E1

Parlez d'une pochette foirée. Pochette qui, par ailleurs, me fait beaucoup penser à celle du Zuma de Neil Young (qui sortira un an plus tard environ), en plus coloré, mais en presque aussi raté, mais c'est une autre histoire. On va, vous l'avez compris, reparler encore une fois des Eagles. J'ai réabordé leurs deux premiers opus il n'y à pas très longtemps (surtout pour le deuxième) et autant le dire, je réaborderai, dans peu de temps, les deux suivants. Histoire que tous les albums aient des chroniques récentes. Bon, les Eagles, ce fameux groupe de soft-rock, on l'a vu la dernière fois, ont connu quelques critiques un peu sévères avec leur deuxième opus, Desperado, sorti en 1973. Un disque pourtant remarquable, plus ou moins basé sur le thème du Grand Ouest Américain et de ses hors-la-lois, sans pour autant être un album conceptuel digne de ce nom. L'album fut enregistré à Londres, Angleterre, loin de leur Californie (chose amusante, d'ailleurs, que le groupe soit si lié à la Californie, alors qu'ils ne sont pas originaires de cet Etat, à la base...), avec Glyn Johns, le grand Glyn Johns, à la production. Le groupe imputera le relatif bide commercial de l'album à la production, justement, estimant que Glyn Johns n'avait pas réussi à mettre le doigt sur ce qui fait l'alchimie du groupe. Aussi, quand le temps est venu de faire le troisième opus, le groupe décide de voir ailleurs. Deux des chansons de l'album sont cependant produites, encore, par Johns, et c'est normal, elles furent enregistrées durant les sessions de Desperado

E2

L'album s'appelle On The Border et a sinon été enregistré au Record Plant de Los Angeles, sous la houlette d'un producteur au nom imprononçable à jeun, et qui sera dès lors totalement associé au groupe (il produit, à la même époque, les albums de Joe Walsh, qui fera partie du groupe par la suite) : Bill Szymczyk (apparemment, se prononce "ssimchek"). On The Border sort en mars 1974, toujours sur Asylum Records, sous une pochette hideuse, donc, mais au grain de pochette un peu pelucheux et avec, à l'intérieur, un beau poster double face. Le groupe est toujours, officiellement, constitué de quatre membres (le batteur/chanteur Don Henley, le guitariste/chanteur Glenn Frey, le guitariste/banjotiste/chanteur Bernie Leadon et le bassiste/chanteur Randy Meisner) mais un cinquième membre fait, ici, discrètement, son apparition, en tant qu'invité (il sera officialisé membre du groupe pour le suivant) : le guitariste Don Felder. Il joue sur deux titres : Already Gone (guitare principale) et Good Day In Hell (slide guitar). A sa sortie, l'album sera un gros succès, plus encore que les deux précédents opus. Cependant, les critiques seront partagées, certains trouveront le résultat un peu indulgent, un peu classique, du correct mais peut-mieux-faire. Force est de constater que l'album possède toujours une réputation d'album un peu facile, coincé entre deux albums nettement meilleurs. Mais ses 40 minutes passent très bien la rampe. L'album a été illustré par trois singles : Already Gone, James Dean et Best Of My Love

E3

Leadon, Henley, Meisner, Frey

Comprenant notamment une très bonne reprise du Ol' 55 de Tom Waits (alors signé sur Asylum) interprétées par Frey et  Henley, l'album offre des chansons signées et interprétées par chacun des membres (officiels ; Felder chantera un titre sur le suivant, cas unique dans la discographie du groupe) : Meisner, et sa voix haut-perchée (mais pas trop) et un peu narquoise, offre Midnight Flyer (écrite par Paul Craft) et Is It True ?, Leadon interprète une chanson en hommage à feu (dans tous les sens du terme, quand on sait ce qui est arrivé à son cadavre...) son ami Gram Parsons, ancien comparse des Flying Burrito Brothers, My Man, Henley offre You Never Cry Like A Lover et Best Of My Love, et Frey, Already Gone (un peu trop proche de Take It Easy, je trouve) et James Dean. Le reste est plus ou moins en collectif Frey/Henley. Le niveau général de ces chansons est au moins du niveau de celles du premier opus, ce qui en font de très belles petites réussites. Bon, c'est vrai, Is It True ? et Good Day In Hell ne sont pas extraordinaires... Mais dans l'ensemble, ce troisième cru des Aigles est un très sympathique et honnête cru de soft-rock 70's bien comme on les aime, avec une excellente production de Bill Szymczyk. Si vous aimez ce groupe, difficile de passer à côté, même si les Eagles ont fait mieux. Déjà, les deux albums suivants, rien qu'eux...mais aussi le précédent, qu'il ne faut pas oublier. Mais On The Border mérite vraiment quelques écoutes. 

FACE A

Already Gone

You Never Cry Like A Lover

Midnight Flyer

My Man

On The Border

FACE B

James Dean

Ol' 55

Is It True

Good Day In Hell

The Best Of My Love