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Il y a des moments durant lesquelles le chroniqueur patauge devant son ordinateur... La peur de la feuille blanche le turlupine, il cherche désespérement le bon départ, le déclic lui permettant d'embrayer sur la bonne voie. Ce petit moment qui permet au chroniqueur d'écrire sa chronique avec fluidité et intêrét. Or, cela fait un bon moment que ce petit déclic je ne le trouve pas. J'essaye encore et encore pour aboutir à des croûtes environ aussi moche que celles que l'on peut trouver sur Never mind the bollocks, here the sex pistols. Peut-être que j'ai enfin retrouvé le déclic et c'est grâce à ce Demon Days second album studio de Gorillaz. Alors que j'enchaîne les tasses de thé ( j'en suis à ma septième), les clopes et les écoutes de ce disque, un constat facile me vient à l'esprit. Un constat global, demon days est une bombe! C'est peut-être l'effet de la théine et du tabac mais jamais je n'avais ressenti une aussi vive émotion à l'écoute de ce disque.  Disque fourre-tout, demon days l'est. Il mélange habilement le hip-hop, le rap, la pop et le rock. Le tout avec une bonne dose d'humour et de second degré. Il est fort le pote Albarn! Gorillaz est un groupe virtuel composé de 2d (chant, piano), Murdock Nicalls (basse), Noodle (guitare) et de Russel Hobbs (batterie et percussions). Ces bonhommes ont été inventés de toutes pièces, c'est le trip même de Albarn et Hewlett. Quiconque a déjà vu un live du groupe sait qu'on ne voit pas les membres du groupes (enfin les humains, les vrais...c'est bizarre je sais) mais leurs alter-egos animés sur grand écran. Ce qui garde bien au chaud l'effet mystérieux du groupe. Le premier effort du groupe, Gorillaz, fut une déception. J'ai connu gorillaz par le biais de la radio qui passait en boucle le titre "feel good inc." se trouvant sur Demon Days. Aimant ce titre, c'est tout naturellement que j'achète le disque. Je l'écoute deux, trois fois... Je suis jeune, 11 ans, 10 ans... Je m'en souviens plus et je dois bien avouer que je n'ai pas aimé le disque. Trop de rap (mouais, il y en a pas tant que ça en fait) et pas aussi accrocheur que je l'aurais voulu (là, encore, je me suis bien planté). L'année dernière, un nouveau est arrive au bahut. Son nom de code: Louis Somveille (putain, je me souviens plus comment on orthographie son nom). Il devient vite mon meilleur ami, la première fois que je vais chez lui, on monte dans sa chambre. Insère un cd dans sa platine et instantanément je reconnais l'intro glauque de Demon Days.

Il me demande vite si je connais et je lui répond vite fait. On lit des bds tranquillou chez lui en écoutant le cd. Putain, ce con m'a redonné envie d'écouter ce cd. Je l'écoute pas mal durant deux semaines et hop, je le re-range pour ne plus le ressortir jusqu'à la semaine dernière. Depuis, je l'écoute en boucle... Je le redécouvre à chaques écoutes. Ma culture musicale plus imposante qu'auparavant, je m'amuse à chercher tous les styles égrainés ici. Hop là, on voit du reggae, du rap, du jazz, de la musique gospel ( la London community Gospel choir est de la partie) et même un peu de punk. Demon Days est un album très riche dans ses influences et bien plus intéressant que le raté et insipide éponyme. L'album délivre ce qu'il faut en tube comme la superbe et accrocheuse Feel good inc. et son clip grisant ou encore la marrante Dare, titre vraiment accrocheur que je n'aimais pourtant pas. Mais sait aussi se faire plus profond et plus dense sur des titres comme kids with guns et son ambiance à couper au couteau, en passant par la superbe et sombre ballade El manana. Vous pourrez aussi compter sur la déshumanisé et écolo O green world. Ce serait un crime de ne pas parler de titres comme every planet we reach is dead ou du superbe titre éponyme. Demon days est, et de loin, le meilleur titre du disque. Introduction symphonique montant vers les cieux, une recherchje vers le bonheur mais le constat est sans appel, c'est la fin. Et là, une chorale gospel chante de manière fabuleuse, c'est l'ultime requiem... Les jours des démons.

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Demon Days n'est pas le genre d'album que vous écouterez sans vous en lasser un moment, il arrivera qu'il sera rangé dans votre bibliothèque des mois entiers. Mais à chaques écoutes, le constat sera le même, puissant. Riche, enivrant,poétique, sombre, humoristique, écolo, ironique, satyrique et inquiétant... En un mot comme en cent, excellent!

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Chronique complémentaire de ClashDoherty

J'aurai mis du temps, beaucoup de temps, certains diront beaucoup trop de temps, mais ça y est... Ca y est, les mecs (et les nanas), j'apprécie Gorillaz. Pendant des chiées d'années, depuis les débuts du groupe (autrement dit, vers 2001, je crois, non ?) en réalité, je ne pouvais pas apprécier ce faux groupe imaginé, cependant, par un des meilleurs musiciens rock britanniques de son époque : Damon Albarn (Blur), aidé par le dessinateur de BD Jamie Hewlett (ne pas confondre avec Liam Hewlett, de The Prodigy). Le concept de Gorillaz, tout le monde le connaît : un groupe virtuel constitué de quatre membres conçus par animation : Murdoc Niccals, Stuart '2D' Potts, Russell Hobbs et Noodle. C'est quasiment du jamais vu pour l'époque, car si des faux groupes avaient déjà existé (The Masked Marauders imaginés en 1969 par deux rock-critics de Rolling Stone ; Spinal Tap pour un fameux film musical culte ; les Blues Brothers, pour des sketches TV et un film culte ; entre autres), le coup du groupe virtuel, dont les membres n'existent pas en réalité et n'apparaissent que dans les clips et visuels de pochette, c'est pour ainsi dire inventé par Gorillaz. Certains diront qu'avant eux, bien avant eux, il y à eu Alvin & The Chipmunks, mais c'était du parodique pour les chiards. Gorillaz, c'est, en dehors de son aspect manga, un vrai groupe de musique destiné à tout le monde mais surtout aux adultes (musicalement, ce n'est pas enfantin), et tout sauf parodique. Ce n'est pas vraiment du rock, mais un savant mélange entre rock, pop, électro, rap/hip-hop, trip-hop, reggae, dub et punk. Le premier album du groupe, Gorillaz, en 2001, cartonnera via le single Clint Eastwood, qui a surpris son monde (je m'en souviens encore, un vrai OVNI musical). Comme je l'ai dit, personne ou presque n'avait encore vu ça à l'époque (évidemment, Gorillaz se produira sur scène, et évidemment, ceux qui epéraient voir 2D, Russell Hobbs, Noodle et Murdoc Niccals en vrai furent déçus et ont en réalité vu Damon Albarn et des musiciens en chair et en os, je ne vous surprend pas en disant ça, pas vrai ?). Mais je n'accrochais pas. Sans doute est-ce parce que je n'ai jamais aimé le rap/hip-hop et qu'à l'époque, tout ce qui était électro/expérimental, mis à part les albums précurseurs de Neu !, Kraftwerk, Eno, Tangerine Dream et Cluster, j'aimais pas. Pardonnez-moi, j'avais 19 ans en 2001...

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Mon oreille musicale n'était pas aussi élargie et affûtée qu'en 2018. Je n'avais, jusqu'à très récemment et ce Demon Days de 2005 (leur deuxième, et probablement meilleur, album), rien acheté de Gorillaz. J'avais entendu leurs albums (je n'ai pas encore entendu leur dernier, Humanz, sorti l'an dernier)  et rien ne m'avait vraiment interpellé en réalité. Et puis, récemment, à la radio, sur RTL2, j'entends Feel Good Inc., un des hits de Demon Days, et même LE hit de l'album. Ca faisait longtemps que je n'avais pas entendu du Gorillaz, j'étais en voiture, il faisait beau, j'étais dans un coin splendide (le Morbihan)...ça a fait une sorte de tilt, un ka-poww !!! dans la tête, j'ai adoré ce que j'entendais et qui m'est tombé dessus sans prévenir, et que j'avais tout bonnement oublié depuis les 13 ans d'existence de la chanson. J'ai acheté le disque à l'Espace Culturel du Leclerc le plus proche (il y à une de ces conneries à peu près partout en France, c'est pratique), et j'ai plongé dans les 50 minutes de ce disque à la pochette en hommage à un fameux album des Beatles, non, je ne vous dirai pas lequel, c'est trop facile. L'album, mélange adroit entre rock, électro, rap et pop, est un délire sauvage qui aligne les merveilles. Si Feel Good Inc. est géniale, ce n'est pas ma préférée de l'album. Je dois dire que DARE m'a cueilli grave. Claviers entêtants, basse monumentale, ambiance trippante à donf', participation remarquée du chanteur des Happy Mondays Shaun Ryder, ce morceau, un des plus longs de l'album (4 minutes), situé idéalement entre un White Light quasi punk (jusque dans sa durée de 2 minutes !) et un Fire Coming Out Of The Monkey's Head délirant raconté par le regretté Dennis Hopper et servi lui aussi par une basse de dingue, ce morceau, ce DARE donc, est monstrueux. Mais comment ne pas citer aussi Last Living Souls, All Alone, Every Planet We Reach Is Dead (avec la participation d'Ike Turner), Kids With Guns (avec la participation de Neneh Cherry)... et le morceau-titre, évidemment, qui achève parfaitement cette galette assez dense (15 titres) et hétéroclite. Comme Kingstalker l'a dit dans sa chronique principale en haut d'article, on peut se lasser de l'album, sans doute, mais on y reviendra avec le même bonheur un jour ou l'autre. Ca ne fait pas longtemps que je connais vraiment ce disque (et leur suivant, Plastic Beach, que j'aborderai en seconde chronique dans peu de temps), donc je ne m'en suis pas encore lassé et rien ne dit que, quand ça arrivera, j'y reviendrai quelques mois ou années plus tard en bavant d'impatience, mais en attendant, Demon Days, que je découvre avec un léger retard de 13 ans, putain, quel album !

FACE A

Intro

Last Living Souls

Kids With Guns

O Green World

FACE B

Dirty Harry

Feel Good Inc.

El Manana

FACE C

Every Planet We Reach Is Dead

November Has Come

All Alone

White Light

FACE D

DARE

Fire Coming Out Of The Monkey's Head

Don't Get Lost In Heaven

Demon Days