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Après le départ, en 1993, de Bruce Dickinson, Steve Harris (bassiste et leader d'Iron Maiden) se pose la question : faut-il continuer ou pas ? Finalement, il décide de continuer, et heureusement d'ailleurs, même si, à l'époque, il était dans une si pénible situation (tourneboulé par le départ de son alter ego chanteur, il vit aussi une mauvaise passe, dans sa vie privée, entre maladie de son père et un divorce qui, comme presque tout divorce, n'est jamais facile). En résultera un album très sombre, limite nihiliste, même, ce The X Factor sorti en 1994, premier album de Maiden avec leur nouveau chanteur, Blaze Bayley, ancien chanteur de Wolfsbane à la voix diamétralement opposée à celle de Dickinson. Une carrure qui en impose, des favoris qui en imposent moins, et une voix profonde, sombre, rauque et plutôt grave (Bayley ne peut pas chanter très haut dans les aigus, ce qui, direct, marque une belle rupture avec 10 ans d'albums de Maiden chantés par Bruce). Long de 71 minutes (une première pour le groupe, en tant qu'album studio !), The X Factor est une réussite, certes, mais allez faire admettre ça aux gens, à l'époque... Entre un nouveau chanteur qui peinera à convaincre les fans qui s'étaient plus qu'attachés à Dickinson, une durée assez épuisante (surtout que pas mal des chansons aussi durent longtemps) et une atmosphère sombre qui se reflète jusque dans le livret (tout en noir ! photos prises sur fond noir ou sombre !), l'album sera pendant longtemps un mal-aimé. Il se vendra quand même bien, et avec le temps, a été réhabilité, à raison. En 1996, le groupe sort une compilation, leur première, Best Of The Beast, qui contiendra deux titres chantés par Bayley (Man On The Edge, de The X Factor, et une chanson inédite faite exprès pour le best-of, Virus).

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Un an plus tard, en 1997 (proablement vers la fin de l'année, et jusqu'à février 1998), le groupe entre en studio, dans leurs studios personnels Barnyard dans l'Essex (ça sera la dernière fois qu'ils les utiliseront), afin d'enregistrer leur nouvel album, qui sortira en mars. L'album s'appelle Virtual XI (allusion au fait que c'est leur onzième opus studio, mais aussi allusion à deux évênements survenant en 1998  la sortie d'un jeu vidéo du nom de Ed Hunter, dont le héros est Eddie, leur mascotte ; et la Coupe du Monde de Football, en France (une équipe de foot possède, on le sait, onze joueurs sur le terrain). Signée Melvyn Grant, la pochette utilise d'ailleurs ces deux élements : on y voit un jeune homme, avec, sur la tête, une sorte de casque informatique (relié à une des mains d'un monstre qui semble être Eddie, mais quelle transformation il a subi, si c'est lui !), et semblant voir, ainsi, un match de football. Dans le livret, des vues informatisées, moches comme un cul de lépreux passé au papier de verre, et semblant être issues du jeu vidéo (qui ne brillera pas par sa renommée). Certains des membres du groupe, sur les photos du livret, ne semblent pas fiérots (McBrain, Gers), à voir leurs expressions... Dans le livret, on a aussi une photo montrant l'équipe de football d'Arsenal de l'époque (Patrick Viera s'y trouvait à l'époque), posant en tenue avec les Maiden, aussi en tenue (McBrain en gardien), voir plus bas ! L'album est nettement plus court que les deux précédents, surtout que le précédent direct : avec seulement 8 titres, il dure 53 minutes. Ca sera le dernier album avec Blaze Bayley, qui, pendant la tournée, sera encore une fois victime d'allergies et plusieurs dates seront annulées. Au point que Blaze lui-même sera annulé, remplacé, courant 1999, par...Bruce Dickinson, qui marquera ainsi son retour (Adrian Smith, guitariste parti en 1989, reviendra lui aussi à cette date) ! Les fans, qui étaient vraiment échaudés par les deux albums avec Blaze (et surtout le dernier), seront ravis.

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Car si The X Factor était une réussite (bien que mal accueilli à l'époque, comme je l'avais dit), Virtual XI, lui, est, autant le dire, une épouvantable merde. Bien qu'ayant été mon tout premier album d'Iron Maiden (avant de l'acheter, en 1998 - j'avais alors 16 ans -, je ne connaissais aucune chanson du groupe, pas même The Number Of The Beast, rien, et je ne savais rien du groupe, mis à part leur nom, et leur genre musical ; et leur statut ; j'ignorais que Blaze Bayley n'en était qu'à son deuxième - et dernier... - album avec le groupe, j'ignorais qu'avant lui, Bruce Dickinson avait porté le groupe à son plus haut pendant 10 ans, et l'album que j'ai par la suite acheté sera Brave New World, en 2000, retour de Dickinson, ce dont je me suis rendu compte peu après en achetant des albums plus anciens) , bien qu'ayant été mon tout premier Maiden, donc, Virtual XI n'occupe pas une place importante dans mon coeur. J'ai adoré le disque au départ, le trouvant vraiment bon, mais une fois d'autres albums d'eux écoutés (en 2000/2001, tous les anciens ou presque sont passés, je les ai tous achetés durant cette période, à bas prix, sauf No Prayer For The Dying et Fear Of The Dark que j'ai pris plus tard), je me suis rendu compte que mis à part trois chansons, Virtual XI était minable. Les fans et les critiques ne se sont pas laissés avoir à l'époque, eux. Si Blaze chantait bien sur The X Factor, il semble, ici, en peine sur plusieurs titres, sa voix est, je trouve, moins belle, il semble trop en faire. Les claviers de Michael Kenney sont parfois trop envahissants (c'est pas du progressif non plus, hein, mais disons qu'on a ici des claviers à des passages où ça ne serait pas forcément nécessaire d'en foutre), les chansons parfois trop répétitives : les refrains de FuturealLightning Strikes Twice, Don't Look To The Eyes Of A Stranger et The Angel And The Gambler sont répétés à outrance, surtout dans la dernière citée : longue de 9,50 minutes, cette chanson est par ailleurs épouvantable, et le refrain Don't you think I'm a saviour ? Don't you think I could save you ? Don't you think I could save your life ? y est seriné, de suite, quelques 15 ou 20 fois, putain, mais tuez-le...

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Heureusement, on a quand même trois bonnes, voire très bonnes chansons, ici : The Educated Fool, qui semble parler entre autres choses de la mort du père de Steve Harris (quand la chanson dit I want to meet my father beyond, "je veux rencontrer mon père au-delà", ça semble éloquent), une chanson très très bonne ; Como Estais Amigos, chanson qui parle des victimes militaires de la guerre anglo-argentine des Malouines (et la chanson ne parle pas que des victimes britanniques, rien que son titre en espagnol le prouve) est un final efficace et touchant pour l'album, et le sommet absolu de l'album est selon moi The Clansman (qui sera jouée live par Dickinson de temps en temps, voir Rock In Rio, 2002), 9 minutes ahurissantes inspirées par le film Braveheart de Mel Gibson. Ces trois chansons, qui totalisent dans les 20/21 minutes sur 53 (même pas la moitié, donc), sont vraiment bonnes, voire remarquables, mais le reste, s'il n'est pas forcément aussi épouvantable que The Angel And The Gambler ou Lightning Strikes Twice, n'est pas folichon quand même : When Two Worlds Collide, le court (moins de 3 minutes, ça détonne par rapport aux autres chansons !) Futureal, ne sont pas très convaincantes. Notons aussi que la production est assez mauvaise (le son est clair, mais les guitares sonnent mal), et est signée, comme pour The X Factor au fait (je le dis ici, car dans ma chronique de l'album précédent, j'avais oublié de le préciser), par Steve Harris et Nigel Green. Autant la production du précédent opus était bonne, autant celle-ci est vraiment moche, le disque sonne mal, ce qui n'améliore évidemment pas son capital sympathie. Au final, Virtual XI est, de sa pochette ridicule à ses chansons bien souvent mineures, en passant par sa production ratée et son coup de pub idiot (faire un disque en partie pour promouvoir un jeu vidéo et en partie en allusion à un évênement sportif, alors qu'aucune chanson ne parle ni de l'un ni de l'autre), est le pire album d'Iron Maiden, même No Prayer For The Dying, pourtant fadasse, semble génial en comparaison. Moins d'un an après sa sortie, Blaze s'en va, Bruce revient. On aura dès lors tôt fait d'oublier ce disque, d'autant plus que le suivant (en 2000), sera un milliard de fois supérieur en tous points...

Futureal

The Angel And The Gambler

Lightning Strikes Twice

The Clansman

When Two Worlds Collide

The Educated Fool

Don't Look To The Eyes Of A Stranger

Como Estais Amigos