E1

il est grand temps de reparler un petit peu des Eagles sur le blog. Je ne vais pas faire un cycle de leurs albums, parce que l'an dernier, il y à un peu plus d'un an en fait, j'avais abordé les albums qui manquaient (le Live de 1980, Hell Freezes Over et Long Road Out Of Eden) et en avais profité pour refaire la chronique de The Long Run, que j'avais massacré ici il y à une dizaine d'années, faut dire que je le détestais ce disque, avant de changer radicalement d'avis à son sujet, je l'aime désormais beaucoup, j'ai appris à l'aimer. Cet article, une réécriture, avait été écrit, aussi, il y à 10 ans, 11 même, c'était en décembre 2009. Il fallait faire quelque chose. Il faudra aussi que je fasse quelque chose concernant les deux albums suivants, Desperado et On The Border, et même concernant les deux autres encore One Of These Nights et Hotel California (déjà entendu parler, de celui-là ? Mais oui, c'était de l'humour !), mais chaque chose en son temps. Quitte à refaire les chroniques des albums des Eagles, autant recommencer dans l'ordre, cycle ou pas cycle. En l'occurrence, là, pas cycle, ce qui n'empêchera pas qu'il y aura un autre article sur les Aigles dans quelques jours. Je peux d'ores et déjà le dire, ça sera un coffret bootleg de 6 CDs live, d'une qualité purement excellente, mais on y reviendra. Pour le moment, place au premier opus éponyme du groupe. 

E2

Sorti en 1972, il s'appelle donc Eagles, et sa pochette représente des cactus dans le désert, avec un aigle qui les survole, aigle sur lequel est écrit le nom du groupe, logique imparable. Ce qui est moins logique, c'est que la photo de l'intérieur de pochette (car la pochette est ouvrante, gatefold), qui représente le groupe, la nuit, dans le désert à Joshua Tree, devant un feu de camp (et apparemment, selon Glenn Frey, membre du groupe, totalement défoncés au peyotl), est à l'envers. Tête en bas. La raison ? A la base, le groupe voulait que la pochette soit un fold-out poster, traduction, une pochette en forme de poster dépliant. La maison de disques (Asylum Records, gérée par David Geffen) a préféré coller les deux pans ensemble, estimant que le poster était une mauvaise idée. C'est coller les deux pans ensemble qui était une mauvaise idée, mais passons (la réédition vinyle la plus récente reproduit le fold-out poster, sans les pans collés, tel qu'il était prévu que sorte l'album). Ca fait con, vraiment très con, mais bon, passons. Musicalement, ce premier opus des Eagles (Don Henley : chant, batterie ; Glenn Frey : guitare, chant ; Randy Meisner : basse, chant ; Bernie Leadon : guitare, banjo, chant, sosie non-officiel et involontaire de Jean-Luc Bideau) est une pure petite merveille. 

E3

Meisner, Frey, Henley, Leadon

Que trouve-t-on sur ce premier opus d'un groupe, alors, totalement country-rock (ils passeront à la vitesse soft-rock à partir de 1975, on va dire) ? Déjà, de gros classiques eaglesiens, en la présence de Take It Easy, morceau coécrit avec Jackson Browne, qu'ils ne cesseront jamais d'interpréter live, ou ce Peaceful Easy Feeling beau à se tirer une balle dans la jambe en hurlant qu'on n'a rien senti du tout, deux chansons interprétées par Frey (il chante aussi le moins réussi, mais pas raté, Chug All Night). Ayant fait partie des musiciens accompagnateurs de Dillard & Clark, Leadon  est certainement pour quelque chose dans le choix de reprendre le sensationnellement sublimissimement magnifiquement grandiose Train Leaves Here This Morning, mais on ne saurait lui en vouloir, au contraire (surtout qu'il a coécrit le morceau avec Clark), il mérite notre reconnaissance éternelle pour ça, tellement la chanson est superbe, et cette reprise, sincère et magistrale. Sur le disque, il chante aussi Earlybird, très belle. Meisner et sa voix haut-perchée livre ici Most Of Us Are Sad (écrite par Frey) et Tryin' et Take The Devil, qu'il a lui-même écrites. Henley, lui, offre le bluesy Witchy Woman et Nightingale, toutes deux remarquables. On le voit, presque pas de déchet sur ce premier opus, Chug All Night, à la rigueur, et encore, est moins bonne que le reste. Mais au final, ce disque peu généreux (37 minutes) est un des plus enthousiasmants d'un groupe qui, à l'avenir, ne cessera de monter en puissance, jusqu'à atteindre un niveau himalayesque en 1976. Un excellent premier album !

FACE A

Take It Easy

Witchy Woman

Chug All Night

Most Of Us Are Sad

Nightingale

FACE B

Train Leaves Here This Morning

Take The Devil

Earlybird

Peaceful Easy Feeling

Tryin'