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Sorti en 1974 sous une magnifique pochette de Roger Dean (designer attitré du groupe), Relayer est un des disques les plus estimés du groupe de rock progressif anglais Yes. C'est un disque qui, en son temps, décevra quelque peu les fans, non pas en raison d'une qualité musicale inférieure aux précédents albums, mais en raison du fait qu'il s'agisse d'un album simple. Or, les précédents albums de Yes étaient respectivement le live YesSongs (qui était triple, et depuis double CD) et Tales From Topographic Oceans, un double album (toujours en CD) contenant 4 morceaux de 20 minutes, soit un par face. Bref, après deux albums riches et imposants, Yes sort un disque tout petit, 40 petites minutes de rien du tout. Il y avait de quoi jaser.

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Heureusement, musicalement, le résultat est incroyable. Relayer, bien que ne bénéficiant plus du claviériste Rick Wakeman (parti après la tournée Tales From Topographic Oceans, il en avait marre de jouer d'aussi longues pièces musicales en live), est un grand cru des Oui. Wakeman a été remplacé ici par un certain Patrick Moraz, un Suisse si j'ai bonne mémoire. Wakeman reviendra par la suite, mais en attendant, c'est Moraz qui tire son épingle du jeu ici, et son jeu, justement, est excellent. Les autres musiciens ne changent pas : Alan White à la batterie (qui remplace Bill Bruford depuis 1972, ce dernier étant parti rejoindre King Crimson), Steve Howe à la guitare, Chris Squire à la basse, Jon Anderson au chant (et écriture des textes).

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Relayer ne contient que 3 morceaux (comme Close To The Edge, de 1972). Vinyle oblige, qui dit '3 morceaux' dit aussi 'un morceau qui occupe une face à lui tout seul', et c'est le cas du premier, le très bien nommé The Gates Of Delirium, qui mélange, qui brasse tellement d'ambiances et de rythmiques différentes (introduction bien barge, final magnifique) qu'on en devient presque fou, durant les 22 minutes de l'écoute. C'est le meilleur morceau de l'album, les deux autres étant excellents, mais d'un niveau mélodique un petit peu inférieur. Sound Chaser est pas mal (9 minutes, comme le dernier titre), mais les cha-cha-cha, cha-cha de Jon Anderson, dans la dernière partie, sont ridicules. Sinon, Howe, Squire et leurs petits potes sont en grande forme. Enfin, To Be Over est la conclusion reposante (enfin...) de Relayer, 9 minutes et des bouteilles de bonheur. Une conclusion à la hauteur, et dont le titre ne ment pas ('pour être achevé'). Dans l'ensemble, je dois dire que je préfère largement Close To The Edge, Fragile et surtout Tales From Topographic Oceans à Relayer. Malgré cela, Relayer est mon 5ème préféré de Yes (je classe YesSongs avant lui dans le classement), et reste un des jalons du rock progressif et de Yes. On aime ou pas, mais un amateur de rock progressif devrait aimer, surtout s'il apprécie les changements d'ambiances et les textes chaloupés ! 

FACE A

The Gates Of Delirium

FACE B

Sound Chaser

To Be Over