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Alors là... Bon, on ne va pas se mentir, ce disque fait partie des plus importants des années 90. Rien. Que. Ca. Et j'en profite qu'Alice In Oliver ait, récemment (notamment dans deux jours !) abordé ici les deuxième et troisième albums du groupe pour parler à mon tour (plutôt, reparler, car il avait déjà été abordé ici) du premier opus de ce même groupe, Rage Against The Machine. L'album porte d'ailleurs leur nom, il est éponyme, comme c'est le cas de beaucoup de premiers albums au final. Rage Against The Machine est un groupe à part, des tueurs, menés par un guitariste au jeu très étonnant (Tom Morello) et un chanteur au phrasé hip/hopesque (Zach De La Rocha). La section rythmique est efficace, aussi, entre le bassiste Tim C. (Tim Commerford de son vrai nom) et le batteur Brad Wilk, qui, par la suite, fera partie d'Audioslave (supergroupe fondé par Morello et par Chris Cornell, chanteur de Soundgarden) et qui, récemment, a fait les parties de batterie de 13, le dernier album de Black Sabbath, celui de leur come-back de 2013. Rage Against The Machine est un des rares groupes dont l'intégralité du répertoire (et VRAIMENT l'intégralité) fut interdite d'antenne aux USA au lendemain du 9/11 (parmi les chansons interdites d'antenne dans cette fameuse liste infâmante post-9/11, on trouve Imagine de Lennon, notamment). On ne se demande pas pourquoi, tant le capital 'engagement virulent' du groupe est fort. Les petits bonhommes de RATM ne parlent pas de la lune en juin. Ils parlent de révolte, de violences diverses, de révolution, de ce putain de capitalisme de merde, de Cuba libre, Viva la revolucion, A bas les cons et autres programmes politiques d'extrême-gauche. A côté de Rage Against The Machine, tout paraît très petit, très sage. Sans aucun synthétiseur ni clavier (et avec une seule guitare), avec la force de paroles cinglantes, RATM déchire tout, du sol au plafond.

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C'est en 1992 qu'un label inconscient (Epic) décida de sortir leur premier opus, Rage Against The Machine donc, un disque qui sortira sous une pochette ultra efficace, une photo non trafiquée et célèbre (célèbre bien avant d'être utilisée en pochette) représentant un moine bouddhiste vietnamien, Thich Quang Duc, s'immolant par le feu pour protester contre une répression anti-bouddhistes menée par le Premier Ministre de l'époque. La photo fut prise à Saïgon, en 1963. Une pochette qui marque, assurément la plus efficace du groupe. L'album, produit par le groupe et Garth Richardson, a été enregistré en Californie, à Van Nuys et Hollywood, dans la banlieue de Los Angeles (Van Nuys aussi). C'est un disque cogneur de 10 chansons pour 53 minutes (un tout petit peu moins de 53, en fait). Une des chansons, Killing In The Name, ne possède pas ses paroles dans le livret, contrairement aux autres. Je ne sais pas si c'est par manque de place ou parce que ces paroles sont trop virulentes (si c'est par manque de place, c'est étrange, vu qu'il s'agit de la deuxième chanson et non pas de la dixième). En même temps, on y entend Zach De La Rocha glapir des Fuck you, I won't do what you tell me ! à répétition, entre autres joyeusetés (17 fuck dans la chanson !), la chanson est très engagée, plus que d'autres, et Epic ont sans doute eu peur, quelque part. En plus, il y avait de la place, dansle livret, la fin du livret est occupée par les crédits, et virez-lez et mettez les ailleurs, et on a la place de mettre les paroles de Killing In The Name. Enfin bref. La chanson, emblématique, monumentale, est une des meilleures de l'album. Mais quasiment tout est monumental : Wake Up (utilisé dans Matrix), Know Your Enemy et son gros riff mortel, Freedom, Settle For Nothing (Read my writing on the wall : No one's here to catch me when I fall/But death is on my side/Suicide et la géniallissime ligne résumant pas mal du disque : If we don't take action now/We settle for nothing later), Bombtrack... Le chant de De La Rocha est très rappesque, c'est d'ailleurs là que je vais parler d'un truc que j'ai oublié de dire plus haut, mais en même temps, tout le monde est au courant : RATM fait de la fusion entre hard-rock et rap. Sous-genre de metal qui fait polémique, la fusion rap/hard-rock peut lasser. D'ailleurs, je n'écoute pas l'album tous les jours, loin s'en faut. Mais il faut avouer que ce premier opus de Rage Against The Machine dévaste bien sa race en caleçon Bob L'Eponge.

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Au début, quand on écoute ça pour la première fois, on est interloqués, le phrasé rap de Zach, chant saccadé, postures hip-hop sur scène (rien qu'à l'écouter on imagine le micro brandi bien haut, tête vers le bas, les bras écartés du corps, les grands pas en long et en large de la scène et les mimiques du style baaaaaaadaaaaaaassssssss style, bro'), mais on s'y fait. L'album est plus heavy que rap, on s'habitue au chant, on s'intéresse aux paroles. Qui sont hallucinantes de verdeur, de noirceur, de virulence, d'engagement. Ils plaisantent pas, ces mecs. Musicalement, le jeu de guitare de Morello, bien souvent, étonne, aussi, voir les intros de Know Your Enemy, Killing In The Name (sur ce titre, il sonne comme des pales d'hélicoptère), Bullet In The Head. Le groupe ne s'arrêtera pas là et livrera d'autres albums, peu nombreux cependant (Evil Empire en 1996, The Battle Of Los Angeles en 1998 ; le premier est moyen, le second bien meilleur, mais le premier opus de 1992 reste imbattable), puis cessera son activité avant de revenir en 2000 avec Renegades (un disque de reprises enregistré vers 1995/96), assez correct mais sans âme, et un live en 2003. Depuis, plus rien. Le groupe annonce sa dissolution en 2000 (le live a été enregistré en 2000), puis sa reformation en 2007 pour un festival, Coachella. En 2010, Zach annonce qu'un nouvel album devrait sortir courant 2011, mais Morello le contredit, non, ils n'ont pas l'intention d'entrer en studio pour le moment, ambiance... Un nouvel album de RATM étant donc pour le moment aussi probable qu'un César du meilleur acteur pour Michaël Youn, on se console en écoutant, en réécoutant, ce premier album démentiel dont, au final, une seule chanson, selon moi, déçoit, A Fistful Of Steel. En 2012, une édition collector pour les 20 ans du cataclysme musical qu'il représenta sortit. Une édition collector à la hauteur de l'album, écrin de plusieurs brûlots tétanisants tels Killing In The Name, chanson qu'ils interprèteront toujours avec hargne en live, et notamment, en 1999, pour le festival Woodstock 99 : ils y crameront un drapeau américain pendant l'interprétation de la chanson. Some of those that work forces are the same that burn crosses...

Bombtrack

Killing In The Name

Take The Power Back

Settle For Nothing

Bullet In The Head

Know Your Enemy

Wake Up

A Fistful Of Steel

Township Rebellion

Freedom