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Bruits de bottes militaires, certains diront même nazies, allez savoir. Coups de batterie en synchro, un bon gros riff bien minimaliste et clarillonnant qui déboule à quatre reprises avant de céder la place à un pur bordel sonore bien trippant et violent. Une voix cynique, nasillarde, narquoise, vulgaire, cockney, qui crache ces mots, A cheap holiday in other people's misery ("des vacances pour pas cher chez la misère des autres")... Holidays In The Sun frappe fort en entrée de jeu. Ce n'est que la première des douze chansons d'un album mythique et incroyablement scandaleux, ayant remué la Terre entière à sa sortie en 1977 : Nevermind The Bollocks, Here's The Sex Pistols, premier et unique album des Sex Pistols, un des groupes les plus cultes au monde, et le fer de lance de la génération punk. Pas le premier groupe punk à avoir sorti un album (pour les Américains, ce fut le premier opus des Ramones, en 1976 ; en Angleterre, ce fut le premier Damned, Damned Damned Damned, en début 1977), mais le plus connu et scandaleux des groupes punks anglais, le plus punk, le plus cinglé, groupe fondé par Malcolm McLaren, copropriétaire (avec Vivienne Westwood) d'une boutique de fringues punk et SM, et ayant fondé le groupe sur le postulat le plus simple possible : n'importe qui, même ceux qui ne savent pas chanter et jour d'un instrument, peuvent le faire. Et puis, ça fera faire des affaires à sa boutique, McLaren n'ayant jamais, jamais au grand jamais oublié le côté pécunier de l'affaire. Il crée donc de toutes pièces les Sex Pistols (sa boutique s'appelle Sex, au fait...) en 1975, avec de vrais tarés : John Lydon au chant, dont la dentition quelque peu affligeante fera qu'il sera surnommé Johnny Rotten, Johnny le Pourri. Steve Jones à la guitare. Glen Matlock à la basse. Paul Cook à la batterie. En 1977, Sid Vicious (de son vrai nom John Ritchie) remplace Matlock. Il ne joue pour ainsi dire pas sur l'album, lequel album sort en octobre 1977, bien longtemps après les divers singles et faits divers incluant le groupe (ils furent signés chez EMI, puis virés, signés ailleurs, refusés ici et là, avant que Virgin Records, de Richard Branson, ne les signe, ils y resteront).

Sex Pistols Lydon and Jones

John Lydon et Steve Jones dans leurs oeuvres

Sa pochette jaune et rose fluo (jaune devant, rose derrière), avec son lettrage en découpages de journaux et son titre choquant ("On s'en bat les couilles, voici les Pistolets Sexe"), Nevermind The Bollocks, Here's The Sex Pistols fera bien parler de lui. Des magasins de disques refusent de le vendre. Les passags TV du groupe sont scandaleux (insultes, gestes déplacés). Les singles sont verboten à la radio (God Save The Queen, une des chansons ultimes du punk-rock, sortira au moment du Jubilé de la Reine, oh so shocking), on les trouve difficilement en rayonnages. Les concerts sont sources d'affrontements, on se bastonne, les membres du groupe se font tabasser des fois (Rotten se prendra des coups de rasoir ou de couteau), les Pistols crachent à la gueule de leurs fans et reçoivent de même, pas mal de concerts seront de fait annulés. A eux seuls, les Pistols font passer les autres groupes punk, pourtant eux aussi assez trashs (Damned, les Américains Dead Boys de Stiv Bators et Heartbreakers de Johnny Thunders, et bien entendu, les Clash), pour des Bisounours sous Valium. Faut dire qu'ils font fort : God Save The Queen qui parle de régime fasciste vous transformant en débile et en potentielle bombe H, Holidays In The Sun dans laquelle Rotten s'imagine partir en vacances en RDA, pour vivre sur la misère des autres, Seventeen dans laquelle un jeune con (I'm a lazy sod) donne des conseils à un vieux con de 29 ans, You're only 29, got a lot to learn...On peut aussi citer New York, dans laquelle le groupe se paie le luxe d'enfoncer les New York Dolls, mythique groupe de proto-punk glam (que Malcolm McLaren produira en fin de carrière, vers 1975), ancien groupe de Johnny Thunders. Les Dolls sont adulés des Pistols et des punks, sans les Dolls, le punk ne serait pas grand chose, ils avaient l'attitude, le son... Mais ils sont, ici, traités de sales tapettes par un Rotten en forme (Thunders répliquera cyniquement avec London Boys). On peut également citer E.M.I. (Unlimited Edition) où le groupe se paie les maisons de disques les ayant soit virés, soit refusés, Goooooodbyyyyye, A & M, avec un bon gros bruit de pet fait avec la bouche, ambiance. Liar, elle, se tape McLaren, le manager, traité de menteur par un Lydon qui ira encore plus loin dans l'antiMclarenisme avec Public Image, en 1978, sur le premier opus éponyme de Public Image Limited (alis PiL), son futur groupe. Mais quand même, traiter son manager de liiiiaaaaaarrrrrrr, faut le faire. Anarchy In The U.K., avc son intro légendaire (Rrrrright ! Nooooooow, ah ah ah ah ah...), est un autre appel au bordel ambiant pour la perfide Albion. Gröss skandal aussi, on s'en doute.

never mind the bollocks back cover

Dos de vinyle. Sub-Mission n'y est pas créditée, ne se trouvant pas sur toutes les éditions à l'époque...

Mais aucune chanson, ici, ne va aussi loin que Bodies. Pour le coup, c'est limite terrifiant. Un Lydon incroyablement concerné, qui livre une chanson sur l'avortement, sujet des plus épineux, tabous même (comptez le nombre de chansons connues sur ce sujet : si vous arrivez à deux, faites moi signe !). La chanson part d'une histoire vraie : un jour, une jeune femme, apparemment du nom de Pauline (dans la chanson, elle s'appelle ainsi, pourquoi Lydon urait-il changé le nom, surtout qu'il parle de la ville de la fille, Birmingham ?), sonne chez Lydon. Elle a un temps été sa copine, ils ont couché ensemble, ne sont plus en couple, c'était même sans aucun doute un coup d'un soir, wham bam thank you ma'am. Lydon lui ouvre, surpris, et se rend compte qu'elle tient à la main un sac de papier, qu'elle lui tend. Il regarde, se demande ce que ce truc informe, peu ragoûtant, visqueux peut bien être. Pendant ce temps-là, elle lui parle, et pendant qu'il l'écoute, il pige : elle est tombée enceinte de lui, a avorté, et est venu lui refiler...enfin, vous avez compris ce qu'il y avait dans le sac, non, depuis le temps ? Cette histoire sordide hantera longtemps Lydon. Sans doute est-ce même pour cela qu'il n'a pas d'enfants biologiques (reconnus, en tout cas). La chanson parle de ça, de cette Pauline venant de se faire avorter. Bodies est-elle une chanson anti-avortement (She was a no-one who killed her baby, she sent a letter from the country, she was an animal, she was a bloody disgrace), ou une chanson le défendant (la terrifiante ligne Fuck this and fuck that, fuck it all and fuck the fuckin' brat, she don't want a baby that looks like that) ? Les deux, mon capitaine ? En tout cas, c'est une chanson féroce, violente, virulente, sanguinaire, elle se répand en vous comme de la gangrène, on ne l'oublie pas de sitôt, Rotten la chantant avec une force, mais une force...hallucinante. Une des rarissimes chansons (avec Seventeen) sur laquelle Sid Vicious jouerait de la basse, si le terme 'jouer' convient vraiment quand on parle de la basse de Sid (un cadavre en jouerait mieux que lui)...Rien que cette chanson rendrait n'importe quel album scandaleux et culte. Si on y rajoute ces Anarchy In The U.K., Pretty Vacant, God Save The Queen (trois singles N°1 des charts d'affilée, premier groupe à réussir ça depuis les Beatles), Liar, Problems, E.M.I. (Unlimited Edition), SeventeenSub-Mission et Holidays In The Sun, on tient ici un disque important, crucial. Certes moyennement (médiocrement, même) joué, chanté avec un peu trop de hargne parfois, et produit très correctement, mais pas extraordinairement non plus. Mais toute la fuck-you attitude du punk est là, pendant 38 minutes le plus souvent magistrales. God save the Queen/Tourists are money/But our figurehead/ Is not what she seems...

Critique complémentaire de KingStalker :

Voilà sûrement une des pires croûtes qui soient.....Mais paradoxalement un des albums les plus connus qui soit.
Tout le monde a déjà vu cette pochette aux couleurs criardes (rose et noir sur fond jaune) et tout le monde à déja entendu Anarchy In The U.K. ...
La raison de ce succès ? Le contexte bien entendu.
Nous sommes en Grande Bretagne durant les années 70. L'écart entre les gens démunis ( certains diront prolétaires) et les gens riches se creusent. Des groupes de jeunes se créerent et avec eux un souffle de rebellion.
Ils créerent un style vestimentaire original consistant à porter tout ce qu'on a sous la main ( vêtement ou non) et un style musical, le punk est naît....
Rappelons quand même que les bases du punk furent crées au States avec des groupes comme le MC5 ou encore les Stooges, ils jouaient ce qu'on appelle du proto-punk.

The Sex Pistols est un des fers-de-lance de la musique punk et n'a pourtant sorti qu'un album, Nevermind The Bollocks, Here's The Sex Pistols.
Le succès est immédiat, de plus leur frasque accentue le phénomène et les médias s'arrachent le groupe et surtout un membre le junkie et incapable bassiste du groupe, Sid Vicious...
Qui décedera, rappelons-le, d'une overdose en 1979 à NY.
Faut dire que tout les jeunes l'adulaient le Sid, toujours shooté et arborant des croix gammées sur ses T-Shirts ( pour bien faire comprendre no future), d'ailleurs il me semble que le détenteur de cet mantra est bel et bien le vicieux (no future in a world like this), moi je dirai plutôt, no future in a band like this....

Parlons aussi un peu de leur passage éclair à EMI, parlons juste de la fin entre les deux clans ( les sp et emi).
La maison de disque avait préparé une tourné au Pays-Bas et des incidents à un aéroport aura eu raison du contrat liant le groupe à son label...Rappelons que les relations entre le label et le groupe n'était pas gégé....
A&M Records ( une autre maison de disque) a elle aussi rompu rapidement son contrat avec le groupe, en effet, Sid Vicious, ivre mort, a dégueuler sur le patron de A&M mettant un terme à leur contrat six jours seulement après la signature....
Sacré Sid...

La légende est basé sur de drôles d'arguments parce que franchement les chansons sont, pour la plupart, un foutoir inintéressant.....
Je ne parlerai pas des croutes, même pas finis que sont Holidays In The Sun ou encore EMI.
Et parlons des deux seules chansons attrayantes de la galette (euh...) que sont God Save The Queen et Anarchy In The U.K.
Tout le monde a déjà entendu le premier, un classique et je ne le nie pas... Un riff connu et reconnu, un refrain génial et nous tenons un titre de qualité...( et qui prouve que les pistols avaient quelques qualités).
Anarchy In The U.K. est un autre classique et possède les mêmes caractéristiques ( et aurait par conséquent les mêmes arguments que god...) que God Save The Queen.
2 classiques indémodables de la musique.
Rappelons que Groland ( qui a été une bonne émission ^^) se sert de God Save The Queen comme générique!

Malheureusement, le reste n'est pas du même acabit, la plupart des chansons ne sont même pas finis et sans compter sur le chant absolument révulsant de Rotten ( qui porte bien son nom)....
Un massacre qui possède quand même une certaine pêche...

Ma critique est dure, je le conçois... Je reconnais deux bons titres à cet album essentiellement composé de compos bâclés et sans intêret.
Certains diront que c'est la définition même du punk, je ne suis pas d'accord... Je pense que l'épo des Clash est bien plus punk que ce ramassis de fientes....
The Sex Pistols, le groupe sur-estimé et sur médiatisé par excellence....J'oublie pas, néanmoins, que la plupart des titres filent la pêche bien qu'ils soient croûteux...

FACE A

Holidays In The Sun

Bodies

No Feelings

Liar

God Save The Queen

Problem

FACE B

Seventeen

Anarchy In The U.K.

Sub-Mission

Pretty Vacant

New York

EMI (Unlimited Edition)