixies (j'ai découvert les autres peu après), même si j'ai découvert le groupe via Where Is My Mind ? dans le film Fight Club. Et que c'est une chanson du précédent album, ah ah ah. Doolittle offre une enculade de classiques pixiens tellement longue, tellement généreuse, que c'est limite si l'album n'est pas un best-of. En chipotant un peu, on peut dire de Silver, chantée par Kim Deal, et de Crackity Jones, qu'il ne s'agit pas de morceaux aussi grandioses que les 13 autres, mais j'ai vraiment l'impression d'être un parfait salopard en disant ça, pardon donc. Non, parce que la guitare un peu country-surf de la mort sur Silver, c'est juste incroyable. L'album alterne entre morceaux de totale furie à qui on aurait arraché des cheveux (Tame sur lequel, dans le final, Black Francis sonne comme un dindon qu'on sodomise à sec devant ses congénères éberlués, Crackity Jones, Dead) et morceaux plus mélodiques, même si, parfois, ça s'emballe plus vite qu'un cadeau de Noël par un bénévole expérimenté (Monkey Gone To Heaven, Gouge Away, N°13 Baby). Debaser est une frénésie qui file la gaule direct et donne envie, avant d'écouter la suite de l'album (dont il est le premier morceau), de le réécouter 137 fois, au minimum. Here Comes Your Man, c'est pareil, mais seulement 118 fois. Les choeurs angéliques de Kim Deal, sa basse, aussi...

P2

Un condensé des différentes illustrations du livret

Sa basse ! Bordel à queue de setter irlandais francophone, si vous ne me croyez pas quand je vous dis que la basse de Kim Deal est absolument gigantesque (Gigantic, comme elle le chantait sur Surfer Rosa), écoutez N°13 Baby, morceau mémorable, mon préféré non pas de l'album, ça serait trop facile, mais du groupe, tout simplement, et ça calme, ça. Minimaliste, entêtante, elle prend tout le morceau sur ses épaules, cette brave petite basse, on a juste quelques belles envolées de guitare de Joey Santiago, mais sinon, le final du morceau est entièrement dévolu à cet instrument essentiel dans tout morceau rock. C'est un des meilleurs morceaux d'un album qui, je l'ai dit, en regorge. Même le La La Love You chanté par le batteur, morceau pourtant banal comme une tartine de pain beurrée (et cas unique dans la discographie du groupe, ce morceau chanté par Lovering), est excellent. Hey et Wave Of Mutilation, ou I Bleed, j'en parle même pas. D'ailleurs, je ne vais pas en parler, juste vous dire que si vous ne connaissez pas encore cet album, vous avez intérêt à réparer cette erreur monumentale si jamais vous me croisez dans la rue un jour, parce qu'il y aura interro surprise sur Doolittle, et gaffe à vos culs si vous répondez à côté !!

FACE A

Debaser

Tame

Wave Of Mutilation

I Bleed

Here Comes Your Man

Dead

Monkey Gone To Heaven

FACE B

Mr Grieves

Crackity Jones

La La Love You

N°13 Baby

There Goes My Gun

Hey

Silver

Gouge Away