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 On ne peut pas dire que la période Blaze Bayley (1994/1999) d'Iron Maiden ait été convaincante : un grand album méconnu (The X Factor) et une merde abyssale (Virtual XI), plus des tournées décevantes car généralement enrichies en concerts annulés pour des problèmes de 'santé' de la part du nouveau chanteur (Blaze aurait été allergique aux costumes et effets scéniques, fumée, etc...), plus un désamour assez flagrand des fans à son encontre... Il parait qu'au cours de certains des concerts de cette période (concerts qui eurent lieu dans de plus petites salles qu'avant, comme un retour aux sources ; la vérité n'est-elle pas que le groupe ne pouvait pas, à l'époque, assurer le remplissage de grandes salles comme au temps où c'était Bruce Dickinson qui chantait ?), le public demandait le retour de Bruce, scandait son nom, ce qui n'est pas sympa pour Blaze, qui a pourtant pas mal fait pour essayer de s'intégrer... Mais pour bon chanteur qu'il est (encore que sur Virtual XI...), Bayley Alexander Cooke (de son vrai...Blaze ; humour à la con, oui, je sais) ne correspondait pas au style Maiden. Durant la tournée Ed Hunter de 1999, il s'en va, et est remplacé par Bruce Dickinson, appelé en renfort. Adrian Smith, guitariste parti de son plein gré en 1989, revient aussi, mais personne ne demandant à Janick Gers, guitariste l'ayant remplacé, de partir (et heureusement), le groupe se retrouve donc au nombre de six membres, dont trois guitaristes. A l'heure actuelle, ce line-up est toujours actif. On a ici le deuxième line-up le plus solide de Maiden après celui de la période 1983/1988 (la même chose, sans Gers). En fait, non, en terme de durée (de 1999 à maintenant), c'est même le plus long !

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Pour fêter ce retour de Smith et Dickinson, qui augure de bien des choses, un album est enregistré. Grande première pour le groupe : ils partent l'enregistrer en France, aux Studios Guillaume Tell situés près de Paris, à Suresnes, là où Depeche Mode a fait Music For The Masses, notamment. Maiden entre en studio en été 1999, et en ressortira en avril 2000. Ils ne sont pas restés tout ce temps enfermés dans le studio, évidemment, mais il leur faudra un temps assez conséquent pour accoucher des 67 minutes (et 10 titres) de ce douzième album, produit par Steve Harris (bassiste, leader) et  Kevin Shirley (qui assure leur première production), sorti sous une pochette designée par Steve Stone (le bas de pochette) et Derek Riggs (le haut). L'album porte le même nom que le roman de SF d'Aldous Huxley Le Meilleur Des Mondes dans son titre original : Brave New World. Ce n'est cependant pas une adaptation en album-concept de ce roman parlant d'une société futuriste utilisant à donf' le contrôle des naissances et les fécondations in vitro ! En ce qui concerne les titres en allusion à des oeuvres culturelles (spécialité de Maiden), on peut citer, sur l'album, Out Of The Silent Planet, dont le titre est aussi celui d'un roman de C.S. Lewis, et The Wicker Man (premier single), qui est aussi le titre d'un film fantastique britannique culte de Robin Hardy, avec Christopher Lee et Edward Woodward, sorti dans les années 70. L'album, on y revient, sortira en mai 2000, et, suivi par une tournée mondiale à succès qui sera popularisée en 2002 par le double live Rock In Rio (à la prise de son un peu cafouilleuse, quelques retours sons ne marchaient pas, on entend parfois trop le public et pas assez Bruce, bla bla bla, mais mis à part ça, ce live assure), sera super bien accueilli par la presse et par les fans.

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Comparé avec les deux précédents opus, même le très très bon The X Factor, il met clairement ces deux albums dans l'embarras. Virtual XI a même refusé de répondre à nos questions et s'est barré en courant et en pleurant sa mère. On peut même comparer Brave New World avec les anciens albums faits avec Bruce, et se rendre compte qu'il n'est en rien inférieur à eux (il est selon moi supérieur à Piece Of Mind, et, évidemment, à No Prayer For The Dying), on est ici en présence d'un album au très haut niveau. Lequel offre quand même une ou deux chansons un peu secondaires : c'est sans doute un avis un peu trop personnel, mais je ne suis vraiment pas fan de The Fallen Angel et The Mercenary (même si cette dernière offre un riff dévastateur en intro), deux chansons assez courtes, par ailleurs (moins de 5 minutes chacune), et tout en refusant de la caser dans les déceptions de l'album (il n''y en à que deux, je viens de les citer), je trouve Dream Of Mirrors efficace, mais un poil trop longue (9, 20 minutes), et surtout, son intro vocale est un peu irritante, Dickinson braillant assez haut dans les aigus, il en fait un peu trop. Mais l'album se paie le luxe inoui de s'ouvrir par un quarté de chansons démentielles, The Wicker Man (quelle buterie !), Ghost Of The Navigator (intro mélodique au possible, la suite est heavy, mais remarquable), Brave New World (sublime...) et Blood Brothers (sublime aussi, je me répète mais je n'en cogne la Montagne Sainte-Geneviève contre une des colonnes du Panthéon). Réunies, ces quatre chansons ouvrant le disque font dans les 25 minutes, 25 minutes de bonheur. Et par la suite, plus loin, on a les 9 minutes assez orientalisantes de The Nomad (remarquable), le génial Out Of The Silent Planet, et en guise de final, The Thin Line Between Love And Hate, ces trois chansons sont les trois dernières de l'album et durent, réunies, 24 minutes, 24 minutes de bonheur aussi.

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Alors avec ces 50 (en arrondissant, hein) minutes de bonheur absolu, un cycle remarquable de 4 chansons en entrée et un autre cycle remarquable de 3 chansons en final, peu importe qu'en son centre, on ait The Mercenary et The Fallen Angel, qui sont moyennes, et, entre elles deux, Dream Of Mirrors, très bonne mais trop longue. Oui, peu importe, car en tant que tel, Brave New World, super bien produit, est un excellent album de Maiden. Le bonheur, de plus, de retrouver Adrian Smith et, surtout, Bruce Dickinson (qui, s'étant coupé les cheveux, jure bien, capillairement parlant, avec les autres membres du groupe ! Mais ça lui va bien, tellement bien qu'il a conservé cette coupe de cheveux plus sobre que l'ancienne), lequel est en forme comme vous n'avez pas idée (sur les deux derniers albums qu'il avait fait avec Maiden, en 1990 et 1992, sa voix était devenue un peu rauque, éraillée), ce bonheur, donc, en rajoute à la réussite de l'album. J'ai découvert l'album à sa sortie, et à cette époque, c'était mon deuxième Maiden après Virtual XI (acheté en 1999). J'ignorais encore tout du groupe et je me suis dit tiens ! mon deuxième Maiden, et ils ont déjà un nouveau chanteur et un autre guitariste ! En regardant sur le Net peu après, j'ai constaté que, non, ils n'avaient pas un nouveau chanteur et un nouveau gratteux, mais qu'ils avaient récupéré d'anciens membres mythiques de leur histoire. C'est alors que j'ai acheté The Number Of The Beast, Powerslave, Seventh Son Of A Seventh Son, Live After Death, et les autres, et que je suis entré à fond dans Maiden. J'y suis encore, comme ces nouvelles chroniques de leur discographie studio le prouve !

The Wicker Man

Ghost Of The Navigator

Brave New World

Blood Brothers

The Mercenary

Dream Of Mirrors

The Fallen Angel

The Nomad

Out Of The Silent Planet

The Thin Line Between Love And Hate