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Entre 1997 et 1999, King Crimson, alors sous la formule du double-trio (Robert Fripp et Adrian Belew aux guitares, Trey Gunn et Tony Levin aux basses, Bill Bruford et Pat Mastelloto aux batteries), décide de se scinder en quatre mini-groupes. Ces quatre petites formations incluant toutes Robert Fripp (normal, il est le leader de Crimso) ont été nommées les ProjeKcts. Le ProjeKct One est composé de Tony Levin (basse, stick, synthés), Trey Gunn (touch guitar), Robert Fripp (guitare) et Bill Bruford (batterie) ; le ProjeKct Two est composé de Adrian Belew (V-drums), Robert Fripp (guitare), Trey Gunn (touch guitar et talker) ; le ProjeKct Three est composé  de Robert Fripp (guitare), Trey Gunn (touch guitar et talker) et Pat Mastelloto (batterie électronique) ; enfin, le ProjeKct Four est composé de Robert Fripp (guitare), Tony Levin (basse et stick), Pat Mastelloto (batterie électronique) et Trey Gunn (touch guitar et talker).

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Chacun de ces quatre ProjeKcts s'est produit live entre 1997 (le ProjeKct Two fut le premier à le faire) et 1999 (ProjeKct Three). Des albums existent pour chaque ProjeKct, respectivement Live At The Jazz Cafe, Live Groove (et Space Groove), Masque et West Coast Live. Le tout est disponible en un coffret. En 1999, un album live de 17 titres sort, The Deception Of The Thrush (sous-titré A Beginner's Guide To ProjeKcts). Cet album propose le meilleur de l'ensemble des quatre ProjeKcts, et c'est de ce disque dont je vais parler aujourd'hui. L'album, en 72 minutes, est totalement instrumental, et n'est pas à conseiller aux oreilles prudes ; en effet, c'est furieusement métallique, expérimental, complexe. C'est aussi exemplaire.

ProjeKct_Three

The Deception Of The Thrush n'est pas à conseiller non plus à celles et ceux qui possèdent le coffret ou les différents albums des ProjeKcts, car ils retrouveront ici les mêmes morceaux. A la fois live et compilation, The Deception Of The Thrush offre de grands moments (Masque, réuni en 7 plages, offre quasiment une demi-heure d'expérimentations électro-métallo-progressives de toute beauté). J'avoue être moins fan des titres de ProjeKct One (4 i 1, par exemple), mais dans l'ensemble, tout se tient ici. Une déflagration sonore et sensorielle de plus d'une heure, compilation qui donne furieusement envie de se plonger corps et âme dans l'écoute complète de ces ProjeKcts. Entre la séparation pure et simple et la scission en plusieurs groupes pour permettre à la musique de survivre, King Crimson n'a pas hésité, et le choix du groupe (la scission) s'avère être aussi original que payant. Quatre mini-groupes, quatre styles. Un seul et même objectif : laisser parler la musique aussi loin que possible. Des oeuvres comme Masque ou Ghost sont purement grandioses. Ce live/compilation n'est pas vital, mais c'est une bonne porte d'entrée pour le Crimso moderne. 

ProjeKct Three :

Masque (tracks 1 to 7)

ProjeKct One :

4 i 1

2 ii 3

4 ii 4

ProjeKct Two :

Sus-tayn-Z

ProjeKct Three/Four :

The Deception Of The Thrush

ProjeKct Four :

Ghost (Part 1) (tracks 13 to 15)

Ghost (Part 2) (tracks 16 and 17)