untitled

Sorti en 1998, The Gates Of Paradise est un album solo de Robert Fripp, guitariste et claviériste (et, surtout, leader) du groupe de rock progressif et expérimental King Crimson. Ce n'est pas le premier album solo de Fripp (Exposure, en 1979, avait démarré sa carrière solo, j'y reviendrai bientôt ici), mais c'est assurément son meilleur...avec Exposure. C'est surtout son plus expérimental. Fripp a beau être un vrai dieu de la guitare (ses participations à des albums de Bowie, Eno, Talking Heads et les albums de King Crimson sont là pour en témoigner), mais sur The Gates Of Paradise, il n'en joue presque pas (de nombreux bidouillages masquent sa guitare, bien traficotée). L'album est synthétique, principalement joué par des claviers divers.

robertfripp

4 (longs, voire très longs) titres chacun divisés en plusieurs parties, occupent ce disque à la pochette aussi minimaliste qu'intriguante. The Gates Of Paradise est un disque méconnu, mais qui mériterait franchement de ne pas l'être. Fripp, en plus d'être un génie de la gratte (ce qu'il ne prouve pas ici, comme je l'ai dit plus haut), est un excellent claviériste et faiseur d'ambiances. Les fameux 'soundscapes' des albums de King Crimson, là aussi, sont là pour le prouver. The Gates Of Paradise est un disque franchement incroyable, qui plonge l'auditeur dans un univers totalement angoissant. On passe de la douceurt pure d'une nappe de synthétiseur à la violence d'une atmosphère glauque. N'allez pas croire à des claviers pompeux à la The Six Wives Of Henry VIII (album solo du claviériste de Yes, Rick Wakeman, sorti en 1973, et dont l'écoute moderne s'avère redoutable, tant les claviers ont vieilli et paraissent lourdauds). Non. Fripp est plus subtil que ça. Plus perfide aussi. L'album terrifie et apaise en même temps, c'est un travail totalement schizophrène. A ne pas écouter la nuit, sous peine de passer une nuit blanche. A ne pas écouter si on a le blues, car ça ne vous aidera pas à aller mieux. Mais si vous voulez une bonne dose d'émotions fortes, musicalement parlant, et si vous aimez Robert Fripp, alors ce disque vous tend les bras.

The Outer Darkness (Parts 1 to 10)

The Gates Of Paradise (Parts 1 and 2)

The Outer Darkness (Part 11)

The Gates Of Paradise (Parts 3 and 4)