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Elle va être difficile à faire, cette chronique. Déjà, parce que cet album compte beaucoup pour moi. Ensuite, parce qu'il existe dans deux versions, et que je ne compte pas aborder l'une des deux au détriment de l'autre ! Ce disque date de 1977 et est le premier album d'un des plus célèbres groupes punk au monde, The Clash. Eponyme, il s'appelle, donc, logiquement, The Clash, et rien que la pochette du disque anticipe de la bombe musicale qu'il est. Compte tenu que j'ai décidé d'aborder les deux versions de l'album, je vais d'aborder parler de la version originale, avec track-listing, puis je passerai à la seconde version, avec track-listing aussi. Ca sera plus simple de faire deux mini-chroniques dans l'article plutôt que d'alterner entre les deux versions (qui ne sont pas si différentes que ça, finalement).

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The Clash, enregistré en 1977, est sorti en Angleterre, et en Europe, en cette année sacro-sainte pour la musique punk, année des Sex Pistols, Heartbreakers, Jam et autres Wire. Au moment de l'enregistrement de l'album, qui contient 14 chansons pour environ 35 minutes (album de l'urgence, donc), le groupe est au nombre de trois membres : Joe Strummer (chant, guitare), Mick Jones (chant, guitare) et Paul Simonon (basse, choeurs). Pas de batteur, car Terry Chimes, leur batteur, a été viré avant l'enregistrement (voilà la raison du fait qu'il n'y ait que trois Clash sur la pochette). Mais le groupe fera revenir Chimes pour enregistrer ses parties de batterie en studio, avant de le revirer (et d'engager, par la suite, Topper Headon, qui restera quasiment jusqu'à la fin, et ne joue donc pas du tout sur la version initiale de l'album). Démarrant par Janie Jones (une intro qui figure parmi les plus grandes de l'histoire du rock avec celle d'une autre chanson de l'album, Protex Blue), le disque, tout du long de ses 35 minutes, est un catalogue de virulence punk, de slogans bien dans le mouv', une charge n'épargnant rien : ni les USA (I'm So Bored With The U.S.A. est une chanson vitriol contre tous ces groupes ricains qui monopolisent le marché et contre l'américanisme ambiant, la chanson est toujours d'actualité), ni le gouvernement (Career Opportunities, White Riot, London's Burning).

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Une reprise immense du Police & Thieves de Junior Murvin (des Wailers, le groupe de Bob Marley) est la première tentative - réussie ô combien - de musique altermondialiste pour le groupe. Par la suite, les Clash feront London Calling et Sandinista ! qui iront nettement plus loin. Cette version assez longue (plus de 6 minutes, le titre le plus long, et de loin, du disque) de la chanson de Murvin montre que The Clash est autre chose qu'un vulgaire groupe de punk-rock. Les voix de Joe Strummer, arrogante, et celle, plus pop, de Mick Jones, s'entremêlent à merveille. Autre réussite totale, 48 Hours, ainsi que Garageland, chanson finale. Mais de toute façon, tout est immense sur The Clash. Vous cherchez le disque ultime du mouvement punk en Angleterre ? Indéniablement, c'est ce disque mélodique et virulent, rigoureusement culte. L'album ne sortira pas aux USA, excepté en import, et le pays de l'Oncle Sam et des hamburgers devra attendre deux ans avant de l'avoir réellement dans ses bacs...

FACE A

Janie Jones

Remote Control

I'm So Bored With The U.S.A.

White Riot

Hate & War

What's My Name

Deny

London's Burning

FACE B

Career Opportunities

Cheat

Protex Blue

Police & Thieves

48 Hours

Garageland

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Mais l'album existe aussi dans une autre version qui, sortie en 1979, a été destinée au marché américain. On l'a vu plus haut, les USA n'ont pas vraiment eu droit à une sortie en temps et en heure de ce premier album. Pour l'avoir, il fallait que l'Américain moyen le commande et le reçoive en import, ou qu'il écume les magasins spécialisés bien fournis. En 1979, cependant, The Clash arrive officiellement aux USA, dans une version différente de celle sortie, en 1977, sur le Vieux Continent. L'album, dans sa version U.S., a une pochette très légèrement différente (le titre indiqué en haut au lieu d'être en bas), et, surtout, dure 43 minutes (pour 15 titres) au lieu des 35 minutes (pour 14 titres) de la version originale britannique. N'allez pas croire qu'une 15ème chanson longue de 8 minutes a été rajoutée à la hâte, non ; en fait, on a viré 4 chansons de l'album initial (Cheat, Protex Blue, 48 Hours, Deny), toutes assez courtes au demeurant, et on les a remplacées par 5 chansons enregistrées entre 1978 et 1979 par le groupe, lequel, depuis le temps, avait déjà Topper Headon (batterie) dans ses rangs. Bref, Topper ne jouait pas sur la version initiale, mais il joue sur la version U.S. de l'album.

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Les 5 chansons supplémentaires sont purement excellentes, il faut bien le dire : I Fought The Law date de 1979, les autres datent de 1978 (Complete Control, (White Man) In Hammersmith Palais, Clash City Rockers et Jail Guitar Doors). L'album s'ouvre, cette fois-ci, sur une de ces chansons, Clash City Rockers (quelle intro !) au lieu de s'ouvrir sur Janie Jones (qui, elle, ouvre la face B). L'ordre est d'ailleurs totalement chamboulé, même si Garageland achève l'album sur les deux versions. (White Man) In Hammersmith Palais est une des plus grandes chansons du groupe, et raconte une histoire vraie, quand Joe Strummer s'est un jour rendu à l'Hammersmith Odeon de Londres (fameuse salle de concerts) pour y assister à un concert de reggae, et qu'il était le seul Blanc dans le public, au milieu d'un océan de rude boys et de Blacks. On le sait, les Clash sont des fans de reggae (Bob Marley les rencontrera en 1977, il les citera dans son Punky Reggae Party et admirera leur sens du civisme punk, leur ouverture d'esprit, leurs revendications sociales).

clash

The Clash, version américaine, est donc aussi réussi que la version anglaise d'origine. Bien entendu, quitte à conseiller le plus ardemment une version qu'une autre, c'est la version anglaise qui est à privilégier, car la première, la vraie, the true one. Plus courte, plus concise, et les 4 titres qui ont été virés de la version américaine, pour courts qu'ils sont, sont franchement excellentissimes (surtout Protex Blue et 48 Hours). Mais après, faut être relatif : la version américaine, bien que modifiée et tardive, est franchement immense aussi. Les 5 chansons rajoutées en lieu et place des autres sont excellentes, et cette refonte pour le marché ricain n'a pas à rougir de son grand frère de 1977. Bilan, malgré un doublon de 10 titres, il faut posséder les deux versions, toutes deux immenses et essentielles !

FACE A

Clash City Rockers

I'm So Bored With The U.S.A.

Remote Control

Complete Control

White Riot

(White Man) In Hammersmith Palais

London's Burning

I Fought The Law

FACE B

Janie Jones

Career Opportunities

What's My Name

Hate & War

Police & Thieves

Jail Guitar Doors

Garageland